Critique : Black Widow (sans spoiler)

La Veuve a (enfin) son heure de gloire

Fiche

Titre Black Widow Titre VO
Réalisateur Cate Shortland Scénaristes Jac Schaeffer, Ned Benson, Eric Pearson
Acteurs Scarlett Johansson, Florence Pugh, Rachel Weisz, David Harbour, O-T Fagbenle
Date de sortie07 / 07 / 2021 Durée2h 13
GenreAction, Aventure, Science fiction Budget150 / 200 000 000 $

Natasha Romanoff, alias Black Widow, voit resurgir la part la plus sombre de son passé pour faire face à une redoutable conspiration liée à sa vie d’autrefois. Poursuivie par une force qui ne reculera devant rien pour l’abattre, Natasha doit renouer avec ses activités d’espionne et avec des liens qui furent brisés, bien avant qu’elle ne rejoigne les Avengers.

Critique

Les déboires de la Veuve

Pauvre Scarlett Johansson, quand même. Elle avait commencé avec un président qui ne voulait pas de figurine à son effigie pour la sortie d’Avengers (2012). Soi-disant que les garçons n’achètent pas de figurines de femme. C’est encore ce président qui a longtemps bloqué son film solo. Finalement, le Kevin aux multiples casquettes a fini par récupérer les pleins pouvoirs créatifs et pu lancer ce projet.

Problème… Black Widow est un peu morte. Pas grave, on revient sur une période inexplorée du MCU, celle se situant entre Captain America: Civil War (2016) et Avengers: Infinity War (2018). Un temps où Steve Rogers et Natasha Romanoff se prenaient pour le docteur Richard Kimble de Le Fugitif (1993). C’est cool, car ça donne aussi une idée de leurs escapades.

Mais avant de continuer, revenons aux déboires de la pauvre Johansson. Bref, elle avait enfin droit à son film pour lancer la Phase 4 du MCU. Son heure de gloire. Et qu’est-ce qui se passe ? Le Covid. Du coup, la sortie a été repoussée de plus d’un an (il devait sortir, à l’origine, fin avril 2020). Mais là, c’est bon. Il est dans nos salles de cinéma. Quant à ceux qui se demandent si ça vaut le coup de se prendre une place de cinéma, parce que bon, ça coûte cher une place, et en plus, ça concerne un personnage pas vraiment spectaculaire du MCU.

À ceux-là, je réponds OUI. Un grand fucking non négociable YES.

Terminator 2 : Le Fugitif de l’Hiver

Pour être totalement franc. Sois concentré là, j’ouvre mon cœur comme si j’étais allongé sur le divan de mon psy. Je n’étais pas très motivé à l’idée de voir Black Widow… Ça va, tu t’es remis de tes émotions ? Je sais que c’est une déclaration choc de la part d’un gros fan de Marvel. Excuse-moi, j’aurais dû te prévenir avant de te traumatiser.

Je ne sais pas si c’est à cause du report. Ou que la super-héroïne soit morte. Ou encore, comme je l’ai dit au-dessus, le fait que Black Widow, c’est quand même moins impressionnant qu’un Iron Man, un Captain America ou un Thor. Un peu de tout, je pense. Sans oublier que le personnage n’a jamais été parmi mes préférés.

Que j’ai eu Thor… Uh, uh, uh. Blague de merde pour la critique, check.

Oui, le nouveau Marvel Studios est spectaculaire. Sincèrement, il justifie l’achat d’une place. Sans oublier, les bonnes vibes avec un soupçon de Terminator 2 : Le Jugement dernier (1991 – Taskmaster, cœur avec les doigts et pourtant, je n’aimais son look par rapport aux comics) combiné avec le déjà cité Le Fugitif et spécialement Captain America: Le Soldat de l’Hiver (2014).

Marvel Studios fait son John Wick

La pourtant mythomane machine marketing ne nous avait pas menti en disant que les combats seraient impactants. C’est marrant, parce qu’il y a peu, je louais les combats de la série Falcon et le Soldat de l’Hiver en disant que c’était du niveau cinématographique. J’accumulais les synonymes d’incroyable, je mettais les doigts sur les tempes pour mimer une explosion du cerveau, et tout. Eh ben, franchement, ce nouveau film made in Marvel Studios, c’est quand même un level au-dessus (et je reste gentil).

Mince quoi, ces chorégraphies ballériennes, pour ne pas dire John Wickiennes, et brutales (j’ai eu mal pour les cascadeurs). Sans oublier cette course-poursuite de malade mental, digne des plus belles heures de Fast and Furious. Mon seul regret, c’est ne pas avoir eu droit à un long combat où Taskmaster utiliserait à la suite différents styles de combats pompés sur les camarades de Natasha.

Bref, one again, Marvel Studios prouve qu’ils sont au-dessus du game en donnant à sa super-héroïne de l’action se classant parmi son meilleur. Et ce même si Natasha n’a pas les pouvoirs d’un dieu du tonnerre ou le génie d’un Tony Stark. D’autant plus que les effets spéciaux sont très réussis, même si je soupçonne tout de même l’équipe du film d’avoir beaucoup eu recours à des effets réels. Hâte de voir le making-of pour valider mon hypothèse.

Mais d’où sort cette larme ?

Néanmoins, là où j’ai été le plus surpris. C’est au niveau de l’émotion. Pour moi, c’est ce qui fait la différence entre un bon film d’action et un grand film d’action. À ma grande surprise, Black Widow a parfaitement réussi cette partie. Il y a vraiment du cœur et ça commence dès l’étonnante scène d’ouverture.

Après, faut louer l’énorme casting entre Florence Pugh, Rachel Weisz et David Harbour. La première m’a vraiment épaté. Pour obtenir le rôle, elle était en concurrence avec Emma Watson, Saoirse Ronan et Alice Englert. Alors, si elle a réussi à l’avoir, c’est qu’elle a quelque chose sortant du lot. Ben pour le coup, elle l’a bien. Surtout, elle bénéficie d’une réelle alchimie avec Scarlett Johansson et apporte la trinité indispensable pour faire un super-héros Marvel mémorable : action, humour et émotion. Les premiers pas d’une nouvelle merveille.

La seconde n’est plus à présenter, mais demeure, malheureusement car j’aime beaucoup l’actrice depuis La Momie (1999), la moins marquante du package. Néanmoins, son apport n’est pas à négliger, car c’est elle qui, à mes yeux, déclenche l’inattendu côté émouvant de Black Widow.

Quant au dernier, il est juste à pisser de rire. Dans un rôle over the sky, David Harbour fait des miracles sans jamais se révéler ridicule. Pourtant, le précipice n’est pas loin. Entre les mains d’une machine moins rodée, le personnage serait tombé dans le vide. Heureusement, ce n’est pas le cas. Un bon petit coup de cœur.

Climax en deçà

Bref, pas mal de compliments. Toutefois, j’ai un reproche à faire concernant son climax. Beaucoup trop classique pour moi. Surtout qu’il se repose sur des ressorts scénaristiques respirant le déjà-vu. C’est dommage parce qu’à 20 minutes près, j’aurais pu avoir un très, très grand Marvel Studios. Au moins, j’ai eu un grand Marvel Studios. C’est déjà ça. D’autant plus que je n’y attendais pas.

Je termine cette critique sans spoiler avec un petit mot pour la réalisation de Cate Shortland. Je n’ai vu aucun de ses films, donc je ne savais pas trop à quoi à m’attendre et j’ai été plutôt impressionné. Elle aura réussi à rendre les scènes d’action immersives et brutales tout en gardant l’émotion dans son champ de vision. Pas mal de très jolis plans sont également à relever. Celui de l’arrivée à Cuba m’a beaucoup plu. Au risque de paraître sexiste, quand j’ai vu sa photo, j’ai été choqué de voir une telle dame capable d’offrir des scènes d’action aussi agressives. Comme quoi, il ne faut jamais se fier aux apparences.

Par ayant bien kiffé de revoir un Marvel Studios au cinéma.

Conclusion

Un simple petit film d’action Marvel pour dire au revoir à Scarlett « Black Widow » Johansson ? C’est ce que je pensais avant d’avoir été surpris par la brutalité des scènes d’action, mais encore plus par le côté sincèrement émouvant avec un casting au top. Comme chant de cygne pour l’un des membres-fondateurs des Avengers, on n’aurait pas pu faire mieux à mon goût.

+

  • Émouvant sur toute la durée du long-métrage
  • Scènes d’action spectaculaires, en plus d’être brutales
  • Casting au top
  • Scène d’ouverture
  • Excellent taux de réussite pour les blagues

  • Climax moins maîtrisé
8/10

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