Critique : Deadpool 2

Du bigger and louder à la Hollywood

Fiche

TitreDeadpool 2Titre VO
RéalisateurDavid LeitchScénaristesRhett Reese, Paul Wernick, Ryan Reynolds
ActeursRyan Reynolds, Josh Brolin, Zazie Beetz, Morena Baccarin, T.J. Miller, Julian Dennison, Brianna Hildebrand
Date de sortie16 / 05 / 2018Durée1h 59
GenreAction, Aventure, Comédie, Science fictionBudget110 000 000 $

Plus grand, plus-mieux, et occasionnellement les fesses à l’air, il devra affronter un Super-Soldat dressé pour tuer, repenser l’amitié, la famille, et ce que signifie l’héroïsme – tout en bottant cinquante nuances de culs, car comme chacun sait, pour faire le Bien, il faut parfois se salir les doigts.

« C’est un rêve qui devient réalité… Je suis un X-Men. Par contre, je suis un Avengers dans les comics. Mais bon, question de droits, tout ça. »

Critique

Après avoir trouvé son public, et un plutôt gros, avec un premier opus bien plus fidèle à l’esprit du personnage que sa honteuse première apparition au cinéma (remember X-Men Origins: Wolverine), Wade Wilson aka Deadpool revient et « he’s not coming alone ».

J’annonce de suite afin que tu aies une idée de mon profil. Je n’ai que moyennement apprécié le premier opus. Malgré d’indéniables qualités comme une scène d’ouverture très drôle et magistralement mis en scène et un humour méta bourré de références ne peuvant que faire plaisir au geek que je suis, l’humour en dessous de la ceinture et lourdingue, l’intrigue principale façon comédie romantique classique sans oublier le côté « je me moque de la concurrence, mais je fais exactement la même chose en plus cheap » assez déroutant, mais dans le mauvais sens, ont eu raison de moi.

On ne change pas une formule qui gagne

Malheureusement pour moi, la formule ne change pas d’un iota pour cette suite. Les blagues graveleuses et bourrées de sous-entendu sexuel sont toujours aussi nombreuses, voir même jusqu’à l’écœurement. Les répliques fusent avec le même débit d’un AK-47 ce qui amoindrit leur impact. En passant, les meilleures répliques sont dans la bande-annonce. Néanmoins, le pire, c’est encore une fois la trame principale. Deadpool se moque du genre super-héroïque, donc pourquoi nous offrir une trame basée sur la vengeance et la famille ultra-classique dans son déroulement ? Sans déconner, si on enlève la forme, on est dans un Pixar.

« J’invoque l’esprit de John Wick ! »

Une parodie super-héroïque qui reste un film de super-héros

En fait, Deadpool 2, c’est comme une parodie. Une trame classique traversé par d’excellents sketches. Je me suis vraiment éclaté avec ces derniers. Bémol, il faut toutefois reconnaître qu’ils sont relativement peu nombreux. Il y a la première scène, le générique d’ouverture dans la lignée du premier, la scène post-générique (un petit bijou) et une hallucinante scène impliquant la X-Force. Avec le recul, ce qui me déconcerte est de constater que deux des quatre meilleures scènes du film ne font pas partie de l’histoire.

Bref, rien de nouveau sous les cieux Deadpoolien. Ce sont les mêmes défauts et qualités que le premier, l’effet de surprise pour le grand public en moins. Donc si tu as aimé Deadpool, il est fort probable que tu vas aimer cette suite. Par contre, la probabilité est la même inversement. Précision, cette suite est plus spectaculaire. Je serais d’ailleurs curieux de connaître son budget par rapport au premier. Malgré tout, il semble encore restreint, car les scènes impliquant une grosse majorité d’effets spéciaux sont ratées dans l’application. Regrettable, car l’idée de base est excellente. J’ai en tête LA scène illustrant la chance de Domino et LE combat du climax. C’est le contrecoup de la classification pour ados et adultes. Finalement, je ne l’ai pas trouvé si utile que ça, la violence des combats restant assez modérés (surtout visible sur les premiers combats). C’est davantage la crudité du langage qui est mise à contribution.

Constat : David Leitch n’est pas le plus talentueux du duo derrière John Wick

Au final, au vu des scènes d’action au final très classique et d’Atomic Blonde, un doute s’évapore en moi. Ce n’est pas David Leitch le plus talentueux du duo derrière John Wick. D’autant plus que le bonhomme n’arrive jamais à insuffler de l’émotion dans ses films. Ce qui ôte à la trame principale toute saveur. Au moins, on pourra reconnaître que les combats sont plutôt bien chorégraphiés. Même si c’est simplifié par l’absence totale de CGI. Ça offre aussi une des meilleures blagues.

À la recherche de John Connor… Ah non, c’est un autre film.

Après le Titan Fou, place au voyageur temporel

Exercice classique dans une critique de suite, examiner les nouveaux personnages. Commençons avec l’homme de l’année 2018 dans le genre super-héroïque. Celui qui avait incarné Thanos et qui est désormais Cable. J’ai fait partie de ceux qui voulaient plutôt voir Brad Pitt dans le rôle, mais après visionnage, Josh Brolin m’a convaincu. Son look et son style sont vraiment badass. Mais le personnage étant un de mes préférés dans le comic, je serais plus pointilleux que ça et, inévitablement, des éléments me chagrinent.

Tout d’abord, du passage des comics au grand écran, on peut remarquer deux choses. Cable a vachement perdu en taille, mais aussi en puissance. Celui de l’univers cinématographique de Deadpool semble vraiment faible comparé à son homologue papier. La télékinésie est réduite à son strict minimum et sa télépathie est aux abonnés absents. Quant au virus techno-organique, pour l’instant, il n’aura fait que l’objet d’une scène parodiant la scène culte du premier Terminator. On peut comprendre le besoin de brider Cable afin de le mettre au même niveau que Deadpool, mais quel dommage.

Cable devient le Nabot !

Autre point assez agaçant. Sa taille. Dans les comics, le personnage est un mastodonte. Dans le film, ça devient un nabot. C’est même dit plusieurs fois au travers de blagues méta. Mais bordel ! Nabot, c’est le surnom de Wolverine ! Ce qui me fait dire que Josh Brolin aurait pu être vachement convaincant dans le rôle du mutant griffu. M’enfin bref, passons au dernier point qui me chagrine. Avoir donné à Cable, une famille… Non seulement, ça ne sert à rien. Mais en plus, ça nuit à la dimension épique du personnage qui est une sorte de cow-boy solitaire de l’Ouest mythique à l’exception près qu’il vient du futur. Les mecs ont même foutu une référence aux comics via sa fille qui est juste… inutile, car elle fait vraiment référence pour dire, ouais, on a lu les comics.

De plus, toute la dimension épique autour de ses origines est mise sous le tapis. Là, je n’ai pas trop compris. Il y a tant de matières pour faire des excellentes blagues, en plus de donner un côté cool au personnage. J’adore la réaction des gens quand je leur dis que Cable est le fils de Cyclope et le clone de Jean Grey. On voit vraiment qu’ils sont intrigués. Dommage de ne pas avoir amené ça. Mais bon, ça aurait fini par donner trop de place à Cable dans un film solo sur Deadpool. Terminons avec une note positive, ma blague préférée du film est la tête qu’il fait devant la longueur du monologue finale de Wade.

Sous le ciel d’Atlanta.

Domino négatif

Deuxième personnage majeur : Domino. On ne va pas revenir sur l’histoire de son look dont les seuls éléments qui restent sont sa tache entourant son œil gauche, son costume en cuir, son amour des guns et ses pouvoirs. Ça fait déjà pas mal, surtout quand on sait à quel point les mutants ont été malmenés par le passé. Malgré un a priori pas très positif, mais amoindri par le fait que Domino n’a jamais été ma tasse de thé, je l’ai plutôt bien aimé. Faut dire que le charme de Zazie Beetz fonctionne du tonnerre chez moi. De plus, l’illustration de ses pouvoirs de chance est à l’image des comics, elles donnent lieu à des scènes cocasses.

Pour terminer, encore un point positif avec Julian Dennison que j’avais découvert et adoré dans le Hunt for the Wilderpeople de Taika « Thor: Ragnarok » Waititi. Son personnage est au cœur de l’intrigue principal. Pas intéressant en soi narrativement parlant, mais c’est le seul à m’avoir réellement fait rire et amuser de bout en bout avec Dopinder. Le reste naviguant entre lourdeur et consternation, mais en réussissant à faire mouche épisodiquement.

Par qui espère que X-Force saura mieux gérer les personnages, le17 mai 2018.

Prochaine étape…

Conclusion

Deadpool 2 est une suite classique dans le sens où il reprend la formule du premier (si tu l’as apprécié, c’est une bonne chose, dans le cas inverse, aie, aie) et l’améliore en faisant du « bigger and louder ». L’apport des nouveaux venus, principalement Cable et Domino, font néanmoins que j’ai préféré cette suite au premier. En effet, Deadpool n’est jamais aussi efficace que quand il est accompagné.

+

  • Cable et Domino, malgré quelques réserves, sont des personnages réussis
  • Des sketches fendards (scène d’ouverture, générique d’ouverture, la X-Force et la scène post-générique)
  • Humour parfois réussi…

  • … mais trop souvent lourdingue
  • Intrigue principale sans intérêt
  • Deadpool en figure tragique
  • Réalisation faisant trop dans le cliché, même s’il s’agit de s’en moquer (oui, les ralentis, c’est de vous que je parle)
6/10

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A propos de l'auteur : (2897 articles)

Fou de cinéma depuis qu'il a vu son premier film dans les salles obscures : Jurassic Park. Pleure quand le requin meurt dans Les Dents de la Mer. Plus tard au collège, il a succombé aux comics grâce (ou à cause) à un pote. Les jeux vidéo, il y touche depuis Les Schtroumpfs sur la Colecovision.

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