Critique : The Defenders – Saison 1

Parfois la meilleure défense, c’est l’attaque

Fiche

Intégré au Marvel Cinematic Universe
TitreThe DefendersTitre VOMarvel’s The Defenders
Créateurs Douglas Petrie, Marco Ramirez
Acteurs Charlie Cox, Krysten Ritter, Mike Colter, Finn Jones, Elodie Yung, Jessica Henwick, Scott Glenn, Sigourney Weaver, Rosario Dawson
Saison1Nombre d’épisodes8
Date de sortie18 / 08 / 2017Format55 mn
GenreAction, Drame, Fantastique, Science fiction, ThrillerChaîne:Netflix

Un ninja aveugle. Une détective impertinente. Un ancien détenu résistant aux balles. Un milliardaire amateur de kung-fu. Marvel’s The Defenders suit les aventures de quatre super-héros solitaires contraints de mettre leurs problèmes personnels de côté pour combattre ensemble un groupe de criminels menaçant de détruire la ville de New York.

Une alcoolo, un gamin de riche, un aveugle et un ancien taulard entrent dans un ascenseur…

Critique

La dernière fois qu’on avait eu droit à des super-héros se réunissant pour la première fois afin d’affronter une menace commune, ça avait donné un des plus grands films de super-héros de tous les temps : Avengers. Cinq ans plus tard, leurs collègues de la rue s’y mettent à leur tour.

Vous savez combien j’attendais The Defenders, surtout que les différents super-héros composant le groupe ont eu droit à des solides séries solos. Le tout avec un ton unique pour chacun d’entre eux. D’ailleurs, ce point est intelligemment représenté au début de la série avec une couleur dominante pour chaque élément du quatuor. C’est la première étape qu’entreprend la série Marvel en se concentrant d’abord à mettre tout le monde sur la même note via une intrigue en toile d’araignée.

Truc très cool même si logique, The Defenders commence là où les séries se sont arrêtées. Les trois premiers épisodes sonnent comme des épisodes de nouvelle saison pour chacun des héros. Ainsi, il est très fortement conseillé d’avoir maté les aventures solos avant de commencer celle-ci. D’autant plus que l’ennemi n’est pas inconnu. Il est celui de Daredevil et Iron Fist. Sauf que cette fois-ci, il porte un nouveau visage. Celui d’Alexandra, incarné par l’une des femmes les plus badass au monde, que dis-je, de l’univers : Sigourney Weaver.

Ripley écrasée face aux Defenders, mais sauvée par son arme

Me concernant, elle est au cœur de ma plus grosse déception de cette réunion. S’affichant comme le boss ultime, elle souffre d’un manque cruel de charisme. Il n’était pourtant pas évident de passer après Wilson Fisk, Kilgrave ou Madame Gao. Néanmoins, j’y croyais dur comme fer. Sigourney Weaver serait capable, non mieux, elle allait s’imposer. Après tout, n’a-t-elle pas survécu à l’arme parfaite, l’Alien ? Malheureusement, elle est introduite dans une position de faiblesse. Cette donnée pourtant nécessaire pour accélérer les évènements fait malheureusement d’Alexandra, un personnage ne provoquant jamais l’inquiétude. Par la suite, on essaie de rétablir sa réputation comme en obligeant Madame Gao à lui faire des courbettes. Mais pas mal d’éléments font d’elle, une sorte de Wilson Fisk du pauvre. Sans l’aura magnétique et inquiétante de Vincent D’Onofrio.

Merde alors. Une œuvre super-héroïque classique ne peut fonctionner sans un antagoniste digne du protagoniste, même s’il est pluriel comme ici… Fort heureusement celui-ci émergera de la saison 2 de Daredevil sous la forme d’Elektra. Si elle m’avait plutôt plu dans la série consacrée au démon de Hell’s Kitchen, elle brille d’un feu bien plus ardent dans The Defenders. Ses apparitions en croque-mitaine lui confèrent une certaine classe (excellente scène d’ouverture pour la série). Sa relation amoureuse avec Matt Murdock est tragiquement superbe (je n’oublierais jamais ce plan où elle s’allonge sur son lit). Mon coup de cœur va amplement pour son magnifique costume. De loin, le meilleur pour un Marvel de Netflix. Néanmoins, elle (comme le monde dans un James Bond) ne suffit pas.

La Main, d’un groupe terrifiant vers des antagonistes dépassés

C’est la surprise du chef. Mais pas une succulente. Plutôt du brûlé. Je suis assez effaré par la manière dont ils ont, en quelques épisodes, ruiné toute la dangerosité de la Main. Dans la saison 2 de Daredevil, elle était terrifiante et semblait sans limites. Dans Iron Fist, on en découvrait seulement une branche et c’était déjà dense. Dans The Defenders, on découvre les cinq doigts qui forment la Main et, mes mots sont durs mais je les trouve juste, ça casse le mythe. Seule Madame Gao réussit à convaincre, comme toujours. Problème, un index n’est rien sans les autres doigts.

J’ai même l’impression qu’au fur et à mesure que la saison avance, la Main s’est réduite à un simple gang de quartier malgré que leurs cinq chefs soient réunis. La Main a-t-elle claqué tout son budget dans les précédentes saisons ? Toutefois, tout n’est pas à jeter. Déjà, cela permet de découvrir l’objectif véritable de l’organisation et d’en connaître un peu plus sur son fonctionnement. J’ai trouvé cela intéressant. Seulement, il est dommage de s’être réduit à un simple affrontement direct alors que la logique aurait plutôt valu d’essayer de faire monter la sauce crescendo tel un serpent qui s’entoure autour de sa proie avant de serrer progressivement jusqu’à un final qui aurait opposé les Defenders aux chefs de la Main.

Au final, cela donne un groupe de vilain assez lambda n’ayant jamais provoqué chez moi l’inquiétude ou l’empathie. On sait comment ça va finir avant l’heure. Jamais, je ne me suis inquiété pour nos héros tant la Main semble faible. Non, mais sérieusement, cette Alexandra en Némésis ? Elle semble si fragile qu’elle donne l’impression qu’une simple bourrasque pourrait la faire tomber par terre pour la briser en mille morceaux.

Le meilleur personnage sur la photo n’est pas celui que j’imaginais.

Une réunion mitigée

Encore une fois, comme du côté des vilains, la réunion des héros m’a laissé avec un goût amer. Il y a du bon et du moins bon. Tout d’abord, j’ai adoré retrouver les quatre. Surtout que The Defenders peut être qualifié comme une nouvelle saison pour chacun d’entre eux. Si la première rencontre entre Luke Cage et Iron Fist est fendard, je regrette malgré tout l’absence d’alchimie entre les acteurs. La faute notamment à des dialogues assez pauvres. Aucune punchline réellement marquante à se mettre sous la dent. Pire même, on est goinfré d’une succession de punchlines tombant à plat. Mention spéciale à Jessica Jones en la matière. La pauvre risque de souffrir sévère pour capter l’attention dans sa deuxième saison, maintenant que Kilgrave n’est plus là. Au final, les seules alchimies réellement notables sont à attribuer aux duos Luke Cage/Jessica Jones et Matt Murdock/Jessica Jones (encore elle !). Elle a peut-être une chance.

Le pire reste malgré tout l’implication des acteurs principaux secondaires des séries solo comme Karen, Foggy, Misty, Malcolm et j’en passe. Une implication trop chargée, car d’un, elle ruine le rythme, de deux, c’est tellement forcé et banal que ça a fini par m’agacer et de trois, ça ne sert à rien. Heureusement que la Colleen Wing est là. Déjà indispensable dans Iron Fist, elle est le seul personnage secondaire à réellement avoir une utilité. Les showrunners ne se sont pas trompés avec elle. Je termine ce paragraphe avec une dédicace à Claire Temple. Bon là, sérieusement, je n’en peux plus. JE N’EN PEUX PLUS. C’est possible d’être aussi mauvais sans le faire exprès ?

Après Iron Fist, les combats ont-ils été rehaussés ?

On en avait pas mal parlé des combats sur la série consacrée au jeune milliardaire. Personnellement, j’avais plutôt aimé même s’il fallait reconnaître quelques faiblesses. Malheureusement, à part avec quelques coups d’éclat comme la classique scène d’action dans le couloir de l’épisode 3 Comportement déplorable, The Defenders suit le même chemin. La faute notamment à un Luke Cage et un Jessica Jones toujours aussi limités dans ce registre. Je me demande à chaque fois comme cette dernière réussit à tenir le coup face à des experts en arts martiaux. Ok, elle a une super force, mais c’est tout… C’est d’ailleurs ce point qui rend le suspense quasiment nul. En effet, comment s’inquiéter de leur sort quand ils ne semblent jamais mal en point.

Par ailleurs, c’est ambitieux de vouloir faire des plans-séquences de batailles avec les quatre héros qui se battent en même temps façon Avengers. Mais s’il vous plaît, faites en sorte qu’on ne voit pas que les coups sont portés à vingt centimètres du visage. Non seulement, ça rend la pirouette du cascadeur assez ridicule, mais en plus, ça me sort du combat. On pouvait imaginer qu’avec seulement huit épisodes, ils allaient en profiter pour les soigner, mais j’ai l’impression qu’ils semblent sans cesse pris par les temps et bouclent ces derniers le plus rapidement possible. Iron Fist n’est donc pas une erreur de parcours. Il serait peut-être temps de revoir le calendrier afin de laisser plus de temps aux techniciens de pondre des cascades dignes de ce nom ou d’embaucher des réalisateurs qui puissent les rendre immersifs. Car les deux premières saisons de Daredevil prouvent qu’ils peuvent le faire.

Après une petite pause réflexion, je pense que si Daredevil se montre aussi convaincant, c’est surtout parce que le costume lui permet une doublure efficace, alors qu’Iron Fist est entièrement visible. Pour preuve, l’un de ses meilleurs combats est lorsqu’il est affublé d’une capuche. Le doter d’un costume est alors plus qu’urgent.

Une réalisation classique, mais c’est quoi ce truc ridicule

Je termine cette critique à la hauteur de ma déception avec un mot pour ces séquences qui font l’intermédiaire entre deux scènes. Ces fameuses petites vidéos avec des plans furtifs de New York et du métro. Non, mais je trouve que c’est une faute de goût majuscule. Comment est-il possible de laisser de telles séquences dans un show majeur de 2017 ? Je m’étais cru revenu dans ma jeunesse, un vendredi soir sur France 2 devant un épisode de PJ… Celle de Saint-Martin.

Par qui compte sur le Punisher, le28 août 2017.

« Je ne suis pas sûr que tu sois aveugle. Il me semble t’avoir vu dans Downton Abbey et tu ne l’étais pas, non ? »

Conclusion

Je l’attendais comme l’apothéose des séries Marvel pour Netflix, mais finalement, The Defenders se révèle être celle que j’ai le moins aimé. Tout semble être monté trop vite et sans grande inspiration. Conclusion d’une intrigue amorcée dans la première saison de Daredevil, la série souffre d’antagonistes faiblards à l’exception d’Elektra, de combats coup-de-poing-dans-le-vide-mais-qui-fait-voler-le-cascadeur, d’une énorme faute de goût dans la réalisation (ces petites vidéos de New York faisant le liant entre deux scènes, my god), d’une écriture peu inspirée (alors que c’était justement le point fort de ces shows) et d’une absence de réelle alchimie entre tous les membres des Defenders. Au final, ça reste une sympathique saison typiquement Marvel pour Netflix. Ça se visionne en mode goinfre, mais malheureusement on en sort indemne. J’espère que, comme l’annonce la scène post-générique, le Punisher va rehausser le niveau de cet univers qui commence à tanguer dangereusement.

+

  • Retrouver tout ce joli monde dans une seule série
  • Huit épisodes avec un rythme soutenu, c’est l’idéal
  • Elektra superbement badass
  • Scène post-générique
  • Annonce de la nouvelle saga pour Daredevil

  • Antagoniste principale ratée
  • La Main perd beaucoup de son aura
  • Écriture sans éclat
  • Combats devant être plus soignés
  • Vidéos faisant le lien entre chaque scène superbement ringardes
7/10

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A propos de l'auteur : (2869 articles)

Fou de cinéma depuis qu'il a vu son premier film dans les salles obscures : Jurassic Park. Pleure quand le requin meurt dans Les Dents de la Mer. Plus tard au collège, il a succombé aux comics grâce (ou à cause) à un pote. Les jeux vidéo, il y touche depuis Les Schtroumpfs sur la Colecovision.

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