Critique : La Tour Sombre

Affiche française du film La Tour Sombre avec la tagline "Leur guerre menace notre monde"

La pire adaptation de la décennie

Fiche

TitreLa Tour SombreTitre VOThe Dark Tower
RéalisateurNikolaj ArcelScénaristes Akiva Goldsman, Jeff Pinkner, Anders Thomas Jensen, Nikolaj Arcel
Acteurs Idris Elba, Matthew McConaughey, Tom Taylor, Katheryn Winnick, Jackie Earle Haley, Abbey Lee
Date de sortie09 / 08 / 2017Durée1h 35
GenreAction, Aventure, Fantastique, Horreur, Science fiction, WesternBudget60 000 000 $

Notre monde n’est pas le seul… La Tour sombre, l’ambitieux et monumental cycle romanesque de Stephen King, l’un des plus célèbres auteurs au monde, est enfin adapté au cinéma. Le dernier Pistolero, Roland Deschain (Idris Elba), est condamné à livrer une éternelle bataille contre Walter O’Dim, alias l’Homme en noir (Matthew McConaughey), qu’il doit à tout prix empêcher de détruire la Tour sombre, clé de voûte de la cohésion de l’univers. Le destin de tous les mondes est en jeu, le bien et le mal vont s’affronter dans l’ultime combat, car Roland est le seul à pouvoir défendre la Tour contre l’Homme en noir…

Il y a autant de qualités pour ce film qu’il y a d’arbres sur cette photo.

Critique

Le projet d’adaptation au cinéma de l’œuvre monstrueuse de Stephen King a débuté, il y a une décennie de ça. Entre-temps, les abandons se sont cumulés comme les apparitions de Stan Lee dans les Marvel. Il faut dire que La Tour Sombre est dur à adapter. Notamment, du fait de sa dimension épique, mais surtout à cause du mélange des genres et d’univers. En effet, il s’agit du centre de l’univers de Stephen King. Tous ses romans sont connectés, directement ou indirectement, à La Tour Sombre. Bref, le pari casse-gueule. Que dis-je ? Une tâche digne de celle de Sisyphe. Malgré tout, j’espérais que quelqu’un d’ambitieux et talentueux se frotte à l’adaptation. Après tout, on avait bien dit que Le Seigneur des Anneaux était inadaptable et pourtant Peter Jackson l’a fait.

Le chevalier Roland s’en retourna dans sa tombe

Quand nous sommes en train de regarder un film qui va devenir un de nos préférés, quelque chose d’indescriptible se passe dans notre corps. C’est le coup de foudre cinématographique. Ça arrive assez souvent dans une vie, du moins pour ma part. Par contre, l’inverse est rarissime. Personnellement, j’ai du mal à détester à 100 % un long-métrage, car je lui trouve toujours des qualités. Aussi faiblardes soient-elles. Si j’introduis ma critique avec ces mots, c’est pour faire prendre conscience de l’exploit qu’a accompli Sony avec La Tour Sombre. Ce dernier a réussi la prouesse consistant à me faire haïr un film. À chaque minute qui s’écoulait, la rage, l’aigreur et la colère montaient exponentiellement en moi. Plus la bobine défilait, plus j’exécrais l’adaptation. Le fan que je suis se sentait souillé par cette immondice.

La Tour Sombre pour les Nuls

Résumer cet échec n’est pas compliqué. Tout est raté. Un constat aussi court a le mérite d’être limpide et lapidaire. Tout ce qu’il ne fallait pas faire en adaptant La Tour Sombre, ils l’ont fait. Au lieu d’en faire une œuvre épique comme Peter Jackson l’avait fait avec Le Seigneur des Anneaux dont les romans ont servi de référence à Stephen King, ils en ont fait un « La Tour Sombre pour les Nuls ». Ils ont condensé toutes les bonnes idées de la saga pour en faire un melting pot sans saveur. Non, pire que sans saveur, dégueulasse, à faire vomir l’estomac le plus vigoureux qui ait existé. En gros, cette daube n’est qu’une immense succession d’easter eggs englobé d’un scénario série B cliché. On est à mille lieux des livres.

Le pire dans cette histoire, c’est qu’alors Stephen King instaurait une ambiance mystérieuse en suggérant plutôt qu’en affirmant. Le scénario enchaîne les explications ruinant tout mystère. Vas-y qu’on nous explique l’intérêt de la Tour Sombre. Vas-y qu’on nous explique la lutte entre le héros, Roland, et l’Homme en Noir. Si seulement, ça s’arrêtait aux explications. On simplifie aussi les enjeux à l’extrême. En résumé, j’ai eu l’impression de regarder une adaptation de La Tour Sombre à destination des enfants de moins de cinq ans. Et encore, je me trouve dur pour les enfants de quatre ans.

Idris Elba et Matthew McConaughey coulent aussi

Même les deux grosses têtes d’affiche Idris Elba et Matthew McConaughey ne parviennent à éviter le naufrage. C’est à peine s’ils le ralentissent. Le premier est un Roland pitoyable. Qui se transforme même Godefroy de Montmirail le temps de quelques scènes. Alors que le personnage du roman était un personnage de Clint Eastwood du temps de Sergio Leone, celui du film devient un bouffon sans charisme, bavard et ridicule. Seule son habilité avec ses armes a réussi à passer la frontière des livres vers l’écran. Quant à l’Homme en Noir, la perversité du bonhomme est réduite au strict minimum en étant converti en vilain du dimanche qui passe son temps à faire le méchant. Malheureusement, c’est digne d’un dessin animé pour gosses… Pour situer le problème, celui du livre est une combinaison de Ramsay Bolton et Littlefinger. Celui à l’écran est un ennemi des Power Rangers.

Précision, les acteurs ne sont pas le problème. Le souci, c’est que les dialogues sont d’une sottise à faire pâlir l’être humain le plus niais du monde. Cela, ajouté à une caractérisation des personnages sommaire, égal combo qui tue. Quant au principal protagoniste incarné par le jeune Tom Taylor, c’est le seul qui arrive plus ou moins à tirer son épingle. Mais certainement pas de quoi sauver le reste. Pire que tout ? Ote le bafou-bafouilleux est réduit à une simple blague. Le sacrilège de trop !

Flop réellement surprenant ?

Peut-on vraiment considérer comme étonnant un tel flop quand on voit la présence d’Akiva Goldsman au scénario ? Akiva Goldsman alias l’homme qui cumulait les daubes. Dans son tableau de chasse de ces deux dernières années : Divergente 2: L’insurrection, La 5ème vague, Le Cercle: Rings et Transformers: The Last Knight. Il n’était clairement pas l’homme qu’il fallait.

J’ai appris que, malgré les mauvais scores au box-office (alléluia !), ils envisageaient toujours la série télé sur la jeunesse de Roland avec le showrunner de The Walking Dead. Je n’ai qu’une chose à dire. Arrêtez-moi ça tout de suite. Jetez le tout à la poubelle. Cette Tour Sombre ne mérite rien de plus que se faire enterrer comme le pire jeu vidéo de l’histoire, E.T. the Extra-Terrestrial par Atari, pour n’être jamais déterré !

Par parti chercher un Men in Black pour lui demander de supprimer le visionnage de sa mémoire puis se faire conseiller de ne jamais aller le voir, le10 août 2017.

Roland de Montmirail.

Conclusion

En grand fan de La Tour Sombre, c’est avec un certain enthousiasme, à peine entamé par les mauvais critiques, que je suis allé voir son adaptation cinématographique. J’ai eu la mauvaise surprise de vivre la pire séance de ma vie. Le fan en moi est ressorti de la séance souillé comme jamais. Tout ce qu’il ne fallait pas faire pour adapter le chef d’œuvre de Stephen King, ils l’ont fait. Absolument toutes les erreurs possibles et inimaginables sont à l’écran. Résultat, un des pires films que j’ai vus de ma vie ! Il ne reste plus qu’une chose à faire : rebooter.

+

  • Rien, mais absolument rien

  • Tout est à jeter
1/10

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A propos de l'auteur : (2869 articles)

Fou de cinéma depuis qu'il a vu son premier film dans les salles obscures : Jurassic Park. Pleure quand le requin meurt dans Les Dents de la Mer. Plus tard au collège, il a succombé aux comics grâce (ou à cause) à un pote. Les jeux vidéo, il y touche depuis Les Schtroumpfs sur la Colecovision.

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