Critique : The Old Guard

Si j’aurais su, j’aurais pas v(en)u

Fiche

TitreThe Old GuardTitre VO
RéalisateurGina Prince-BythewoodScénaristeGreg Rucka
ActeursCharlize Theron, KiKi Layne, Marwan Kenzari, Luca Marinelli, Harry Melling, Van Veronica Ngo, Matthias Schoenaerts, Chiwetel Ejiofor
Date de sortie10 / 07 / 2020 (Netflix)Durée1h 58
GenreAction, FantastiqueBudget

Une petite bande soudée de mercenaires immortels, dirigée par la redoutable Andy, se bat depuis des siècles pour protéger les humains. Mais tandis que le groupe est engagé pour une mission des plus périlleuses, ses pouvoirs hors du commun sont soudain révélés au grand jour. C’est alors qu’Andy et Nile, tout dernier soldat à avoir rejoint l’équipe, doivent tout mettre en œuvre pour neutraliser leurs ennemis. Car ces derniers ne reculeront devant rien pour détourner les pouvoirs des immortels à leur profit.

Critique

Enfin, je vais pouvoir recevoir ma dose de blockbuster avec du fantastique et plein d’action dedans. Surtout, ce projet a une recrue inespérée : Charlize Theron. La Furiosa Atomic Blonde. Bref, la Theron retrouve une cour de récré qu’elle connaît bien. La castagne. Parce que mine de rien, ça fait depuis 2005 (Æon Flux) qu’elle pète la gueule (sans faire exprès, mais oui, oui, on te croit Charlize) des cascadeurs. Pour couronner le tout, il s’agit d’une adaptation d’un comic qui a fait ses preuves.

Et puis, c’est la merde !

Comme d’habitude, Netflix s’est foiré. Au final, Tyler Rake fait figure de véritable exception dans ce champ de ruines d’adaptations massacrées par la marque au grand N rouge. Il faut dire que j’ai assez halluciné de voir à quel point The Old Guard m’a rapidement lassé. Au bout de seulement une demi-heure, j’avais déjà envie de zapper. Pourtant, je suis très friand du genre. En plus, ça me rappelle un des films cultes de mon enfance. Higlander. Sauf que cette fois-ci, ils sont plus fans de flingues et qu’il n’est pas question de couper des têtes. C’est la Reine de cœur d’Alice qui fait la gueule.

Dis-le si on te fait chier, Charlize !

Il y a beaucoup de défauts dans cet original Netflix du vendredi 10 juillet. Pour commencer, numéro un. La justement Charlize Theron. Alors là, je ne sais pas ce qui lui est arrivé, mais on dirait que ça l’emmerde royalement de jouer l’immortelle Andy. J’ai trouvé que tout son jeu sonnait faux. Pas une seule seconde, j’y ai cru. Soit elle voulait un Razzie Award, soit… Ben franchement, je ne sais pas. À sa décharge, il faut dire que l’ensemble se prend beaucoup trop au sérieux, tandis que, soyons raisonnable cinq minutes, il faut du fun, là. Faut se lâcher avec un tel sujet.

Mais non, l’ensemble suit un parcours balisé déjà vu des milliards de fois avec des questions philosophiques dont le traitement m’a obligé à changer de caleçon car je n’ai pas pu retenir mon urine à force de me marrer. Ben, mon Greg Rucka ? T’es pourtant un scénariste doué. Qu’est-ce qui t’a pris de pondre cette histoire très, très classique de novice qui rejoint un groupe de guerriers avant qu’un méchant scientifique machiavélique décide de foutre sa merde ? Sans oublier la Andy qui fait sa vieille guerrière en pleine crise de foi… ou de foie ? Je ne sais plus. De toute façon, ce cher Devos en a auparavant parlé.

Réalisatrice tentant de retrouver son univers

On note une volonté d’intégrer un background afro-américain. Pas de bol, ça tombe un peu comme un poil de couilles dans la soupe (ouais, parce que le cheveu, ça passe, mais le poil de couilles, non). Mais bon, c’est la touche de la réalisatrice Gina Prince-Bythewood qui s’est démarquée en signant des longs-métrages mettant en avant la communauté afro-américaine.

Au final, la Prince-Bythewood n’aura accouché que d’une réalisation ultra-sommaire où comme disait la grande Edith Piaf « rien de rien » ne se démarque. Pas un plan mémorable (au contraire, on sombre dans le ridicule avec des flash-backs dignes de la série Xena, la guerrière). Pas une scène dramatique poignante malgré les efforts du Booker de Matthias Schoenaerts. Quant à l’action, il y a certes de la chorégraphie, sauf que pas de bol, la tension est aux abonnés absents. On ne s’improvise pas réalisateur du cinéma d’action comme ça. Au final, Gina Prince-Bythewood a posé la caméra comme si elle voulait faire une bande démo pour ses potes cascadeurs. Je me suis dit « ouah, y a de la technique », mais basta.

Attends, il y a encore pire. Je sors le joker « je mets la charrue avec les bœufs » qui a fait beaucoup de bien à Warner avec son DCEU. Tout le film est formaté pour donner naissance à une suite. Sauf que bon, à moins d’un miracle, je vois mal The Old Guard 2 se faire.

Par calmé par son fix.

Conclusion

J’avais beaucoup d’espoir pour ce Netflix-là. Au bout du compte, devant le générique final, j’ai prononcé les mêmes mots que Petit Gibus : « Si j’aurais su, j’aurais pas v(en)u ».

+

  • Je suis sévère, mais ça se mate quand même

  • Scénario cumulant tous les clichés possibles
  • Charlize Theron semble viser le Razzie Award
  • Réalisation plate et sommaire
4/10

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