Critique : Godzilla

Poster du film Godzilla (2014) réalisé par Gareth Edwards
Le remake (plus friqué) de Monsters

Fiche

TitreGodzilla
RéalisateurGareth Edwards
ScénaristeMax Borenstein
ActeursAaron Taylor-Johnson, Elizabeth Olsen, Bryan Cranston, Sally Hawkins, Juliette Binoche, Ken Watanabe, David Strathairn
Titre original:Date de sortie:14 mai 2014
Pays:États-UnisBudget:160 000 000 $
Genre:Action, Aventure, Science fictionDurée:2h 03
Le monstre le plus célèbre au monde devra affronter des créatures malveillantes nées de l’arrogance scientifique des humains et qui menacent notre existence.
Photo du film Godzilla (2014) avec Bryan Cranston et Aaron Taylor-Johnson
À force d’expérimenter pour fabriquer une drogue plus pure, Walter White a fini par commettre l’irréparable, il a donné naissance à un Kaiju monstrueux !

Critique

Après Pacific Rim, l’année dernière, les Kaijus sont à nouveau à l’honneur sauf que cette fois-ci, il s’agit de leur Roi. Le seul et unique Godzilla (60 ans déjà) qui revient pour une nouvelle version américaine après celle de Roland Emmerich, unanimement considérée comme une daube, sauf que moi, j’aime bien, mais chut, je ne le dis qu’à toi, je ne veux pas ruiner ma réputation…

Tout le monde fut content de voir la réalisation de ce remake attribuée à Gareth Edwards qui avait fait sensation avec son Monsters notamment avec le mémorable climax. Après tout, quoi de plus logique que de passer les commandes à celui qui avait remis les Kaijus dans le fil de l’actualité avant même Guillermo Del Toro et son Pacific Rim. Comme on dit, prem’s !

Gareth Edwards a la chance de pouvoir refaire son Monsters avec beaucoup plus d’argent et un Kaiju légendaire.

Et c’est là, le grand point faible de ce Godzilla. Il ressemble beaucoup à un remake de Monsters. Avec plus de pognon évidemment, le budget passant de 500 000 $ à 160 000 000 $. Ça fout le vertige comme chiffre, non ? On peut établir pareil constat quand on voit les Kaijus du film à l’écran. Car comme sur Monsters, Gareth Edwards s’est attaché à illustrer les monstres du point de vue des humains (donc avec une caméra à notre niveau). Un procédé pas si éloigné de celui de Jurassic Park (d’ailleurs, l’introduction de ce Godzilla fait beaucoup penser à l’arrivée sur le site où on découvre le moustique dans le film de Spielberg).

Sauf que le réalisateur à la casquette en usait avec parcimonie et n’oubliait pas de diffuser quelques séquences bien fun mettant en scène les dinosaures. Alors qu’à l’inverse, Gareth Edwards s’obstine à vouloir conserver la présentation de son Godzilla dans toute sa splendeur pour la fin (un peu comme un autre film de Spielberg, très connu aussi, un truc avec des dents et une mer). Dès que le Roi des Monstres commence à se battre, on coupe ou on se focalise sur autre chose. À force de répétition, ce procédé finit par devenir frustrant.

Photo du film Godzilla avec le monstre en train de ravager un pont
« Mais qui m’a foutu ce pont-là ? Il n’était pas là, il y a 6 000 ans. »

Aussi, le réalisateur filme les Kaijus en arrière-plan pour mieux s’intéresser aux humains. Pas si mauvaise comme idée, cela permet d’illustrer le sentiment d’avoir affaire à des forces de la nature. Seulement, si c’est pour nous forcer à suivre la destinée de personnages dont on se fiche comme ceux incarnés par Aaron Taylor-Johnson et Elizabeth Olsen… Faut dire, les deux acteurs sont moyennement convaincants et peu charismatiques. Pourtant, la géniale et émouvante séquence d’introduction avec Bryan Cranston et Juliette Binoche laissait envisager un film de très haut niveau émotionnellement parlant. Mais dès que Walter White et la femme au chocolat sortent de l’écran, ça se ressent.

Des images sublimes, mais un rythme soporifique.

À la place, on a une narration à progression lente visant à déployer des images fortes (là, il n’y a rien à redire, Gareth Edwards nous livre des plans apocalyptiques d’une puissance inouïe, sans oublier la séquence exceptionnelle du saut HALO) et une intrigue réaliste souhaitant mettre en scène un véritable « et si, Godzilla apparaissait dans la vraie vie ? ». Un effort louable sur papier, mais foiré sur écran à cause du rythme en berne, de l’attachement quelconque aux personnages et d’une intrigue peu intéressante (on veut jouer avec des forces qui nous dépassent, on en prend plein la gueule puis on veut faire péter la bombe atomique pour les détruire, mais, finalement, on fait marche arrière et on essaye de la désactiver). Le film semble alors beaucoup trop long… Trop ambitieux, Gareth Edwards finit par se ramasser la gueule (il faut sincèrement s’accrocher vers le milieu du film) avant de se sauver de justesse avec le joyeux climax. Attention à ne pas comparer les combats entre Kaijus avec ceux de Pacific Rim sous peine de déception, les deux films n’affichant pas le même degré de maîtrise et surtout de fun.

Malgré ses problèmes, difficile de ne pas voir dans le remake de Monsters (je trolle, je sais) une véritable déclaration d’amour envers Godzilla. La créature y est tout simplement magnifique. On sent vraiment qu’on a affaire à une force de la nature, pratiquement un dieu. Jamais une créature n’aura été aussi bien représentée à l’écran. Au niveau du design, j’aime beaucoup, surtout le visage. Par contre, je suis moins convaincu par les ennemis qui font penser aux insectes de Starship Troopers (en bien plus grand évidemment) sans leur sadisme (moins cool, donc).

Photo d'un bus scolaire dans le film Godzilla (2014) réalisé par Gareth Edwards
Aller voir Godzilla en vrai, cool comme sortie scolaire. Pourquoi, n’y ai-je pas eu droit à ça aussi quand j’étais petit ?

Conclusion

Le Godzilla de Gareth Edwards est une véritable réussite visuelle, le roi des Kaijus étant particulièrement bien mis en scène. Seulement, il a beaucoup trop de défauts pour s’afficher comme un véritable concurrent de Pacific Rim. D’ailleurs, est-il vraiment judicieux de comparer les deux films ?
+– Godzilla
– Images renversantes (littéralement)
– Séquence du saut HALO
– Des idées de mise en scène fortes…
– … mais trop répétitives
– Héros peu attachants
– Problème de rythme
7/10

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