Critique : Homefront

Tatane Man chez Breaking Bad

Fiche

D’après le roman de Chuck Logan
Titre: Homefront
Réalisateur(s): Gary Fleder
Scénariste(s): Sylvester Stallone
Acteurs: Jason Statham, James Franco, Izabela Vidovic, Kate Bosworth, Winona Ryder, Rachelle LeFevre, Frank Grillo, Omar Benson Miller
Titre original: Date de sortie: 8 janvier 2014
Pays: États-Unis Budget: 70 000 000 $
Genre: Action, Thriller Durée: 1h 40
Ancien agent de la DEA (Brigade américaine des stupéfiants), Phil Broker se retire dans un coin tranquille de la Louisiane avec sa fille pour fuir un lourd passé… Mais Broker ne tarde pas à découvrir qu’un dealer de méthamphétamines, Gator Bodine, sévit dans la petite ville et met en danger sa vie et celle de sa fille. Face à la menace et à la violence croissantes, Broker n’a d’autre choix que de reprendre les armes…
Homefront Photo
Tatane Man ne fume jamais. Par contre, il fume ses ennemis.

Critique

Pressenti pour être le nouveau Rambo, Homefront a finalement été délaissé par Sylvester Stallone pour faire Rocky Balboa à la place (marquant par-là son retour à la une). Son scénario est resté dans les bacs jusqu’au jour où il l’a montré à son collègue Expendable : Jason Statham. Très emballé, ce dernier lui a demandé de bien vouloir le laisser incarner Broker, le héros d’Homefront. Question du jour, que vaut Rambo 5, pardon, Homefront ?

Au début, je me suis éclaté à imaginer John Rambo à la place du héros, Phil Broker (Tatane Man). Ben quoi ? On fait son kif comme on peut. Puis je me suis vite immergé dans l’histoire, malgré une explosion foireuse lors de la scène d’ouverture. Il faut dire que le scénario fait dans le classique mais efficace (un peu comme tous les films écrits par Sylvester Stallone) à savoir un mec bourru (et très-fort-même-si personne-ne-le sait-parce-qu-il-a-un-passé-qu-il-veut-cacher) avec un gosse attachant. Hein, qui a dit Over the Top, le meilleur film de bras de fer du monde ? En même temps, ça doit probablement être le seul, mais ce n’est pas grave, il est bien quand même (tiens, je me suis donné envie de le revoir, je vais voir si je retrouve ma K7).

Homefront était prévu pour être le nouveau Rambo.

Bien évidemment, le mec bourru, on lui casse les couilles sinon ce n’est pas marrant. Du coup, il fait quoi le mec, ben à son tour, il casse les couilles de tous ceux qui l’emmerdent. Ce n’est qu’un humain après tout. Et nous avec ça ? On prend un pied monstrueux à voir Tatane Man démolir ces « connards de bouseux » (attention, je cite le film, j’ai beaucoup de respect pour les bouseux). Y a même une petite love story sympathique avec la rousse d’Under the Dome, celle avec pleins de cheveux bouclés (comment ça, ma description n’aide pas ?). M’enfin, vite oubliée la love story, même pas une petite scène de bisou.

Homefront Photo
Tatane Man ne pose pas une question, c’est la réponse qui va à lui.

Tant mieux, parce que bon, on s’en fout un peu. À la place, on a un Jason Statham comme rarement vu au cinéma. Celui avec un cœur et un joli sourire. Mais qui a osé foutre un sourire sur le visage du transporteur ? Une petite fille nommée Izabela Vidovic (non, ce n’est pas une prostituée immigrée). La relation entre les deux fait mouche et donne au film un chouïa de suspense. Oui bon, un chouïa parce que bon Tatane Man, quoi !

Jason sourit et pire même, il rigole des fois. Est-il malade ?

Le méchant, c’est James Franco (je soupçonne le mec d’avoir réussi à récupérer une potion pour se démultiplier parce là, il enchaîne les films avec une cadence surhumaine). L’acteur arrive à densifier son rôle et amener de la folie à son personnage. Cela permet à Homefront de s’éloigner du film moyen de tatanes. Problème, James Franco ne sait pas se battre… Frank Grillo est donc appelé à la rescousse pour le combat final. Mais, bof le combat. De l’UFC parce que Frank Grillo a fait Warrior, mais c’est bouclé tellement rapidement que je n’ai même pas eu le temps de baisser mon caleçon pour commencer à prendre du plaisir (limite, cette blague…).

J’oubliais, il y avait aussi Winona Ryder et Kate Bosworth. Celles-ci sont aussi sacrément investies et offrent bien plus que le rôle de la sempiternelle pouffe de service. Il y a aussi de la fabrication de meth un peu à la Breaking Bad d’où le titre. Au niveau de la réalisation, j’avoue être un peu déçu. Si niveau sonore et violence, le réalisateur Gary Fleder assure le spectacle (on ressent la violence des combats). Niveau réalisation et montage, il galère sec. Homefront multiplie les faux raccords comme la scène du « au dodo, poussin » où le chat tenu par Izabela (la fille de Jason dans le film) change de positions (pas sexuelles !) à chaque plan. Pas la peine de citer le reste. Un regret aussi pour les scènes d’action vraiment légères, malgré un budget de 70 millions de dollars.

Homefront Photo
Tatane Man ne fait pas du cheval. C’est le cheval qui fait du Tatane Man.

Conclusion

Homefront est un film de justicier avec un gosse dans les bras et devant se coltiner des méchants dégueulasses tout à fait classique, mais offre suffisamment pour s’affranchir du statut « film moyen ». Réjouissant.
+ – Jason sourit !
– L’ambiance Ploucville
– Un casting plutôt bon pour un film du genre
– Scènes d’action rapides et fouillis
– Les faux raccords
– Un peu longuet vers le milieu
– Pas de vrai concurrent à Tatane Man
6/10

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