Les chroniques de Coolson : Spawn (1997)

Le cinéma regorge-t-il d’escrocs ? Voilà une question méritant d’être posée. Avant Avengers, avant Iron Man, avant Justice League (Snyder Cut hein ?), les adaptations étaient bien souvent pitchées par des producteurs avides comme qui suit : « Les loulous, voilà une couverture de comic. Je vous encourage à la lire, à faire vos besoins dessus et le peu d’image qui restera visible deviendra la base pour notre scénario. De toute façon, on s’en fout, les gens qui nous regardent et qui aiment ce genre de trucs sont soit des enfants, soit des adultes stupides qui ne méritent aucun respect, vu qu’ils n’aiment pas autant l’argent que nous. ».

Alors, on prend ses SFX douteux, son maquillage raté et son acteur qui a le mérite d’essayer, cette semaine, c’est Spawn !

Spaune

Spawn est un film américain sorti le 1er août 1997 aux États-Unis et le 10 décembre de la même année au pays de la charentaise. Je vais faire un mea-culpa d’entrée de jeu. Je regarde toujours le film que je dois chroniquer après le 1er jet de ma chronique, me permettant de mêler mes souvenirs (s’il y a longtemps que je ne l’ai pas vu) et quelques notes, histoire de créer une synthèse. Là, non. Je ne voulais pas m’infliger ça. Du coup, je ne fonctionne QUE sur mes souvenirs. JE NE SERAIS PAS OBJECTIF !

Pour faire simple, ce film nous narre les aventures rocambolesques d’Al Simmons, un militaire tué en opération et devenant par la suite M. Patate en tenue latex premier prix, qui affronte deux acteurs de génie cabotinant jusqu’à plus soif, tout en oubliant qu’ils ont du talent et un très mauvais agent.

Allez bouge, fais queque chose…

Spawn est incarné par Michael Jai White, un acteur que j’aime beaucoup personnellement. Je ne sais pas trop pourquoi, j’aime bien sa tête. On ne l’a pas vu dans 1000 trucs (enfin si, mais ce sont 1000 trucs qu’on n’a pas vus), mais il fait partie de cette catégorie d’acteurs : tu l’as déjà vu, tu sais plus où, tu ne connais pas son nom, MAIS, tu es content de le voir. On l’a vu dans 2-3 blockbusters (il s’offre une superbe confrontation avec le Joker dans The Dark Knight). Il a également joué le rôle de Mike Tyson dans un téléfilm sur sa vie que j’ai trouvé fort sympathique.

L’antagoniste est incarné par Martin Sheen. Comment est-il arrivé dans cette galère ? Au vu de son CV, je ne me l’explique pas.

Le clown Violator, le sidekick lourdingue de service est interprété par John Leguizamo, encore lui, ayant déjà commis Super Mario Bros (ICI, du coup, je n’y reviens pas). Je l’aime toujours. Il a joué Tybalt dans Roméo + Juliette, mais ‘tention.

Yes Man

Le film est réalisé par Mark Dippé, qui est, je pense, un yes man. Un réalisateur sans prétention créative, réalisant au bon vouloir des fameux producteurs avides, sans chercher à savoir si ce qu’il fait est sensé ou pas. En terme de CV réalisateur, c’est effrayant : Reviens Garfield, un Direct to DVD coréen et ses suites, Garfield Champion du Rire et Super Garfield. Je ne les ai pas vus, mais je pense pas qu’on soit sur du divertissement ultra enrichissant. Et tout est du même acabit.

Par contre, le gars, niveau technique, est le directeur des effets spéciaux de films comme Retour vers le Futur 2, Abyss, JURASSIC PARK, TERMINATOR 2 ! Ce film est encore considéré, 30 ans plus tard, comme une référence dans ce domaine.

Morale : on ne peut pas être un génie partout. 

Alors, c’est valable ?

Là, c’est subjectif. Pour moi non, peut-être que pour d’autres oui, la nostalgie le sauvera, mais même à l’époque (et je l’ai vu au cinéma !), j’ai trouvé ça catastrophique. Ce film est comme le jeu du rond. Si vous le regardez, il vous mettra une patate dans l’épaule.

Spawn, ce n’est pas ça. C’est un anti-héros (créé par Todd McFarlane, fallait bien que je place son nom, il nous fournit tous en figurines), sombre, torturé, dans un univers glauque et malsain. Là, c’est M. Patate ronchon, poursuivi par un clown pas drôle (encore moins que les vrais, c’est pour dire), dans un univers composé de hangar et de ruelles parce que ça ne coûte pas cher. Le tout servi par du maquillage Gifi et des effets spéciaux sur minitel.

J’adore les 3 acteurs de ce film, je respecte le réalisateur (pour son passif), mais là, je ne vois pas ce que je pourrais sauver. Vivement un biopic sur M. Patate, pour faire la comparaison.

Même la bande annonce n’y croit pas….

PS : un nouveau film, réalisé par Todd Mcfarlane himself, avec Jamie Foxx dans le rôle-titre, est dans les tuyaux depuis un moment. En attendant, jetez-vous sur l’excellent fan film suivant.

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