Critique : Spider-Man: Homecoming

Retour à la maison

Fiche

Phase 3 du Marvel Cinematic Universe

TitreSpider-Man: HomecomingTitre VO
RéalisateurJon WattsScénaristes Jonathan Goldstein, John Francis Daley
Acteurs Tom Holland, Michael Keaton, Jon Favreau, Donald Glover, Jacob Batalon, Zendaya, Marisa Tomei, Robert Downey Jr.
Date de sortie12 / 07 / 2017Durée2h 13
GenreAction, Aventure, Science fictionBudget175 000 000 $

Après ses spectaculaires débuts dans Captain America : Civil War, le jeune Peter Parker découvre peu à peu sa nouvelle identité, celle de Spider-Man, le super-héros lanceur de toile. Galvanisé par son expérience avec les Avengers, Peter rentre chez lui auprès de sa tante May, sous l’œil attentif de son nouveau mentor, Tony Stark. Il s’efforce de reprendre sa vie d’avant, mais au fond de lui, Peter rêve de se prouver qu’il est plus que le sympathique super héros du quartier. L’apparition d’un nouvel ennemi, le Vautour, va mettre en danger tout ce qui compte pour lui…

« Mais qu’est-ce que tu fais, Peter ? Tu ne peux pas aller chez Marvel Studios, tu as été collé par Sony. »

Critique

En quinze ans, Spider-Man aura connu six films et deux reboots. Sauf que cette fois-ci, on peut aisément lui pardonner de repasser par la phase reboot, car il s’agit de revenir à la maison (d’où le sous-titre à double sens) en passant par la case Captain America: Civil War (et récupérer 200 euros de la banque ?). Ce dernier avait permis de découvrir un jeune et fringuant Spider-Man flanqué d’une superbe Tante May. Spider-Man: Homecoming offre de faire sa connaissance.

Un marketing qui en a trop dévoilé

J’étais très enthousiaste à l’idée de retrouver Spider-Man et je dois avouer avoir été déçu. La cause ? Il s’agit d’un blockbuster dont les meilleures idées ont été dévoilées sans vergogne par les bandes-annonces. Principalement pour les scènes d’action. C’est simple, sur grand écran, aucune ne semble inédite. C’est même le contraire. On pourrait facilement troller en disant que la bande-annonce propose plus d’éléments marquants sachant que le plan culte où Spider-Man et Iron Man voltigent ensemble n’apparaît pas dans le film. C’est sacrément dommage que Sony ait gardé la main sur le marketing quand on connaît l’excellent boulot de Marvel Studios dans ce domaine.

Logiquement, quand on dévoile d’office ses meilleures cartes, celles qui restent cachées sont moins excitantes. Mais il en reste des bonnes. Par exemple, cet amusant plan fixe où Spider-Man n’a plus d’immeubles pour l’aider à se mouvoir, ses diverses gaffes ou le passage « journée typique dans la peau du Spider-Man de quartier ». Sans oublier les discrètes références comme l’excitante mention faite par Aaron Davis (Donald Glover) et la version longue du passage filmé par téléphone. Par contre, le caméo de Stan Lee, c’est la panne. La panne d’idées.

Humour moins maitrisé qu’à l’accoutumée

Très souvent, l’un des points forts d’un Marvel Studios est son humour. Là, où je m’étais beaucoup marré sur le dernier, à savoir Les Gardiens de la Galaxie Vol. 2, je n’ai esquissé que quelques brefs sourires pour Spider-Man: Homecoming. Passons le fait que les meilleures blagues soient dévoilées par le marketing (je ne veux pas radoter) pour se concentrer sur le meilleur ami de Peter Parker : Ned Leeds (Jacob Batalon). S’il est amusant au début, il m’a vite donné des envies de buzzer façon un incroyable talent pour l’éliminer. Le mec est d’une lourdeur… euh, j’allais faire une blague limite, limite, j’ai réfléchi pour savoir si je la laissais ou non, et puis merde, je la fais… digne de son poids. C’est vraiment un humour de gamin dans la lignée du film Deadpool. J’imagine que les ados vont adorer, mais ne rentrant plus dans cette catégorie depuis belle lurette, à la longue, j’ai fini agacé.

Je l’ai été encore plus en découvrant qu’il monopolise la majeure partie de l’intrigue consacrée au lycée. Ironie du sort, c’était là où j’attendais le plus, le long-métrage de Jon Watts. Sur le terrain de John « Maman, j’ai raté l’avion » Hughes. Au final, déception. Pourquoi donc souligner au marqueur la référence à La Folle Journée de Ferris Bueller ? D’ailleurs, Deadpool en a fait une aussi. Coïncidence ? Je ne pense pas. La désillusion est d’autant plus forte car, au-delà de la multiethnicité faisant bien plaisir et collant à l’époque, tout n’est qu’un ramassis de clichés. Ça m’a dégoûté. En effet, la force d’un film de John Hughes, Breakfast Club en tête, était justement de réussir à les éviter. Au final, seul le personnage de Zendaya sort réellement du lot. Pour tout t’avouer, elle m’a fait sourire à chaque fois.

Faites-le taire, il critique mon film !

Tom Holland, le meilleur Spider-Man

Parmi les choses positives à retenir, c’est principalement Tom Holland. Il est absolument parfait en Spider-Man. Pourtant, il avait de la concurrence derrière même si je ne peux pas blairer celui de Tobey Maguire. Premier point non-négligeable, l’acteur est athlétique. Il se meut comme le Spider-Man des comics, là où ses prédécesseurs (surtout Tobey) avaient une sorte de balai dans le cul. Ainsi, la frontière entre Peter Parker et Spider-Man s’efface et ils deviennent une seule et même personne. Autre point important, il a l’âge (ou presque) de son personnage. Cela permet de replonger en 1962, l’année où le Tisseur est né. Au lycée. Avec quelques exceptions près, nouvelle époque oblige.

Rayon action, il récupère un joli moment de bravoure alors qu’il est au plus mal. Cette séquence m’a marqué, car en plus des frissons m’ont parcouru, elle met en valeur le fait qu’on soit en présence d’un jeune adolescent avec des pouvoirs. Pas d’un super-héros confirmé. Concernant le costume, j’adore. La décision d’avoir fait de Tony Stark son créateur rajoute beaucoup dans la crédibilité de celui-ci (et en plus, on nous file un beau easter egg). Dans les précédents Spidey, j’avais toujours du mal avec le costume collant impeccablement sans raison à la morphologie de l’acteur. Mieux, cela permet de garder quelques agréables surprises sous le coude.

Un Vautour voltigeant ?

Les vilains sont une de mes autres satisfactions du film. En effet, si le Vautour est le vilain principal. Il n’est pas seul. L’organisation derrière le Vautour est tout simplement ingénieuse, car elle enrichit la mythologie du Marvel Cinematic Universe. Dans les deux sens. Dans l’un, elle permet d’accoler l’univers de Spider-Man dans celui des Avengers. Dans l’autre, elle lui apporte une richesse supplémentaire et une prometteuse galerie de vilains. Surtout, ils ne semblent pas sortir de nulle part.

Je vais volontairement occulter les vilains secondaires pour préserver la surprise et me concentrer sur le principal : le Vautour de Michael Keaton. Verdict, j’ai bien kiffé. Pourtant, dans les comics, ce super-vilain se classe parmi les derniers dans ma liste des ennemis du Tisseur préférés. Il faut dire que l’acteur qui a été Batman et Birdman apporte pas mal en épaisseur à son vilain. Mais, il ne faut pas oublier le joli morceau que lui réserve le scénario en donnant un sens tout à fait compréhensible à ses motivations.

Iron Man: Homecoming

Iron Man: Homecoming ?

C’était l’une des blagues qui revenait le plus souvent durant la promotion du film. Surprise, Robert Downey Jr. n’apparaît que très peu. Environ quinze minutes sur les deux heures et quart du film. C’est essentiellement Happy Hogan (Jon Favreau) qui sera présent. Perso, j’étais ravi de retrouver un des membres-fondateurs du MCU. Par contre, j’ai été vachement dépité que la Tante May de Marisa Tomei n’ait pas droit à davantage de temps de présence à l’écran. Tout ça pour Ned 🙁 .

Par déçu de ne pas avoir eu son Spider-Man version John Hughes, le12 juillet 2017.

« Iron Man ? Je m’en fous. Je préfère Batman. »

Conclusion

Le Marvel Studios le plus proche de Spider-Man: Homecoming est sans hésiter Ant-Man. Avec des enjeux plus terre-à-terre (Spider-Man de quartier) qu’un film solo des Avengers, le film de Jon Watts délivre une aventure sympathique marquée par une intégration parfaite dans le Marvel Cinematic Universe tout en lui apportant beaucoup (nombre hallucinant d’easter eggs). Néanmoins, le problème est aussi dans le terme « aventure sympathique », car difficile de monter plus haut tant l’ensemble respire le déjà-vu dans les grandes lignes sans vraiment amener quelque chose de nouveau à l’inverse de Doctor Strange et Ant-Man. Bémol aussi pour l’humour moins réussi que d’habitude à cause d’une orientation plus gamin symbolisée par le meilleur ami, bien lourd, de Peter Parker, et la partie action sans surprise car dévoilée par les bandes-annonces.

+

  • Meilleur Peter Parker/Spider-Man
  • Le Vautour, plus intéressant que prévu
  • Easter eggs à gogo
  • Intégration dans le Marvel Cinematic Universe
  • Michelle par Zendaya
  • Fin géniale

  • Marketing qui en a trop montré
  • Ned Leeds, lourdingue
  • Partie lycée accumulant les clichés
  • Un des caméos les plus nuls de Stan Lee
6/10

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A propos de l'auteur : (2894 articles)

Fou de cinéma depuis qu'il a vu son premier film dans les salles obscures : Jurassic Park. Pleure quand le requin meurt dans Les Dents de la Mer. Plus tard au collège, il a succombé aux comics grâce (ou à cause) à un pote. Les jeux vidéo, il y touche depuis Les Schtroumpfs sur la Colecovision.

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