Critique : Sucker Punch

Le Maelström de l’imagination Snyder

 
Réalisé par Zack « ralenti-man » Snyder

Écrit par Zack Snyder et Steve Shibuya

Avec Emily Browning (la mignonne Violet Baudelaire, c’est elle), Abbie Cornish (avec son physique, on devrait la revoir très souvent), Jena Malone (27 ans et déjà une filmo longue comme celle d’un acteur chevronné), Vanessa Hudgens (High School Pouffe approved), Jamie Chung (une des filles incroyablement sexy de Rob Schneider dans Copains pour toujours), Carla Gugino (Watchmen et Sin City, on n’en jette pas plus), Scott Glenn (un physique reconnaissable entre mille mais un nom impossible à retenir, le second rôle par excellence), Richard Cetrone (pfff, sais pas qui c’est), Jon Hamm (un des acteurs qui monte, monte : Mad Men et The Town), Oscar Isaac (il aime bien être un mother fucker, vu en tant que Prince Jean dans le reboot de Robin des Bois)

Date de sortie : 30 mars 2011
Long-métrage américain
Genre : Fantastique, Action, Thriller
Durée : 1h50

Fermez les yeux. Libérez-vous l’esprit. Rien ne vous prépare à ce qui va suivre.
Bienvenue dans l’imaginaire débordant d’une jeune fille dont les rêves sont la seule échappatoire à sa vie cauchemardesque… S’affranchissant des contraintes de temps et d’espace, elle est libre d’aller là où l’entraîne son imagination, jusqu’à brouiller la frontière entre réalité et fantasme…
Enfermée contre son gré, Babydoll a toujours envie de se battre pour reconquérir sa liberté. Combative, elle pousse quatre autres jeunes filles – la timorée Sweet Pea, Rocket la grande gueule, Blondie la futée, et la loyale Amber – à s’unir pour échapper à leurs redoutables ravisseurs, Blue et Madame Gorski – avant que le mystérieux High Roller ne vienne s’emparer de Babydoll.
Avec Babydoll à leur tête, les filles partent en guerre contre des créatures fantastiques, des samouraïs et des serpents, grâce à un arsenal virtuel et à l’aide d’un Sage. Mais ce n’est qu’à ce prix qu’elles pourront – peut-être – recouvrer la liberté…

 
Je m’excuse par avance par l’extrême longueur de l’article mais comme dit l’adage : « Quand on aime, on ne compte pas ». Aussi la partie « Un film jeu-vidéo » est bourré de spoilers, il est conseillé de l’éviter avant la vision du film.

 
Le Maelstrom de l’imagination Snyder

Après un remake et trois adaptations, Snyder signe ici son film le plus personnel. En effet, c’est la première fois que Snyder met en scène une histoire qu’il a inventée et écrit le scénario (en collaboration avec Steve Shibuya).

Il en profite pour faire un mix de tous ses trips personnels que ce soit du côté du cinéma ou du jeu vidéo. Il en résulte non pas une œuvre bâtarde mais un enfant glouton qui va dévorer toutes les références pour déjecter son trip. Du coup, le film devient très personnel même trop pour être accessible à la majorité des spectateurs. Y seront les plus réfractaires les non-gamers (la plupart des critiques lus à droite et à gauche m’ont conforté dans cette idée).

 
Un film jeu-vidéo

Car Sucker Punch est un ultime trip de gamers. Il s’inspire même de la structure narrative d’un jeu vidéo à la manière de Scott Pilgrim Vs. The World (les références appuyés et l’humour en moins). On débute avec une excellente cinématique d’un quart d’heure mettant en place les enjeux dramatiques .On pénètre ensuite dans un hôpital psychiatrique que Silent Hill ne renierait pas.

Le film bascule dans l’imagination de Babydoll, un monde cabaret à la Moulin Rouge/Chicago avec des filles de joies aux charmes certains (j’ai craqué sur Amber). Les filles se concordent pour mettre à bien un plan pour s’échapper, quatre objet sont nécessaires pour acquérir la liberté. Une histoire que n’aurait pas renié 80% des jeux vidéos consistant à récupérer moult artefacts avant d’affronter le boss final (Zelda par exemple).

Les filles du cabaret dansent afin de satisfaire la libido des clients, il sera demandé à Babydoll de danser aussi. Au lieu de représenter la danse proprement dite, Snyder utilisera un artifice dont n’aurait pas renié Kingdom Hearts : à chaque danse, on pénètre un nouveau monde. Bien sûr ici, on n’ira pas visiter la plaine du Roi Lion ou le château de la Bête. On aura plusieurs niveaux correspondant chacun à un objet :

  • Didactiel: un monde féodale/polaire gardé par trois robots samouraïs. Difficile de ne pas penser à Ninja Gaiden/Onimusha.
  • 1er niveau (la carte) : un monde apocalyptique où des nazis zombis sont en guerre. Référence direct à Wolfenstein et Call of Duty (surtout son mode Zombie) avec un soupçon de Killzone pour le look des casques.
  • 2ème niveau (le feu): il ravira les fans d’Heroic Fantasy avec un imposant château, des orcs calqués sur ceux du Seigneur des Anneaux et un dragon référant directement à celui de Bilbo.
  • 3ème niveau (le couteau): Une seule et unique référence, impossible de ne pas la voir pour peu qu’on soit un minimum connaisseur du monde de jeux vidéos : la cinématique d’introduction de Final Fantasy XIII.
  • 4ème niveau (la clé) : le niveau le plus décevant car aucune scène associée, dommage.

 
Ma copine a eu une très bonne analyse sur la structure du film, elle n’est pas une gameuse mais en m’observant jouer, elle a vu en Sucker Punch un jeu vidéo film (d’où le titre en hommage) où les cinématiques sont formalisés par les scènes de parlotes et les séances in-game par chacune des danses de Babydoll où le joueur la prend en main pour affronter des samouraïs, un dragon, des orcs, des nazis et des robots.

Inutile de préciser que la maestria visuelle de Snyder a monté d’un cran. Difficile de ne pas être subjugué par la beauté certes artificielle mais réelle du Sucker Punch World.

 
Mais des défauts lourds

Au rayon des nombreux défauts de Sucker Punch, on pourrait parler d’une histoire un peu faible car trop calqué sur les jeux vidéos. 300 avait ce même problème mais il le compensait par un enjeu dramatique poignant.

Les combats sublimes techniquement ne disposent d’aucun suspense. C’est un peu le même problème que Superman, il explose les ennemis sans subir vraiment de dégâts. Les amazones de Sucker Punch survole les débats et ne sont que très rarement mises en défaut. Du coup, on ne s’inquiète plus vraiment de leur sort (à contrario du monde cabaret où elles sont faibles).

Au niveau des répliques, c’est du très basique. On n’en dispose d’aucunes marquantes comme « Tonight, we dine in Hell ». N’est pas Miller ou Moore qui veut. Dommage, surtout que ce genre de film repose beaucoup dessus pour accéder à un statut culte.

Les cinq filles sont beaucoup trop clichés pour parvenir à nous attacher pleinement. Hormis leurs beautés plastiques et la fragilité masquée de Babydoll, on nage en plein bad trip girl power pleureuse. Les deux seuls acteurs qui parviendront à s’échapper de cette platitude seront les deux rôles masculins, Oscar Isaac tellement bon dans les rôles de méchants détestables et Jon Hamm même si on ne le voit que quelques minutes parvient à nous captiver.

On est loin de Gerard « Léonidas » Butler et de la fascinante team Watchmen.

Pour finir, on pourrait aussi parler d’une fin décevante :

Spoiler

je m’attendais tellement à un combat final entre Babydoll et une vision chimérique de l’infirmier/mac. Quel déception que ce soit réglé par un simple coup de couteau dans l’épaule. Incompréhensible que Snyder ne l’ait pas mise en scène, ça aurait pu donner un combat démesuré à l’allure manichéenne façon 300.

 
Un ralenti, des ralentis, mais pourquoi tant de ralentis…

Pour ce qui est des ralentis, n’espérez surtout pas que Snyder ait réglé ce problème. On les voyait moins dans Le Royaume de Ga’Hoole mais ils sont de retour en force dans Sucker Punch (pas étonnant vu que notre ami adore utiliser ce procédé, c’est même devenu son image de fabrique). Alors les allergiques, évitez le film ou prenez des médicaments.

Personnellement, j’adore ce procédé. Je trouve que ça colle à la sensation d’adrénaline. Quand l’adrénaline monte, on sent que le temps ralentit, on devient capable d’analyser les évènements qui nous entoure. Ceux qui ont fait du sport vous le confirmeront.

Personnellement à chaque fois que je sautais pour aller marquer un panier en match, j’avais l’impression de voler durant quelques secondes alors qu’en temps réel, à peine une seconde s’est déroulé. C’est très grisant comme sensation et cinématographiquement, la sensation visuelle la plus proche est celle promulgué par Snyder.

Voilà pourquoi je fais partie des adorateurs de ce procédé surtout qu’il permet de bien décomposer les combats. J’imagine mal un combat sans adrénaline donc sans ralenti. De plus, pour ceux qui ont vu World Invasion/Transformers, vaut-il mieux des combats bordéliques ou structurés ?

Sucker Punch décompose chacun des mouvements de combat avec des plans superbes, on est bien loin du capharnaüm de World Invasion. Cela me permet aussi d’admirer chacun des plans de combat comme si on était sur un support papier où les héros prennent des poses stylées et renforcent la beauté du combat.

 

Du point de vue d’un gamer, Sucker Punch est une œuvre très prometteuse mais malheureusement pénalisée par ses nombreux défauts. Il en résulte une œuvre réussie mais qui n’arrive jamais aux monts auquel elle était promise.

L’œuvre la plus personnelle de Snyder et malheureusement sa moins réussie. Il ne laissera toutefois personne indifférent.

Sa scène culte : le film en est bardé. Chacun aura sa préféré.

Note : 6/10

affiche sucker punch

Publicités
A propos de l'auteur : (2786 articles)

Fou de cinéma depuis qu'il a vu son premier film dans les salles obscures : Jurassic Park. Pleure quand le requin meurt dans Les Dents de la Mer. Plus tard au collège, il a succombé aux comics grâce (ou à cause) à un pote. Les jeux vidéo, il y touche depuis Les Schtroumpfs sur la Colecovision.

Tu kiffes l'auteur ? Suis-le sur : Twitter ou Facebook.