Critique : Time Out

« Ne gâche pas mon temps »

 
Fiche

Réalisateur(s):Andrew Niccol (Lord of War, Bienvenue à Gattaca)
Scénariste(s):Andrew Niccol (The Truman Show)
Acteurs:Amanda Seyfried (Le chaperon rouge, Mamma Mia!), Justin Timberlake (Bad Teacher, The Social Network), Cillian Murphy (Inception, Sunshine), Olivia Wilde (Cowboys et envahisseurs, Tron – L’Héritage), Vincent Kartheiser (Mad Men)
Titre original:In Time
Pays:États-UnisDate de sortie:23 novembre 2011
Genre:Action, Science fiction, ThrillerDurée:1h41
Budget:40 000 000 $
Bienvenue dans un monde où le temps a remplacé l’argent. Génétiquement modifiés, les hommes ne vieillissent plus après 25 ans. Mais à partir de cet âge, il faut « gagner » du temps pour rester en vie. Alors que les riches, jeunes et beaux pour l’éternité, accumulent le temps par dizaines d’années, les autres mendient, volent et empruntent les quelques heures qui leur permettront d’échapper à la mort. Un homme, accusé à tort de meurtre, prend la fuite avec une otage qui deviendra son alliée. Plus que jamais, chaque minute compte.

Critique

En héritant d’un synopsis bandant, on attendait de Time Out, un film de SF sympathique surtout vu le nom du réalisateur. Si le sujet (le temps a remplacé l’argent) amènera des réflexions plutôt sympathiques du genre : et si jamais on vivait dans ce monde où les inégalités n’ont jamais été aussi fortes, les pauvres vivent au jour le jour et les riches ayant des siècles de vie devant eux et paradoxalement ne vivent plus.

Malheureusement l’originalité du pitch est mise au ban par un traitement tout ce qui a de plus éculé. On remplacerait le temps par l’argent, l’histoire ne changerait pas d’un iota mais on perdrait une demi-heure d’intégration dans ce monde. Cette demi-heure est toujours un régal dans ce genre de film d’anticipation comme Demolition Man où la découverte du futur est un moment d’anthologie. Je ne m’en suis toujours pas remis de celle de Demolition Man qui est un modèle du genre et je ne me lasse pas de la revoir (ah ces machines qui font payer des amendes pour chaque gros mot). Time Out n’est pas en reste de ce côté avec une vision effroyable où acheter un café le matin demandera quatre minutes de votre vie. Je vous laisse la surprise pour découvrir le reste.

Le film continue un peu dans cette trempe jusqu’à une partie de poker sous haute tension et puis c’est tout. Le film bifurque vers le simple film de course-poursuite dont le genre SF est extrêmement friand (remember The Island, A l’aube du huitième jour et j’en passe). Mais malheureusement, rien à signaler sous ce ciel. L’enchaînement des situations est prévisible et n’arrive jamais à faire monter la sauce. La faute à qui ?

Je dirais avant tout à un scénario d’une banalité sans fond : le gamin des ghettos et la gamine de riche décident de se révolter contre le système. Ils sont tous les deux poursuivis par un flic baroudeur à qui on ne l’a fait pas. Avec ça, on ajoute un bad guy vraiment là en bouche-trou mais bon, il faut bien remplir. Voilà les ingrédients de Time Out, rien d’affolant à signaler non ?

Mais le réalisateur a toujours eu du talent pour mettre en scène, Time Out ne déroge pas à la règle. Les plans sont stylisés, les costumes impeccables, la photographie soignée. Les acteurs ont dû se régaler avec les costumes fait avec grand soin. Justin se balade avec un très beau costume, Amanda est affriolante avec ses costumes à faire baver un fétichiste de cosplay (mention spéciale à sa coupe qui la rend plus belle en cachant son front et en mettant en valeur ses yeux). Cillian avec son imperméable en cuir semble être un des hommes les plus heureux du monde (et si en plus, il peut jouer un méchant).

Les quelques scènes d’actions parsemant le film n’ont rien d’extraordinaires, elles ne font jamais monter la sauce si ce n’est une course poursuite plutôt sympathique avec un dérapage bien stylé. On a vu bien plus nerveux dans le même genre. Par contre, impossible de faire l’impasse sur un effet spécial bien foiré. Un moment, la voiture fait une sortie de route et le résultat est horrible. Dur, dur de ne pas rire.

A noter aussi la répétition d’un effet assez saoulant à force.

Spoiler

Le film surabuse de ces limites de temps : « Oh my god, they killed Kenny il ne me reste plus que 10 secondes à vivre », si les premières fois, c’est bien stressant comme avec la mère du héros, Olivia ou lors de la partie de poker. Le réalisateur finit par sucer l’effet jusqu’à la moelle tel un vulgaire vampire de Twilight.

Les personnages manquent aussi cruellement de profondeur. Déjà pas bien aidé par les clichés les entourant, le couple star ne dispose d’aucune complicité. C’est simple, on a bien du mal à y croire à leur histoire d’amour. Justin Timberlake joue au héros poseur, la fille à la midinette en manque de sensation forte. Le méchant est ultra borné, impossible à raisonner, les pauvres sont des victimes, les riches sont des méchants. Point de sentiment dans tout ce petit monde. Tout est tellement aseptisé qu’on a bien du mal à s’impliquer émotionnellement.

On regrettera aussi que Time Out ne se sert jamais de son sujet au-delà de la simple réflexion basique et manichéenne: quand on a pas beaucoup de temps, on vit à fond et quand on en a trop, on ne vit plus. Il y avait pourtant lieu de faire bien mieux.

Conclusion

Time Out est moyen. Mis à part une première demi-heure réussie où on découvre un monde où le temps a remplacé l’argent, le film souffre d’un scénario ultra-prévisible et de scènes d’actions mollassonnes. On a vu mieux surtout du réalisateur.
+– Idée originale
– Les costumes
– Manque cruellement de pêche
– Prévisible
5/10

 

time out affiche

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