Critique : Kill The Gringo (Get the Gringo)

Non, Mel n’est pas mort !

Fiche

Réalisateur:Adrian Grunberg
Scénariste:Mel Gibson (La passion du Christ), Adrian Grunberg, Stacy Perskie
Acteurs:Mel Gibson (Le Complexe du Castor), Kevin Hernandez (Baby-sitter malgré lui), Dolores Heredia (Días de gracia), Peter Stormare (Henry’s Crime), Bob Gunton (La Défense Lincoln), Scott Cohen, Dean Norris (la série Breaking Bad)
Titre alternatif:How I Spent My Summer Vacation, Get the Gringo
Pays:USA, MexiqueDate de sortie:prochainement
Genre:Action, Crime, DrameDurée:1h35
Arrêté puis incarcéré dans une prison mexicaine pour trafic de drogue, un homme apprend à survivre dans ce milieu hostile avec l’aide d’un enfant de 10 ans.

Critique

Mel Gibson était l’un des acteurs les plus bankables et les plus excitants des années 80/90 grâce au personnage culte Mad Max et la saga L’Arme Fatale. Il s’était même payé le luxe de devenir un bon réalisateur suivant le même sentier que la légende de l’Ouest, Clint Eastwood. Malheureusement ses trop nombreux déboires ont fini par le condamner aux limbes hollywoodiens. Enfin, c’était jusqu’à sa résurrection cannoise dans le film de Jodie Foster : Le Complexe du Castor. Une résurrection de courte durée car la presse généralisée s’est vite désintéressée de lui au point que Kill The Gringo est sorti directement en DVD.

Producteur et scénariste sur ce film, Mel Gibson y renoue avec la série B ayant transformé l’enfant de Peekskill en star. Autant le dire tout de suite, ce Kill The Gringo aurait eu beaucoup moins d’attrait sans lui. Ce n’est pas que les atouts manquent mais c’est Mel, bordel. Il a toujours eu cette alchimie avec la caméra en distillant ses fameuses mimiques et une prestation corporelle faisant de chacun de ses mouvements une case de bande dessinée. En plus quand il est servi par des voix off bourrées de répliques assassines et délectables, on ne peut que craquer.

A ses côtés, belle présence du jeune Kevin Hernandez, déjà vu aux côtés de Jonah Hill dans Baby-sitter malgré lui. Encore s’il était assez mal dirigé dans ce film, il explose dans Kill The Gringo. Son arrivée coïncide avec la montée en puissance du film grâce à l’obtention d’un enjeu digne d’intérêt. En plus, ce jeune fumant comme un pompier fait jeu égal avec Mel Gibson, comment ne pas craquer ? J’avoue, c’est mon péché mignon depuis Léon, j’ai toujours adoré les longs-métrages où le vieux baroudeur prend sous son aile un jeune enfant avec ce qu’il faut comme scènes : la première rencontre inattendue, le dressage bilatéral et la team de choc contre le monde entier. Kill The Gringo remplit sa mission avec brio.

L’autre grande surprise du film concerne la prison, une prison mexicaine rappelant celle de Prison Break dans sa saison 3 mais en mille fois plus impressionnante. C’est tout simplement un petit village qui vit sous l’égide d’un baron dictateur, même le directeur officiel est son larbin. Une autre façon de voir le système carcéral pour un résultat pour le moins détonnant. Le personnage sans nom joué par Mel Gibson y déambule en faisant preuve d’une intelligence appréciable et multipliant les actes de chapardeur. Son espièglerie renvoie Michael Scofield à la basse-cour. Preuve finale du lien liant ce film à Prison Break, la présence de l’acteur Peter Stormare, mafieux emprisonné dans les premières saisons de la série et cabotinant comme jamais ici. On sourira aussi devant la présence de Dean Norris dans un rôle similaire à celui qu’il tient dans la série Breaking Bad, hasard ou clin d’œil ? Je penche pour le second.

Le long-métrage d’Adrian Grunberg offre aussi une scène d’action particulièrement impressionnante : une fusillade en plein cœur de la prison. Magnifiquement mise en scène, elle marque l’apogée de Kill The Gringo. J’ai fini par tirer mon chapeau devant l’excellente maîtrise du réalisateur pour ses scènes d’actions « réalistes » où les impacts de balles existent et où le sang gicle. J’ai toujours détesté les films trop prudes ou trop fauchés pour afficher à l’écran la violence des affrontements. Voir un mec tomber sous un tir alors qu’il n’y aucune trace de la balle, il n’y a pas mieux pour casser le plaisir d’un visionnage. D’ailleurs en parlant du réalisateur, il franchit ici pour la première fois le pas après avoir officié en tant qu’assistant-réalisateur sur un paquet de long métrage : Apocalypto, Jarhead – La fin de l’innocence, La légende de Zorro, Man on Fire, Traffic, … Une belle filmo, non? En tout cas, vu la qualité de Kill The Gringo, on comprend pourquoi les réalisateurs se l’arrachaient. Espérons le revoir sous peu.

Si Kill The Gringo est diablement efficace, on pourrait lui reprocher une absence de surprise. Ça reste une série B classique mais quand on voit la concurrence, on se dit merde quand même, ça aurait largement eu sa place au cinéma (il est sorti directement en DVD aux States) vu que le Gringo enterre les trois quarts de ses concurrent.

Conclusion

Incompréhensible qu’un long-métrage de l’acabit de Kill The Gringo n’ait pas eu l’honneur d’une sortie en salles, Mel Gibson est-il blacklisté ?

En tout cas, ne faites pas comme eux, ne boudez pas cette série B très efficace avec un Mad Mel revenu au sommet de sa forme.

+– Mel Gibson
– Kevin Hernandez
– Scènes d’action efficaces
– Une série B comme on les aime
– Classique
– DTV, sérieux?
Trophée7/10

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A propos de l'auteur : (2786 articles)

Fou de cinéma depuis qu'il a vu son premier film dans les salles obscures : Jurassic Park. Pleure quand le requin meurt dans Les Dents de la Mer. Plus tard au collège, il a succombé aux comics grâce (ou à cause) à un pote. Les jeux vidéo, il y touche depuis Les Schtroumpfs sur la Colecovision.

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