Critique : Avengers: Infinity War

Il est venu le temps de Thanos

Fiche

TitreAvengers: Infinity WarTitre VO
RéalisateursAnthony Russo, Joe RussoScénaristesChristopher Markus, Stephen McFeely
ActeursRobert Downey Jr., Chris Hemsworth, Mark Ruffalo, Chris Evans, Scarlett Johansson, Benedict Cumberbatch, Don Cheadle, Tom Holland, Chadwick Boseman, Paul Bettany, Elizabeth Olsen, Anthony Mackie, Sebastian Stan, Danai Gurira, Letitia Wright, Dave Bautista, Zoe Saldana, Josh Brolin, Chris Pratt
Date de sortie25 / 04 / 2018Durée2h 35
GenreAction, Aventure, Fantastique, Science fictionBudget300 000 000 $

Avengers: Infinity War met en scène le plus grand duel de tous les temps, dans une aventure épique à la confluence des différents univers Marvel. Les Avengers et leurs alliés devront être prêts à tout sacrifier pour neutraliser le redoutable Thanos avant que son attaque éclair ne conduise à la destruction complète de l’univers.

Avengers. Gardiens. Public. C’est le moment de faire dans vos frocs.

Critique

30 avril 2008, Iron Man débarque au cinéma et ravit le cœur du public. 25 avril 2012, Avengers présente une réunion inédite de super-héros et écrase, tel Hulk, le box-office. Sans oublier, la première apparition du Titan Fou. Alors que certains proclamaient « Mais, qu’est-ce qu’il fout là, Hellboy ? », les fans de comic retenaient leur souffle. Ils savaient qu’ils avaient en face d’eux l’ultime vilain de l’univers Marvel. Néanmoins, il aura fallu attendre six ans (on ne compte pas ses caméos dans Les Gardiens de la Galaxie et Avengers: L’Ère d’Ultron 😛 ) avant qu’il ne débarque sur notre planète bleue en vue de détruire la moitié de l’univers.

Nous sommes maintenant le 25 avril 2018. L’heure pour l’Infinity War.

Thanos demande votre silence

Sur les réseaux sociaux a fleuri l’hahstag #ThanosDemandsYourSilence. Après avoir vu Avengers: Infinity War, je peux confirmer une seule chose à toi qui n’a pas encore vu le film. La transition de Thanos des cases de comics vers le grand écran est parfaite. Il est LE Thanos ! Celui qui est un de mes vilains préférés, si ce n’est le préféré, demande le silence et tant il est réussi, je ne peux que m’incliner. Donc, toi qui n’as pas encore vu le film, évites les réseaux sociaux, évites les amis qui ont tendance à trop parler et va voir le film le plus tôt possible. C’est l’expérience d’une vie.

Par contre, si tu l’as vu. On peut passer à la suite. Mais, j’insiste, tu est bien sûr que tu l’as vu ? Tu ne l’as pas rêvé ? En effet, en règle générale, j’essaie de réduire les spoilers dans mes critiques, mais pour Avengers: Infinity War, impossible. En parler en quelques lignes, c’est ce que j’ai fait dans ma conclusion. Mais en faire un article sans risquer de lâcher des bombes, je ne vois pas comment faire. Du coup, pour ma tranquillité d’esprit, je préfère prévenir et écrire de tout mon soûl sans crainte de gâcher ton expérience.

THANOS DIT : « ATTENTION, À PARTIR DE MAINTENANT, LA CRITIQUE CONTIENT D’ÉNORMES SPOILERS. SI TU N’AS PAS ENCORE VU LE FILM, QUITTE CETTE PAGE ! MAINTENANT ! »

« Je sais bien que mon contrat est fini. Mais c’est obligé de me tuer ? »

Terminer sur une note sombre

Tout un symbole. Le générique de fin m’a marqué par sa sobriété. Alors que sur chacun de ses films, Marvel Studios en profitait pour diffuser un passage artistiquement cool sur fond de musique donnant l’envie de groover, celui d’Avengers: Infinity War offre un simple texte blanc sur fond noir. Ça appuie la fin nihiliste où, surprise, le méchant gagne (on peut le dire, c’est le L’Empire contre-attaque de l’univers Marvel) et laisse le temps de faire son deuil. Il fallait bien ça, car il s’agit d’une séance incroyablement dense. Un véritable grand-huit. Jamais, je n’ai eu le temps de respirer de la première minute jusqu’à la dernière des 149 dont dispose le film des Russo. C’était limite étouffant. Hey, mais en fait, je suis un champion en apnée. Le Grand Bleu 2, ce sera avec moi.

Malgré tout, cela met aussi en exergue la seule faiblesse que j’ai trouvée. En tant que film seul, Avengers: Infinity War n’est pas parfait. Le développement des personnages est zappé. Tout va très vite jusqu’au dénouement. Néanmoins, pour les fans, il ne s’agit pas d’une œuvre autonome. Il s’agit d’un épisode d’une très longue série. Une série intitulée le Marvel Cinematic Universe. Toutefois, si on devrait en mesurer l’impact chez bibi, ce serait le Battle of the Bastards du MCU. Un des meilleurs, si ce n’est le meilleur épisode. Mais, il est encore trop tôt pour juger définitivement.

L’un des plus grands vilains de tous les temps

Je viens d’écrire « le développement des personnages est zappé ». J’ai un peu menti, car il y en a tout de même un. Et pas n’importe lequel. Celui qu’il fallait développer justement. Le Titan fou lui-même. Thanos. On ne nous avait pas raconté des bobards en disant qu’il s’agissait du personnage qui avait le plus de temps à l’écran. C’est tout simplement le personnage principal. Les autres ne faisant que graviter autour dans des intrigues secondaires. Le fil conducteur est la quête de Thanos.

Purée, c’est dur d’écrire sur le film. Ça me donne une furieuse envie de lâcher le clavier pour aller le revoir. Attends, je vais m’attacher sur ma chaise et je reviens… … C’est bon. Je suis attaché. Hum, j’hésite à me couper les jambes pour m’assurer… Non, ça va aller. J’y tiens quand même à ces deux belles gambettes. Allez, on y retourne.

Je ne vais pas cacher que j’ai un peu tiqué en voyant que l’amour de Thanos pour Dame Mort a été supprimé. Ce n’est plus son but. Mais j’ai adoré la façon dont ils ont rendu, quelque part, le personnage héroïque. À tel point que j’ai du mal à le voir comme un véritable méchant. Son but est tout à fait louable. Le Thanos du MCU sonne alors à mes oreilles comme une fusion entre le Thanos des comics et… Galactus dont la faim dévorante permet de préserver l’équilibre dans l’univers.

Vous n’êtes pas prêts pour lui.

L’histoire d’une fille et de son père

J’ai été très surpris par sa relation avec Gamora. Malgré le magnifique flash-back dans la bande-annonce où elle prend la main de son père adoptif, je ne m’attendais vraiment pas à ce que ça soit autant approfondi. J’en ai été ému jusqu’aux larmes. Je n’oublierais jamais la scène du sacrifice pour récupérer la pierre de l’Âme. C’était à la fois tragique et magique. Mes larmes ont coulé en symbiose avec ceux de Thanos. C’était encore plus fort que lorsque Gamora « tue » Thanos et pourtant. Cette relation se paye même le luxe de s’achever sur un magnifique plan final.

Les larmes de l’Asgardien

Non vraiment, ce Thanos est parfait. Il est aussi introduit à la perfection. En envoyant un signal fort aux yeux du grand public avec une des meilleures entrées jamais vues à l’écran. Bon dieu. Heimdall. Hulk. Par contre, elle est où, ma Valkyrie ? Déconnez pas avec. Surtout, quelle idée de génie de se débarrasser de Loki de cette façon. Je me doutais bien qu’il allait mourir, mais de cette manière ? Non. C’était vraiment horrible à voir. Ces yeux injectés de sang hantent encore mon esprit… Style Game of Thrones. Ça a aussi le mérite de poser le ton. On va beaucoup moins rigoler dans ce Marvel. Pour preuve, les blagues, même s’il y en a quelques-unes comme l’invisibilité de Drax (ma préféré, je suis sûr que c’est James Gunn qui l’a écrite), sont nettement réduites. On est dans le style Le Soldat de l’Hiver et Civil War sans le côté « grosse déconne » du combat de famille.

Pour couronner le tout, quand vient le temps de l’action, Thanos vole la vedette. Il a tout. La prestance, la puissance et la classe. Par contre, je ne vais pas mentir que j’ai flippé un gros coup quand j’ai vu Thor (qui n’aura jamais été aussi cool, merci Ragnarok) transpercer Thanos avec son Stormbreaker (Beta Ray Bill demande à ce qu’on lui rende son arme). J’ai hurlé mentalement : « Putain, non ! Ils n’ont pas le droit de faire ça. Non, pas après tout ça ! ». J’ai pris ma tête entre mes mains quand j’ai vu l’affreux rictus du bonhomme violet joué par Josh Brolin. Puis Thanos a marqué le coup avec sa réplique magique : « Tu aurais dû viser la tête. ». SNAP ! J’ai déchiré mon cerveau en criant : « Ça, c’est mon gars ! Thanos, boum ! ».

Mais où sont les mouchoirs quand on a besoin d’eux ?

La poussière s’envole au vent

Revenons sur le climax. Incroyablement chargé en émotion. C’est d’ailleurs ce qui m’a le plus surpris. Je m’en souviens plus pour l’émotion que pour le côté spectaculaire et pourtant, il y avait de quoi. Voir tous ces super-héros s’envoler au souffle du vent, c’était déchirant. Mention spéciale pour la panique que ressentait Peter Parker. Ça m’a serré le cœur de voir ce gamin mourir, les yeux emplis de peur.

Puis, je me suis rappelé qu’un deuxième Spider-Man était prévu dans le MCU. Dès lors, il n’est pas vraiment mort. Comment lui, Doctor Strange, Groot (merci d’ailleurs, bande d’enfoirés de me le faire mourir une deuxième fois, c’était déjà tellement dur la première fois) et Black Panther peuvent-ils déjà nous quitter ? C’est là, le gros indice lâché par Marvel Studios. Après tout, et je trouve qu’on l’a un peu oublié, mais Avengers: Infinity War n’est pas le dernier long-métrage du Marvel Cinematic Universe tel qu’on le connaît, Ant-Man et la Guêpe (avec Hawkeye ?), Captain Marvel (cette scène post-générique absolument géniale !) et particulièrement le quatrième Avengers sans titre nous attendent encore.

Exit donc les nouveaux. Avengers 4 permettra alors de nous offrir le véritable chant du cygne des héros d’origine. Par contre, quelle aventure vont-ils traverser ? Tout ce que j’espère, c’est que Thanos reviendra. Faites qu’il revienne. S’il vous plaît.

« Moi, je dis que dans Ragnarok, on se marrait plus. M’enfin, je dis ça, je dis rien. »

Les Avengers rencontrent les Gardiens de la Galaxie

Bizarrement, je n’ai pas été plus emballé que ça par la réunion durant le visionnage. Je pense que c’est dû au fait que j’étais entièrement focalisé sur Thanos et sa quête. D’autant plus que les bandes-annonces montraient déjà cette réunion. Par contre, c’est toujours aussi kiffant de voir les étincelles que produit Tony Stark en rencontrant de nouveaux super-héros. Franchement, qui a oublié la première rencontre entre Tony et Thor ? Et il remet ça avec Strange et Star-Lord. Les différents team-up lors du combat final sont également jouissifs avec une mention spéciale pour celui entre Bucky et Rocket.

C’est la conséquence de la faiblesse que j’abordais au début de la critique. Le traitement des personnages, hors Thanos, est plutôt expédié. Du moins, pour les personnages ayant eu droit à leurs films. Parce qu’il y a un couple marquant, me concernant. Vision et Scarlet Witch. Quel pincement au cœur. Je ne le dirais jamais assez à quel point ce final est horrible. Quand Thanos remonte le temps, je m’attendais à voir Vision ressusciter. Quand c’est arrivé, je me suis dit : « Prévisible. ». Quelle claque alors lorsque Thanos lui arrache une partie du cerveau en retirant la pierre. Ça fait partie du génie d’Avengers: Infinity War. Mettre des rebondissements aux moments qu’on pense les plus prévisibles. Comme par exemple, Thanos qui explose sans forcer la tronche de Captain America suite au money shot de la deuxième bande-annonce où Captain retient la main de Thanos de toutes ses forces.

« Ouh, ça pue là. On va faire demi-tour. Hein, les gars ? »

Les enfants de Thanos

J’avais peur qu’ils soient sous-exploités. Finalement, ils le sont un peu quelque part. Faut dire, il n’y avait pas la place. Heureusement, ils restent suffisamment charismatiques pour que je les retienne. Notamment, Ebony Maw. Il était vraiment cool. D’une part, pour ses pouvoirs de télékinésie et d’autre part, pour sa mort qui emploie une des meilleures références à la pop culture que je n’ai jamais vu dans un film. Dommage qu’ils ne soient pas aussi peaufinés que Thanos niveau images de synthèse. Surtout Proxima Midnight qui connaît quelques ratés.

Avant de terminer, une petite mention aux deux apparitions surprises. Pour la première, je savais que Peter Dinklage était de la partie. Mais alors que je l’attendais en Pip le Troll, voir ce nain géant (ouais, ouais, c’est bizarre à écrire) est assez énorme. Un peu à la Giant Man dans Civil War. La deuxième m’a totalement pris par surprise. Je m’attendais à Dame Mort, et c’est ce petit chenapan de Crâne Rouge ! Encore un rebondissement dans le rebondissement. Digne d’un double saut de Super Mario. Non, mais franchement, il est devenu vraiment stylé pendant son exil. Je suis sûr qu’il s’est entraîné pendant toutes ces années pour faire classe au moment où Thanos débarquerait.

Sur ce, je termine cette critique avec les yeux qui brillent et surtout une grosse envie, aller le revoir. Je vais d’ailleurs y aller… Merde, où est-ce que j’ai foutu ce canif pour me détacher ?

Par pas indemne, le25 avril 2018.

« Mais pourquoi tout le monde veut me tuer ? »

Conclusion

Avengers: Infinity War fait le boulot qu’on lui demande et ce n’était pourtant pas évident. Le tout en mettant en scène un des vilains les plus mémorables de tous les temps. Thanos n’est pas un simple antagoniste d’un film Marvel. Il est le personnage principal. Il est LE méchant ultime. Pour le reste, il s’agit d’un grand-huit éprouvant rempli de grand spectacle, de surprise, de rebondissement et surtout d’émotion. Bref, un véritable crossover de comics qui prend vie à l’écran. Par contre, et naturellement, l’humour est en retrait même s’il y a quelques bonnes blagues. Un des meilleurs Marvel Studios. Il pourrait même être mon préféré.

+

  • Thanos, LE vilain du Marvel Cinematic Universe
  • Chargé en émotions
  • Pléthore de surprises
  • Rayon action, ça envoie dans tous les sens

  • Tellement dense que le développement des personnages est zappé (pas un vrai défaut pour un fan du MCU)
10/10

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A propos de l'auteur : (2897 articles)

Fou de cinéma depuis qu'il a vu son premier film dans les salles obscures : Jurassic Park. Pleure quand le requin meurt dans Les Dents de la Mer. Plus tard au collège, il a succombé aux comics grâce (ou à cause) à un pote. Les jeux vidéo, il y touche depuis Les Schtroumpfs sur la Colecovision.

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