Critique : X-Men: Apocalypse

L’essoufflement drastique d’une saga

Fiche

Fox Marvel Cinematic Universe
TitreX-Men: Apocalypse
RéalisateurBryan Singer
ScénaristeSimon Kinberg
ActeursJames McAvoy, Michael Fassbender, Jennifer Lawrence, Nicholas Hoult, Oscar Isaac, Rose Byrne, Evan Peters, Josh Helman, Sophie Turner, Tye Sheridan, Lucas Till, Kodi Smit-McPhee, Ben Hardy, Alexandra Shipp, Lana Condor, Olivia Munn
Titre originalDate de sortie18 / 05 / 2016
PaysÉtats-UnisBudget178 000 000 $
GenreAction, Aventure, Fantastique, Science-fictionDurée2h 24

Depuis les origines de la civilisation, Apocalypse, le tout premier mutant, a absorbé de nombreux pouvoirs, devenant à la fois immortel et invincible, adoré comme un dieu. Se réveillant après un sommeil de plusieurs milliers d’années et désillusionné par le monde qu’il découvre, il réunit de puissants mutants dont Magneto pour nettoyer l’humanité et régner sur un nouvel ordre. Raven et Professeur X vont joindre leurs forces pour affronter leur plus dangereux ennemi et sauver l’humanité d’une destruction totale.

« Les gars. Jean me demande si c’est comme dans Game of Thrones, ici. Tout le monde meurt aussi ? »

Critique

L’adversaire le plus emblématique des X-Men après Magnéto, En Sabah Nur, « la lumière du matin » en arabe, alias Apocalypse, a enfin droit à son film. La promesse de l’apothéose pour la saga X-Men

… et il n’est pas loin d’être le pire épisode de la franchise. Heureusement pour lui, le désastreux X-Men Origins: Wolverine est là. Tout en haut dans le ciel.

En cette année super-héroïque plutôt bien fournie, X-Men: Apocalypse fait figure de vilain petit canard. Dans tous les sens du terme. Sa promotion a été assez ratée (personnellement, je n’ai vu aucun engouement sauf chez quelques Gaulois qui résistent, encore et toujours, à l’envahisseur). Surtout, le film n’a aucune saveur. J’ai traversé la séance comme une âme en peine. Peinant à trouver quelconque enjeu ou à me connecter. Que cela me parut long.

Les rares bonheurs d’X-Men: Apocalypse

Mes seuls motifs de satisfaction résident dans les personnages de Quicksilver, Cyclope et Jean Grey. Pour le reste, c’est la même soupe. Une soupe déjà servie quatre fois par le père Bryan Singer. Je le dis, il est grand temps pour ce dernier de laisser sa place. Le gars n’a plus rien à raconter. Tous les thèmes de X-Men: Apocalypse ont déjà été abordés dans les épisodes précédents. Du coup, ça donne un long-métrage assez soporifique, sans nouveautés et jamais fun. Jamais fun ? Peut-être pas, car un certain Quicksilver est quand même là pour une nouvelle scène en solo où il peut faire la démonstration de ses pouvoirs. Si la séquence dite est moins surprenante que sur Days of Future Past, elle a le mérite d’apporter un peu de rythme et même un petit sourire sur mon visage. Mais bon, trois minutes sur deux heures et demie, ça ne fait pas beaucoup.

Le seul plaisir que j’ai vraiment eu, mis à part la scène avec l’homme argenté, concerne la naissance de la relation entre Jean Grey et Cyclope. Incarnés respectivement par Sophie Turner et Tye Sheridan. Ce sont deux acteurs sur lesquels la franchise devra investir pour l’avenir. Ils jouent de façon juste et arrivent à modéliser quelques enjeux. Même si cela reste fugace.

Il fallait bien eux pour compenser une Jennifer Lawrence incroyablement fade (et j’insiste sur le « incroyablement »). C’est à peine si elle semble concernée, à réciter ses répliques avec monotonie et sans conviction. En même temps, avec un personnage aussi inintéressant, difficile de montrer un quelconque intérêt. Quant à Magnéto et Charles Xavier, encore et toujours la même rengaine. Les acteurs sont certes talentueux, mais l’histoire est tellement redondante qu’elle ne présente pas plus d’intérêt. C’est incroyable de voir qu’en six (oui, six !) films, la relation entre les deux mutants semble toujours au même point. Il serait grand temps de se rendre compte qu’il n’y a plus rien à dire sur ce trio et se concentrer sur d’autres personnages. À moins que les auteurs daignent à les faire évoluer.

X-Men: Apocalypse est à l’image de Mystique : sans inspiration.

L’Apo-caca-lypse ou l’A-popo-calypse, c’est selon

Quant au grand vilain de l’épisode. Que dire ? On ne va pas revenir sur le design. Tout le monde en a parlé. Tout le monde s’est fait son avis. « Oh, un vilain de Power Rangers ! ». « J’ai vu des cosplays bien plus excitants et fidèles. ». Ce que je peux dire, c’est que le résultat final ne change en rien au constat. Oscar Isaac a beau être un acteur génial, il est noyé sous le maquillage et son costume. En bref, Apocalypse a des pouvoirs de malade et ça s’arrête là. Espérons un meilleur sort pour ses collègues, Darkseid et Thanos.

Dans la même lignée, c’est fou de constater à quel point, Bryan Singer n’arrive toujours pas à emballer les scènes d’action. Ses combats sont toujours aussi fades. Le fameux troisième acte si propice à des déluges d’action (sauf pour Civil War) est pitoyable ici. Aucun suspense. Zéro fun (si ce n’est durant la conclusion). Eh ben dis donc… L’Apocalypse promis n’a pas eu lieu. Le vilain quitte la franchise comme il est arrivé. Sans gloire.

On prend des mutants et on en fait ce qu’on veut

Avec X-Men: Apocalypse, on retrouve aussi les défauts habituels de la saga. Surtout celui qui m’énerve le plus : faire n’importe quoi avec les personnages. Bon là, j’avoue que j’ai fait un peu le deuil sur certains points à cause du bordel chronologique comme l’âge des personnages ne concordant pas avec l’ancienne trilogie ou les comics (arg, Havok en grand-frère de Cyclope). Néanmoins, je n’arriverais jamais à me faire au fait que les personnages ne soient pas respectés. L’exemple le plus flagrant concerne Apocalypse qui sort des pouvoirs de son chapeau magique comme ça arrange le scénariste (un peu comme un certain mercenaire rouge sur X-Men Origins: Wolverine). Comme si c’était les pouvoirs qui faisaient le vilain… Le pire, c’est qu’ils s’en servent pour rajouter du suspense. Mais bon, 0 + 0, ça fait toujours 0. Et ce n’est pas la cocaïne de Jean-Claude qui va changer ça.

D’ailleurs, ça me fait penser à la pauvre Olivia Munn embauchée pour jouer Psylocke. On s’est moquée de cette dernière (j’ai fait partie de ceux qui ont jeté des pierres et je n’en suis pas fier) quand elle avait dit que son personnage gagnerait un combat contre Wolverine et Deadpool en invoquant des pouvoirs que Psylocke n’avait pas. Du moins, dans les comics. Elle aurait dû dire qu’elle parlait de ceux que son personnage possède dans le film. Ça aurait tout expliqué…

Il y a un petit « Spider-Man »/« Wonder Woman » dans X-Men: Apocalypse. Mais la séquence a fait chez moi, un flop incroyable. Digne de celui d’un rocher lancé sur l’eau alors qu’on voulait le faire rebondir comme en lançant une pierre plate. Au moins, j’ai pu me marrer en découvrant le relooking du personnage en question. Un relooking à la « Mystique ». On fait BIEN apparaître son visage, parce que bordel, c’est une actrice connue donc faut rentabiliser.

Normalement, je suis toujours plus motivé pour parler d’un film Marvel, mais là, j’ai en déjà marre. Donc je vais m’arrêter là et m’atteler à la conclusion.

Par Christophe Menat en deuil d’Apocalypse (voilà un deuxième vilain emblématique saccagé après Galactus), le .

Les seuls moments où Apocalypse est convaincant. Lorsqu’il est camouflé.

Conclusion

Je ne vais pas y aller par quatre chemins. Selon mon avis personnel, cet épisode est le pire X-Men juste derrière X-Men Origins: Wolverine. Les motifs de plaisir sont trop rares face à la redondance (toujours la même histoire, toujours le même schéma) et un vilain vraiment raté. Le tout dans une intrigue dénuée de tout intérêt et de surprise. X-Men: Apocalypse est le vrai perdant dans la guerre des comic movies de l’année 2016, car il aurait dû sortir une décennie plutôt. « Seuls les plus forts survivent », proclame Apocalypse. Eh bien… Meurs, alors.

+

  • La séquence Quicksilver
  • Cyclope et Jean Grey

  • Apocalypse
  • Suspense proche du néant
  • Histoire avec un déjà-vu permanent
  • Scènes d’action faiblardes
  • Beaucoup trop long pour ce qu’il a à raconter
4/10
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A propos de l'auteur : (2954 articles)

Fou de cinéma depuis qu'il a vu son premier film dans les salles obscures : Jurassic Park. Pleure quand le requin meurt dans Les Dents de la Mer. Plus tard au collège, il a succombé aux comics grâce (ou à cause) à un pote. Les jeux vidéo, il y touche depuis Les Schtroumpfs sur la Colecovision.

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