L’Empire contre-attaque de Spidey
Fiche
| Titre | Spider-Man : Brand New Day | Titre VO | – |
|---|---|---|---|
| Réalisateur | Destin Daniel Cretton | Scénaristes | Chris McKenna & Erik Sommers |
| Acteurs | Tom Holland, Zendaya, Sadie Sink, Jacob Batalon, Jon Bernthal, Tramell Tillman, Michael Mando, Mark Ruffalo | ||
| Date de sortie | 29 / 07 / 2026 | Durée | 2h 25 |
| Genre | Action, Aventure, Fantastique, Science-fiction | Budget | 250 000 000 $ |
C’est un tout nouveau jour pour Peter Parker Dans un monde qui ne se souvient plus de lui, il poursuit sans relâche sa lutte contre la criminalité. Mais le sentiment d’avoir été oublié par ses amis qui avancent désormais sans lui provoque un changement chez Peter qu’il n’est peut-être pas en mesure de contrôler. Et pourtant, c’est cette mutation qui pourrait être sa seule chance de s’opposer à un adversaire terrifiant, capable d’agir sans jamais être repéré et prêt à s’attaquer à la ville et à tous les proches de Spider-Man. Car si le monde ne se souvient plus de Peter Parker, lui ne l’a pas oublié…
Critique
Spider-Man : Brand New Day sort un an et six jours après le dernier film de Marvel Studios — à savoir Les Quatre Fantastiques : Premiers pas. Nous n’avions pas connu une aussi longue attente depuis les deux ans écoulés entre Spider-Man : Far From Home (2019) et Black Widow (2021).
Surtout, la sauce a merveilleusement pris : un tournage en extérieur à Glasgow dont les photos ont fait le tour du Net, une commotion cérébrale pour Tom Holland, des team-ups excitants (Hulk et le Punisher), des bandes-annonces prometteuses (dont l’une a établi un monstrueux record) et un véritable engouement autour du rôle de Sadie Sink. Bref, j’ai débarqué excité dans une salle comble (au box-office, le premier jour en France est le meilleur depuis… Avengers : Endgame, sept ans donc, et je peux le dire que je l’ai ressenti) !
Le drame l’emporte sur le spectacle
En sortant de la séance (qui s’est terminée sur des applaudissements nourris, ça faisait longtemps que je n’avais pas eu ça), après une scène post-générique bizarre mais prometteuse, j’ai été étonné d’être davantage marqué par l’aspect dramatique de Spider-Man : Brand New Day que par son côté spectaculaire. Non pas qu’il en manque (même si, malheureusement, beaucoup trop a été dévoilé dans les bandes-annonces — quelle plaie !), mais simplement parce que Brand New Day est un film incroyablement touchant.
La trilogie « Home » correspondait à la première partie du premier Spider-Man de Sam Raimi : un jeune Peter Parker encore au lycée, qui apprend à grandir aux côtés d’un mentor (Tony Stark, Mysterio, puis les deux Peter Parker d’un autre univers) tout en vivant son « oncle Ben ». Et, comme si cela ne suffisait pas, le voilà contraint de disparaître de la mémoire du monde entier.
Bienvenue dans le monde des adultes
Désormais, Peter Parker entre dans le monde adulte. Cela donne lieu à une bascule marquante où la solitude est le maître-mot — et où, paradoxalement, le costume n’a jamais été aussi resplendissant (les plis sont visibles, les couleurs pétaradent et on en a fini avec ces casques qui poppent). Tom Holland y livre probablement sa meilleure performance, épaulé par un casting solide.
J’ai beaucoup apprécié le fait d’éviter les clichés : le film joue même avec pour offrir de vraies surprises. L’ensemble offre de beaux moments d’émotion qui m’ont tiré quelques larmes. Quant à l’humour, il reste présent, mais toujours en dehors des moments dramatiques clés. C’est sans doute le film Spidey de Tom Holland qui en contient le moins. La narration, elle, est moins éparpillée façon « puzzle » comme No Way Home au profit d’une structure plus linéaire, entièrement focalisée sur Peter.
Bref, si la trilogie « Home » était le Star Wars de Spider-Man, Brand New Day en est L’Empire contre-attaque (au passage, l’easter egg chez Ned en clin d’œil à la blague culte de Captain America : Civil War est délicieux).
Plus de mentors, mais des alliés
Même avec cette approche intimiste, Peter Parker continue d’évoluer au sein du MCU, comme en témoignent ses échanges avec Bruce Banner, Hulk et Frank (le Punisher — bien que son nom de super-héros ne soit jamais prononcé, si je ne me trompe pas). J’ai beaucoup aimé la fluidité de ces apparitions, car elles s’intègrent parfaitement au récit. On évite aussi le piège du mentorat : ces derniers ne prennent pas Peter sous leur aile, mais le traitent en égal. Mention spéciale à l’alchimie évidente entre Peter et Frank, peu étonnante quand on connaît l’anecdote sur les deux acteurs qui s’étaient entraînés ensemble pour décrocher leurs rôles respectifs.
Du côté du traitement de ces personnages : pour Hulk, on sent la volonté de revenir aux fondamentaux après l’arc Professeur Hulk, lors d’une séquence spectaculaire qui donne furieusement envie de revoir le personnage. Ne serait-il pas temps de lui consacrer un grand film solo (allez Universal, lâche l’affaire) ? Je rêve encore et toujours d’une adaptation d’Immortal Hulk.
Pour le Punisher, on ne retrouve évidemment pas la violence de sa série (ou de ses apparitions chez cet excellent avocat), mais c’est amené avec astuce : comme il n’affronte pas d’humains, il n’y a donc aucune raison de livrer un carnage goresque. Ce team-up aussi une belle dédicace au personnage, apparu pour la première fois dans le comic The Amazing Spider-Man #129 (février 1974), ça ne s’invente pas.
La légende de l’Araignée
Reste un dernier grand rôle, celui de Sadie Sink — j’y reviendrai plus bas dans la partie spoilers. La performance de l’actrice est irréprochable et son personnage entre en résonance avec Peter Parker pour offrir d’autres moments forts. Quant à Zendaya (mon cœur s’est littéralement arrêté lors des retrouvailles) et Jacob Batalon, impeccables, comme d’habitude.
Avant de conclure cette partie, un mot sur les scènes d’action. Avec le réalisateur de Shang-Chi, on pouvait s’attendre à du lourd, et ça n’a pas loupé. Destin Daniel Cretton tire le meilleur de tout ce qui a été fait auparavant (films, animation, jeux d’Insomniac) pour composer un véritable best-of de Spider-Man, tout en offrant de superbes ralentis. Une réussite, même si le marketing a trop dévoilé du spectacle en amont. J’aurais aimé davantage de surprises, mais le résultat est là, malgré quelques incrustations sur fond vert qui font tache.
🚨 Attention partie avec spoilers 🚨
Le point le plus propice aux spoilers concernait évidemment le rôle de Sadie Sink.
Le mystère Sadie Sink enfin dévoilé
Il est amusant que Deadpool ait amorcé le le teasing au Comic-Con de San Diego en mentionnant un costume gris couleur « Pantone 9-1963 XMEN Jean Grey ». Dès lors, à la prononciation de son nom, cela semblait naturel. Le plus appréciable est que cette révélation ne cherche pas le choc facile : il s’agit d’un simple nom lu sur un dossier. Un choix cohérent avec la volonté d’éviter les clichés du genre.
Autre exemple marquant : Zendaya ne recouvre pas la mémoire grâce à la « magie de l’amour ». Cette scène nous est bien offerte, mais perversement détournée par Jean, tandis que la véritable séquence brise le cœur. Une souffrance bienvenue car faisant partie intégrante de Spider-Man, un héros qui se sacrifie totalement par choix.
Pour en revenir à Jean Grey, le choix de Sadie Sink est parfait. Elle propose une interprétation intéressante, très éloignée de la femme fatale. J’ai aimé la nature de ses pouvoirs, qui m’a rappelé Le Témoin du mal (1998) avec Denzel Washington. Grosse surprise en revanche avec l’apparition de sa sœur, et la révélation liée au V-Max m’a particulièrement ému.
Son dernier plan m’a donné une envie folle de découvrir les X-Men par le réalisateur de Thunderbolts*. Ce dernier partage d’ailleurs cette même attention portée à la psychologie et au drame. Cela me permet une transition toute trouvée vers la nouvelle Avenger, Black Widow.
Sa séquence s’inscrit parfaitement dans cette idée d’un Spider-Man adulte évoluant parmi des confrères super héroïques, sans artifice. Un cadre idyllique pour un moment suspendu, utile à l’intrigue et amusant (sans oublier le passage en visioconférence).
Le grand frère
Quelques mots enfin sur Hulk et le Punisher. J’ai adoré l’idée d’un Hulk furieux voulant sortir de Bruce après avoir été si longtemps emprisonné par l’inhibiteur. Le découvrir si imposant et monstrueux face à Spider-Man m’a fait rugir de plaisir. Je suis curieux de voir ce que l’avenir lui réserve.
Quant au Punisher, sa relation quasi fraternelle avec Peter — où tous deux s’opposent sur leurs méthodes — fonctionne très bien. Quel régal de le voir dans le grand MCU tenter d’« affronter » Hulk. J’ai encore en tête ce superbe plan où il mitraille Hulk tout en étant tracté par Spider-Man. Je ne m’attendais pas non plus à être aussi touché en le voyant désemparé après lui avoir tiré dessus (joli clin d’œil au moment culte du comic Civil War au passage). L’échange qui suit est très touchant : on comprend l’admiration qu’il voue à Spider-Man, au point de se faire bienveillamment charrier.
Enfin, du côté des money shots, j’ai adoré les plans reprenant les couvertures cultes des comics pour illustrer les quatre années écoulées depuis No Way Home, accompagnés d’une belle galerie de vilains secondaires. Petit coup de cœur également pour la mue des pouvoirs, notamment ces yeux noirs. Mais du coup, ce n’est plus vraiment la peine d’invoquer Venom dans le MCU, non ?
N’oublions pas la surprenante scène post-générique. Un peu trop basique à mon goût, mais difficile de ne pas être excité en voyant la destination. Après tout… Spider-Man will return.
Par Christophe Menat, qui ne s’attendait pas à être autant ému.
Conclusion
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Spider-Man : Brand New Day porte magnifiquement bien son nom. Il referme le chapitre de l’adolescence pour ouvrir une nouvelle ère, plus solitaire mais profondément humaine. Loin de la surenchère, c’est le film de la maturité pour l’Araignée du MCU avec un équilibre entre le drame intime et le grand spectacle super-héroïque maîtrisé de bout en bout. Avec ses invités parfaitement intégrés (ce duo avec le Punisher !) et sa structure narrative recentrée, Brand New Day s’impose comme mon film Spider-Man préféré. |
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