Critique : Animal Kingdom

Dans la jungle, seuls les plus forts survivent

Réalisé par David Michôd (scénariste du très attendu Hesher avec Joseph Gordon-Levitt, Natalie Portman).

Avec James Frecheville (pour la première fois à l’écran), Guy Pearce (le frère du roi dans Le Discours d’un Roi), Jacki Weaver (nominée aux Oscars pour son rôle), Joel Edgerton (prochainement dans la préquelle de The Thing), Luke Ford (le fils du tueur de Momie dans La Momie 3), Dan Wyllie (vu dans Sanctum), Sullivan Stapleton et Ben Mendelsohn.

Long-métrage australien
Genre : Drame, Policier
Durée : 1h52
Date de sortie cinéma : 27 avril 2011
Distributeur : ARP Sélection

Prix de la Critique Internationale du Festival international du Film Policier de Beaune 2011.
Grand Prix du Jury – Films de fiction (World Cinema) de Sundance Film Festival 2010.

Josh (James Frecheville) vient de perdre sa mère, victime d’une overdose. Étant mineur, il est accueilli par sa grand-mère Smurf (Jacki Weaver) et va vivre avec ses quatre oncles. Seulement ces derniers sont des braqueurs et sont les cibles de la brigade anti-gang.
Dans un monde régi par la loi du plus fort, de quel côté se placera Josh ?

« Tu étais protégé par les forts. Seulement à présent, ils ne le sont plus »

Au lieu de nous proposer une énième resucée du classique Heat à savoir une lutte entre la police et les braqueurs de banques. Animal Kingdom prend le pari de s’intéresser au point de vue d’un innocent et de sa lutte pour survivre.

Il en résulte une œuvre très réussie car fascinante. Difficile de ne pas s’attacher à ce garçon perdu face à tous ces ego. Il devra ensuite choisir sa place dans cette jungle, cette lutte permanente entre la police et sa famille.

La grande force du film est de ne pas brosser un portrait sympathique des braqueurs, ce sont des délinquants, ni des policiers dont les membres de l’anti-gang ont des comportements tout simplement hallucinant. Du coup, Josh, comme nous, sera perdu au moment de choisir. Le final dispose d’une tension palpable.

« Même les gangsters ont peur »

La famille Cody dispose d’un charisme hors du commun grâce à des acteurs excellents.
J’en retiens surtout deux : Jacki Weaver en matriarche façon Ma Dalton aux quatre fils tous gangster et l’aîné Pope joué par Ben Mendelsohn (à droite sur la photo du bas), vraiment très inquiétant.

J’ai été impressionné par la performance de ce dernier. Pourtant doté d’un physique plutôt banal, il réussit à insuffler à son personnage une folie terrifiante. Chaque scène avec lui est synonyme de tension permanente. Surtout celles avec la petite amie du héros, il faut vraiment se retenir pour ne pas crier « Mais barre-toi bordel ! Pourquoi tu restes là ? ».

Animal Kingdom humanise ses gangsters via Josh. Au début, il les voient comme des idoles, des modèles avant de se rendre compte qu’ils sont dévorés par la peur. Vraiment une idée assez innovante par rapport à Hollywood où ils sont représentés comme des hors-la-loi sans peur et doté d’un honneur. Ils sont loin d’être des Robin des Bois modernes, la peur les poussant à braver les limites du soutenable.

Une réalisation envoûtante

Si le film fonctionne aussi, c’est grâce à sa réalisation proche de ses acteurs et doté de scènes mémorables. Ces scènes sont filmées au ralenti avec une musique trippante. Elles sont rares mais toujours bien positionnées, accentuant, dans le bon sens du terme, la tension dramatique du long-métrage.

A noter un Guy Pearce impeccable dans le rôle d’un policier attaché à Josh et au cœur d’une des plus belles scènes du film.

L’Australie nous gratifie d’un excellent drame prenant partie non pas des gangsters, ni des flics mais d’un enfant perdu au milieu de cette guerre et qui doit trouver sa place.

Sa scène culte : le générique d’introduction avec l’affichage du titre « Animal Kingdom » sur fond d’un tableau présentant trois lions et une musique envoûtante.

Note : 8/10

PS : Qu’est-ce que ça fait du bien de voir un excellent film au cinéma. Pour être exact, depuis The Fighter.

6 réflexions au sujet de “Critique : Animal Kingdom”

  1. Bah c’est toi qui l’a dit hein, c’est pas moi… Fallait pas lui mettre 7 si tu trouvais pas que c’était un bon film. 7 pour moi c’est un très bon film. De toute façon à partir de 5 c’est un film qui vaut le coup d’être vu. Essential Killing vaut le coup d’être vu, mais je ne peux décemment pas lui mettre plus de 6, à cause d’une galère visuelle énervante. Ils se sont amusés à vouloir faire des macro-shots avec une optique de merde, du coup tu vois qu’ils galèrent pendant plusieurs secondes à faire le focus, c’est le point exaspérant du film 😕

  2. Ben moi j’ai trouvé que sucker punch était un bon film.

    Moi ça fait :

    5- film moyen
    6- film sympathique ou bon film handicapé par des défauts
    7- bon film
    8- excellent film
    9- film culte (un ou deux par an en moyenne)

    A partir de 5, il est vrai que le film mérite le coup d’oeil.

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