Critique : Young Adult

La vie après le lycée

Fiche

Réalisateur(s): Jason Reitman (In the Air, Juno)
Scénariste(s): Diablo Cody (Juno, Jennifer’s Body)
Acteurs: Charlize Theron (Hancock), Patton Oswalt, Patrick Wilson (Insidious), Elizabeth Reaser (Twilight), Collette Wolfe (la série Cougar Town)
Pays: USA Date de sortie: 28 mars 2012
Genre: Comédie, Drame Durée: 1h33
Budget: 12 000 000 $
Originaire d’une petite ville de province où elle s’ennuyait à mourir, Mavis Gary s’est installée à Minneapolis où elle est devenue auteur de romans pour ados. Mais lorsqu’elle apprend que son ex-petit copain de lycée est devenu papa, elle décide de revenir sur les lieux de son enfance pour le reconquérir. Tandis que Mavis semble sûre d’elle et de son pouvoir de séduction, la situation ne tourne pas à son avantage. Elle noue alors une relation peu banale avec un ancien camarade de lycée, mal dans sa peau, qui, malgré les apparences, lui ressemble plus qu’il n’y paraît…

Critique

Young Adult est typiquement le genre de film qu’on oublie immédiatement après visionnage alors quand il s’agit de faire une critique dessus, c’est un procédé assez fastidieux. En fait pour vous expliquer mon problème avec ce film, c’est que le personnage principal m’horripile au plus haut point: une pétasse reine de lycée avec cette prétention à se sentir supérieure à tout le monde.

Cette dernière est jouée par Charlize Theron au poil. Cette dernière se débrouille très bien pour insuffler une dimension bitch et dépressive à son personnage. Mais elle le fait tellement bien que j’ai trouvé sa Mavis complètement antipathique. Du coup, ça met à mal le film vu qu’il repose entièrement sur elle. Comment voulez-vous que je m’y intéresse ? Mais bon, j’ai tenu et j’ai regardé jusqu’au bout (en même temps, ça ne dure qu’une heure et demie donc ce n’est pas le bout du monde).

Le scénario signé par Diablo Cody semble autobiographique, ce n’est qu’une supposition mais Mavis, l’héroïne du film et Cody partage le même métier et on sent que le film est un peu la suite spirituelle de Juno (genre Juno, 20 ans après). On sent que Diablo Cody semble vouloir mettre un point sur les i concernant le rêve des jeunes « bouseuses » à vouloir quitter leur bled pour vivre dans les grandes villes comme il est typiquement américain, hollywoodien même. Sauf que là, on se place des années après et cette jeune fille devenue une femme semble avoir perdue toutes ses illusions et ratée sa quête du bonheur. Elle tombe alors dans une grosse dépression et cherche par tous les moyens de s’en sortir. Elle pense le retrouver dans les bras de son premier amour du lycée, papa depuis quelques mois.

On la suit alors dans son retour dans la ville et on semble un peu retrouver l’excellent film avec Georges Clooney, In the Air, le même thème de la dépression seulement le traitement diffère. Alors que le précédent film du réalisateur – In the Air donc – disposait de beaucoup d’humour et de situations assez drôles avec la petite nouvelle venue remplacer Georges. Jason Reitman –le réalisateur donc – tente de reproduire ce même schéma avec un nouveau personnage, un homme ayant subi une agression l’ayant laissé presque mort au lycée où il avait été au même moment que Mavis. Ces deux personnages se retrouvent un peu entre eux malgré le physique qui les séparent.

Mais Mavis s’obstine à vouloir récupérer son premier amour dans une succession d’évènements finalement peu intéressante si ce n’est un concert assez sympa et un final où les émotions de Mavis explosent devant un grand public. Si je me sentais alors triste pour elle par la suite, le final achève de la rendre encore plus antipathique et on se sent même honteux d’avoir pu ressentir une quelconque pitié pour cette femme désespérément [je censure pour ne pas dire de vulgarité]. Ça ne m’arrive pas souvent de ne pas accrocher à des personnages mais là rien à faire. En plus ce n’est pas drôle, je n’ai même pas souri, c’est dire (pourtant, on pourra vous le confirmer, je suis très facile à faire rire).

Malgré tout, Diablo Cody a un vrai talent pour réussir à faire ressortir ces années girly déjà vu dans Juno à l’aide de répliques toujours pile poil. Son script en dehors du personnage de Mavis est très soigné, les différents personnages sont étoffés et surtout pas clichés malgré les premiers abords (comme quoi, la première impression…). C’est toujours un régal de découvrir qu’au-delà des rôles prédéfinies par le lycée (la reine, le beau gosse, le sportif, l’intello, le looser entre autres), les personnages ne rentrent pas vraiment dans ces cases. Pas étonnant que cette ancienne strip-teaseuse soit devenue aussi demandé à Hollywood vu sa capacité à humaniser ses personnages.

Conclusion

Young Adult est doté d’un bon scénario, d’une belle musique et de très bons acteurs mais malgré tout je n’arrive pas à accrocher à cette Mavis qui m’écœure au plus haut point. Au moins le film se laisse regarder sans ennui. Un film profondément dépressif.
+ – Charlize Theron
– le scénario de Diablo Cody
– une belle réflexion sur la vie après le lycée
– personnage principal horripilant et détestable
4/10

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