Les chroniques de Coolson : Blade (1998)

Aaaaaaaaaah, quelle belle année que 1998. J’étais alors au fait de mon adolescence, le bouton d’acné sémillant, le duvet goguenard. Emmanuel Petit sacrifiait les brésiliens à la 93e minute, on perdait Frank Sinatra et Bill Clinton se découvrait catador. Nous l’ignorions alors, mais un film allait sortir au cours de l’été et ses répercussions nous amèneraient tous sur ce blog, 11 ans plus tard. Car oui, à ce moment-là, les super-héros au cinoche, c’est la cata. 1997 a vu la sortie de Batman & Vomi ou encore l’affligeant Steel avec le Shaq.

Voyons le positif dans tout ça, cette bérézina ayant si profondément enterré l’intérêt du public pour ce genre, les studios n’ont pas eu de problèmes à essayer autre chose, d’attirer un nouveau public, plus mature et biberonné aux films d’action et aux films d’horreur.

C’est alors qu’un super-héros d’un nouveau genre, sombre, violent et badass jusqu’au bout des crocs débarque sur nos grands écrans.

Alors, on prend ses sabres, son sérum et son charisme.

Cette semaine, c’est Blade.

Y a des p’tits cons qui en veulent toujours trop, alors ils se plantent !

Blade (prononcer Blouaïde) est un film américain sorti le 21 août 1998 aux Etats-Unis et le 18 novembre de la même année au pays de Thierry Desroses.

Le film nous retrace les aventures de Blade, un être mi-humain, mi-vampire, qui n’a que les avantages des deux espèces. Ce qui signifie qu’il peut se caler en terrasse au mois d’août pour manger un aïoli sans aucun problème. Son petit souci vient du fait que pour maintenir cet équilibre, il doit recevoir, à intervalle régulier, un sérum anti vampire (ou anti humain, tout dépend du point de vue que l’on choisit). Et bien entendu, y a un méchant qui veut réveiller un dieu qui lui donnerait un avantage non-négligeable contre l’ami Blade. Sauf que ce dernier, bien entendu, ne s’en laisse pas compter et règle les problèmes à grand renfort de coup de latte, d’os pété, de sabre, de flingue et de lampe à U.V.

Blade est incarné par Wesley Snipes qui connaîtra son prime dans cette décennie. On le verra comme un digne successeur des Stallone et consorts, avec lequel il partagera l’affiche dans l’excellent Demolition Man. Il connaîtra également son moment Die Hard avec Passager 57, son Point Break avec Extrême Limite, deux films que je ne saurais que vous conseiller. Une carrière interrompue par un savant mélange de choix douteux (beaucoup de Direct To Vidéo daubé, les temps sont durs pour les actions heroes à l’ancienne) et d’incarcération pendant 3 ans pour fraude fiscale. À sa sortie, il tente un timide retour et mis à part son arrivée dans la bande des Expendables, pas grand-chose à se mettre sous la dent.

Un petit paragraphe que je souhaite dédier à Donal Logue, un acteur habitué des films et séries de super-héros daubés, mais pour lequel j’ai une infinie sympathie. Regardez sa filmo, le gars bosse autant qu’un boulanger et puis, sa trogne d’irlandais est irremplaçable. 

Si vous craignez la lumière du jour ou si vous vous sentez déshydraté même après avoir bu plusieurs litres d’eau, mettez-vous un flingue sous la tempe et appuyez sur la détente.

Le film est mis en scène par Stephen Norrington, qui a quatre films à son actif, dont La Ligue des gentlemen extraordinaires, considéré comme une gigantesque daube, mais que personnellement, je trouve très divertissant. Le type s’est surtout fait connaître pour son travail sur les effets spéciaux, notamment sur Aliens, le retour et Alien 3. Son nom est toujours lié à la mise en scène de l’adaptation live action d’Akira, une des plus vieilles arlésiennes du cinéma. Mon maraboutage doit fonctionner, je refuse de voir la merde que ça pourrait générer, on n’est pas prêt à voir ça. Pitié, non.

David S. Goyer s’est chargé du scénario. Vous avez probablement déjà vu son nom passer, il est le scénariste officiel de pas mal de nos geekeries. On lui doit notamment la saga Blade, il s’est d’ailleurs chargé de la mise en scène du 3, mais aussi de l’excellent Dark City ou encore de la saga Dark Knight de Nolan. Bon, il a commis pas mal de daubes aussi. Un exemple concret : en 1998, le gars à failli sauver et tuer le style super héros au cours de la même année. Il scénarise, bien entendu, Blade, mais aussi, l’affligeant Nick Fury: Agent of S.H.I.E.L.D., un téléfilm avec David Hasselhoff dans le rôle du patron du S.H.I.E.L.D. Il est dispo sur YouTube, d’ailleurs :

https://youtu.be/y6o3yAbIY-A

Un film que je ne saurais vous conseiller que dans deux situations.

  1. Votre vie, c’est de la merde, vous voulez toucher le fond pour vous rendre compte que finalement, ça va, des gens ont engendré ce film, donc, vous êtes un gagnant, vous vous réalisez complètement, vous devenez millionnaire et engagez David Hasselhoff comme professeur de chant, juste parce que vous êtes désormais blindés et que c’est marrant.
  2. Vous avez de la bière au frais, 2-3 pizzas chaudes sur la table basse et une bande de potes avec qui vous voulez passer un moment de franche camaraderie et de rigolades.

Alors, c’est valable ?

Blade a sauvé le film de super-héros, c’est aussi simple que ça. Son échec aurait été une catastrophe pour le genre. Ce qui aurait probablement conduit la Fox à ne pas mettre en chantier les X-Men, Sony à ne pas tenter sa chance avec les Spiderman de Sam Raimi, donc à ne pas populariser le style. 

Et par conséquent, entraîner la lente déliquescence de Marvel qui vendait pour une misère son catalogue à des producteurs douteux qui ont engendré alors des films non moins douteux, à la non mise en route du premier Iron Man, 11 ans après Blade

Pas de MCU alors, et Marvelll aurait crée un blog bien différent, sur le macramé ou le feng shui probablement (oui, je ne connais pas trop trop ses passions en dehors du blog).

Alors, au-delà, du fait que Blade soit un excellent film d’action/super-héros, n’oublions pas qu’on lui doit tous beaucoup. Vivement, son arrivée prochaine dans le MCU, sous les traits de Mahershala Ali, pour boucler la boucle. Et puis putain, je rêve de le voir avec le costard, on va s’en prendre plein les mirettes ! 

Je laisse le mot de la fin à Kevin Feige, notre chef à tous qui visiblement est d’accord avec moi.

Bisous.

Mon mandat à Marvel a commencé il y a 17 ans, et il y avait deux choses qui ont lancé l’ère moderne. L’un était X-Men, qui a fait découvrir le potentiel de cet univers au grand public. Mais quelques années auparavant, il y avait Blade. Un personnage dont personne n’avait entendu parler, n’était apparu que dans quelques numéros de ‘Tomb of Dracula’ ou quelque chose ça, transformé en une grande franchise. Peu importe la façon dont le personnage est connu, seul compte la qualité du film. Ce qui, plusieurs années plus tard, serait la raison pour laquelle nous allions réaliser les Gardiens de la Galaxie et Docteur Strange.

Kevin Feige
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