Critique : La Forme de l’eau – The Shape of Water

La Belle et le Poisson

Fiche

TitreLa Forme de l’eauTitre VOThe Shape of Water
RéalisateurGuillermo del ToroScénaristesGuillermo del Toro, Vanessa Taylor
ActeursSally Hawkins, Michael Shannon, Richard Jenkins, Octavia Spencer, Michael Stuhlbarg, Doug Jones
Date de sortie21 / 02 / 2018Durée2h 03
GenreAventure, Drame, Fantastique, Horreur, Romance, ThrillerBudget19 400 000 $

Modeste employée d’un laboratoire gouvernemental ultrasecret, Elisa mène une existence solitaire, d’autant plus isolée qu’elle est muette. Sa vie bascule à jamais lorsqu’elle et sa collègue Zelda découvrent une expérience encore plus secrète que les autres…

La couleur des eaux.

Critique

Après avoir été déçu par l’ambitieux Crimson Peak, j’étais pressé de retrouver Guillermo del Toro pour pouvoir passer à autre chose. Mince quoi, à chaque fois que je pensais à del Toro, je ne pouvais pas m’empêcher de cogiter sur ce film alors qu’il en a fait pleins d’autres supers. En tout cas, La Forme de l’eau avec ses nombreux prix semble être le bon. The Chosen One !

Celle qui savait signer

Les bons points à distribuer concernant la nouvelle œuvre du réalisateur de Pacific Rim (ça, c’était super) vont sans aucun doute vers les décors et Sally Hawkins absolument remarquable. Étant sourd, je craignais de voir l’actrice utiliser la langue des signes, surtout en ayant en mémoire le peu de crédibilité des signants de La Famille Bélier. Force est de constater que l’actrice britannique fait des prouesses dans ce domaine. Le dossier de presse m’apprend qu’elle a vraiment appris la langue afin de pouvoir improviser. Cela lui permet d’être plausible et confère beaucoup de cachet à son personnage, la muette Elisa. C’est ainsi qu’Hawkins (rien à voir avec Stranger Things, même si on parle aussi d’une chose étrange ici) arrive à porter le long-métrage malgré l’absence de la parole. La vivacité de son visage et de ses signes pèse lourd sur la balance. Il faut tout de même souligner qu’elle est bien aidée par les deux excellents seconds rôles comiques tenus par Octavia Spencer (Zelda) et Richard Jenkins (Giles). Qu’est-ce qu’ils m’ont faire rire.

Au niveau des décors, c’est avec régal que j’ai découvert le monde vintage d’Elisa. Petit coup de cœur pour la salle de cinéma située sous son appartement. Autre prouesse technique, la créature amphibie où, sous le costume, on retrouve l’acteur fétiche du réalisateur, Doug Jones. Excellent boulot, car je n’ai vu aucune image de synthèse. Crédibilité maximum ! Exactement comme dans les films de monstre à l’ancienne. Et ça qui fait qu’on y croit.

Piste verte et hors-piste

On peut néanmoins regretter plusieurs choses. Notamment le fait que le passage « faisons connaissance » entre Elisa et la créature soit pratiquement éclipsé alors que justement, l’emploi de l’ASL (la Langue des Signes Américaine) conférait des possibilités infinies. C’est d’autant plus dommage que l’histoire délaisse cette partie pour se concentrer sur Strickland, le méchant joué par Michael Shannon. Encore, là, ça passe car le méchant est assez marrant dans le style « gros taré » (Shannon fait du Shannon en résumé – ce n’est pas nouveau, mais c’est efficace), mais quand il s’agit d’aborder la partie guerre froide via Michael Stuhlbarg… Ça a le malheur de torpiller (oh, oh) le rythme. Au final, les deux heures se font un peu ressentir.

La forme classique de l’histoire marque aussi le pas dans le sens où on n’est jamais surpris par le déroulement. Pas aidé, il faut le reconnaître, par une bande-annonce spoilant tout. J’ai été même jusqu’à être déçu par le final vraiment sommaire. Certes, nous sommes dans un conte. Mais y a des contes où un loup finit par bouffer le Petit Chaperon Rouge. Ça, c’était du twist.

Par qui a envie d’œufs, le23 février 2018.

« Hé, mais je vous connais. Vous étiez dans Hellboy, non ? »

Conclusion

La Forme de l’eau est un joli conte délivrant souvent de belles images oniriques. Sally Hawkins y fait des étincelles (faut pas qu’elle s’approche trop de l’eau) dans le rôle d’une muette qui fait la rencontre inattendue d’une créature amphibie. Malgré tout, on peut regretter une histoire sans surprise comportant des sous-intrigues pas toujours intéressantes. Surtout si vous avez vu la bande-annonce qui spoile TOUT. Au final, j’en suis sorti charmé.

+

  • Sally Hawkins et Richard Jenkins
  • Décors splendides
  • Visuellement inspiré
  • Créature techniquement impeccable

  • Final faisant un petit plouf
  • Sous-intrigue avec Michael Stuhlbarg
  • Idée de l’ASL sous-exploitée
  • Sans surprise
7/10

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A propos de l'auteur : (2897 articles)

Fou de cinéma depuis qu'il a vu son premier film dans les salles obscures : Jurassic Park. Pleure quand le requin meurt dans Les Dents de la Mer. Plus tard au collège, il a succombé aux comics grâce (ou à cause) à un pote. Les jeux vidéo, il y touche depuis Les Schtroumpfs sur la Colecovision.

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