Critique : The Bling Ring

Sans arme, ni haine mais avec Louboutin

Fiche

D’après l’article de Nancy Jo Sales publié dans Vanity Fair
Titre: The Bling Ring
Réalisateur(s): Sofia Coppola
Scénariste(s): Sofia Coppola
Acteurs: Israel Broussard, Emma Watson, Taissa Farmiga, Claire Julien, Katie Chang, Georgia Rock, Leslie Mann
Titre original: Date de sortie: 12 juin 2013
Pays: États-Unis Budget:
Genre: Drame Durée: 1h30

À Los Angeles, un groupe d’adolescents fascinés par le people et l’univers des marques traque via Internet l’agenda des célébrités pour cambrioler leurs résidences. Ils subtiliseront pour plus de 3 millions de dollars d’objets de luxe : bijoux, vêtements, chaussures, etc. Parmi leurs victimes, on trouve Paris Hilton, Orlando Bloom et Rachel Bilson. Les médias ont surnommé ce gang, le « Bling Ring ».

The Bling Ring Photo
Les gangs de L.A. sont super dangereux, la preuve.

Critique

Après le somnifère Somewhere, Sofia Coppola avait fort à faire pour se faire pardonner. Personnellement, je pense que son plus gros problème, c’est qu’elle a frappé tellement fort d’entrée (l’hypnotisant Virgin Suicides et le superbe Lost in Translation) qu’elle a désormais du mal à répondre à l’attente qu’elle suscite.

Avec The Bling Ring, la réalisatrice ne prend pas trop de risques reprenant la sauce de son premier long-métrage en la remixant selon la mode Facebook. On suit alors Marc (Israel Broussard très crédible), un jeune adolescent se retrouvant poussé par Rebecca (Katie Chang) dans une succession de cambriolage. Premier point positif, les acteurs ont l’âge de leurs personnages, alléluia!

Le film ne suit pas vraiment une narration à proprement parler mais plutôt une succession de « sketches » censés représenter cette jeunesse abrutie par les médias et faisant de leurs idoles des personnes aussi abruties qu’eux (Paris Hilton, Lindsay Lohan, …).

« Avec The Bling Ring, Sofia Coppola ne prend pas trop de risques reprenant la sauce de son premier long-métrage en la remixant selon la mode Facebook. »

Si le début est fascinant par la facilité dont font preuve les jeunes pour cambrioler les maisons, il convient tout de même de dire que la suite finit par légèrement ennuyer. La faute à des personnages assez mous, des relations et des répliques réduites au strict minimum « t’es mon pote », « grave », « trop cool ». La banalisation des cambriolages finit nous détourner de l’injection d’adrénaline sans toutefois atteindre les tréfonds « somnifériels » de Somewhere, je vous rassure. Toutefois, le premier vrai cambriolage vaut le détour: la maison de Paris Hilton – et pour le fun, l’héritière blonde a laissé Sofia Coppola utiliser sa vraie maison. Après tout, il faut bien s’entraider entre fille de

Photo de The Bling Ring avec Taissa Farmiga et Emma Watson
J’ai envie de dire un truc cochon mais je vais m’abstenir (on n’est pas chez Spring Breakers).

The Bling Ring échappe à la dénivellation grâce à une Emma Watson fort éblouissante. L’actrice effectue ici un virage à 180 degrés pour s’éloigner du rôle qui a fait sa gloire, la prude Hermione. Elle incarne à la perfection toute l’essence malsaine de ces jeunes filles obsédées par la gloire quitte à dériver vers le n’importe quoi (sans la classe de Rémi Gaillard). Ses fausses interviews valent le détour par la mauvaise foi dont elles sont remplies et provoquent la stupeur : il faut vraiment y aller pour prendre les gens pour des aussi gros cons. Une performance de haut niveau même si la fameuse scène de lap-dance qui a éveillé les fantasmes de toute une génération Harry Potterienne est décevante et même pas sexy… Dommage.

On sourira un peu avec la présence de Taissa Farmiga, bien connue de ceux ayant visionné la première saison d’American Horror Story (absente de la deuxième, elle reviendra pour la troisième). Pour l’anecdote, Claire Julien, l’une des membres du Bling Ring, a joué le rôle d’une bonne dans The Dark Knight Rises, saurez-vous la retrouver ? Pour finir le tour du casting, Leslie Mann, absolument parfaite dans le rôle de la mère décervelée d’Hollywood.

« The Bling Ring échappe à la dénivellation grâce à une Emma Watson fort éblouissante. »

Les filles seront ravies en voyant les vêtements qui défilent, le nom des créateurs mais surtout par le dressing de la Paris. Chez moi, ça n’a rien provoqué sinon le désagréable sentiment d’être en train de faire du shopping avec ma moitié, une épreuve que j’abhorre (désolé chérie).

Le côté histoire vraie et la participation des stars comme Kirsten Dunst, Paris Hilton, Lindsay Lohan et Orlando Bloom permettent de donner beaucoup de cachet à cette histoire, là où Somewhere nous ennuyait avec ses stars inventées. Malheureusement, ça a un contrecoup, les faits deviennent incroyablement prudes, ne s’éloignant jamais de l’aseptisé probablement pour éviter tout procès ou éviter à Sofia Coppola de se mettre à dos ses « amis ». Tout le contraire de Spring Breakers dont il est très proche dans l’esprit malgré ses acteurs très moyens (Franco excepté).

Photo de The Bling Ring avec Emma Watson
Ah ouais quand même. Pas mal les jambes d’Hermione…

Conclusion

Sur fond d’histoire vraie, The Bling Ring présente la maladie qui gangrène Hollywood, un lieu où la gloire s’acquiert par la force de la bêtise. Toutefois, le nouveau Coppola trouve rapidement ses limites mais au moins, c’est mieux que le précédent.

+ – surprenante Emma Watson
– histoire vraie
– Israel Broussard
– répétitif
– pas de réelle narration
– limité
5/10

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