Critique : Miracle en Alaska

Tout le monde aime les baleines

Fiche

D’après le livre de Thomas Rose, Freeing the Whales, tiré d’une histoire vraie
Réalisateur: Ken Kwapis (Ce que pensent les hommes)
Scénariste: Jack Amiel, Michael Begler (ensemble, ils ont écrit Fashion maman et Raymond)
Acteurs: Kristen Bell (Scream 4), Drew Barrymore (Trop loin pour toi), John Krasinski (la série The Office), Dermot Mulroney (Le Territoire des Loups), Ted Danson (la série Les Experts), Vinessa Shaw (Two Lovers), Tim Blake Nelson, Stephen Root, Rob Riggle (21 Jump Street), John Michael Higgins (Nouveau Départ)
Titre original: Big Miracle Date de sortie: 18 avril 2012
Pays: USA, UK Budget: 40 000 000 $
Genre: Drame, Romance Durée: 1h47
Octobre 1988. Pour sauver trois baleines grises de Californie, piégées dans les glaces du Cercle arctique, un journaliste recrute son ancienne petite amie, une volontaire de Greenpeace.

Critique

Sorti discrètement au cinéma le 18 avril 2012, Miracle en Alaska ne bénéficie toujours pas de date de sortie en DVD/Blu-ray sur nos territoires où The Dark Knight Rises fait un carton. Heureusement qu’il y a l’import. Le long-métrage de Ken Kwapis raconte une histoire vraie, celle d’une mobilisation hors norme pour sauver trois baleines piégées par la glace en Alaska. Son nom est… l’opération Breakthrough. Son prix ? Un million de dollars. Le film a coûté quarante fois plus, ils auraient donc pu sauver encore plus de baleines au lieu de faire le film…

Pour cette aventure humaine qui aura marqué son temps et provoqué l’essor de Greenpeace, il semblait plus judicieux d’y revenir sous forme de documentaire plutôt que d’un long-métrage. Une réflexion se révélant correcte après visionnage car si le film se laisse regarder avec quelques fulgurances, il est beaucoup trop simpliste pour provoquer davantage. La faute à un scénario empilant les clichés (en même temps en voyant les précédents boulots des scénaristes), le héros partagé entre la bombe du coin et son ex, le « tout le monde est beau, tout le monde est gentil » à la fin même les russes, l’ouverture sur la culture de son peuple pour un jeune fasciné par le pays de l’Oncle Sam et j’en passe. Le film n’offre aucune surprise mais en même temps, c’est le principe du feel good movie, le spectateur doit savoir à quoi s’attendre avant de rentrer dans la salle.

Il faut tout de même avouer que cette histoire que ceux de ma génération ont zappé a de quoi fasciner et marque les premiers émois de la conscience écologique de la planète. Aussi, on est agréablement surpris de voir l’effort déployé pour sauver ces trois baleines tout en étant effaré, pourquoi ces trois baleines et pas ces enfants coincés au Darfour. Au moins, la réalisation ne nous efface pas la conscience politique inexistante et davantage intéressé par le médiatique que l’humain. Difficile de ne pas être ému du destin de Putu, Siku et Kanik (noms inuit des baleines) surtout lors d’un gros moment tragique:

Spoiler

La mort du bébé baleine.

Notons aussi l’absence de vraies baleines au tournage (c’est la SPA qui est contente). En même temps, allez les diriger… L’utilisation d’animatroniques pour les phases autour du trou où les baleines viennent récupérer de l’air allié à des images de synthèse pourrait être correcte si ce n’est que les images de synthèse sont assez limites. Parfois beau, les phases sous la mer surtout la rencontre sous-marine avec Drew Barrymore mais aussi laid dès que les baleines s’approchent quelque peu de l’écran.

L’ensemble du casting est décevant surtout les rôles principaux. Drew Barrymore ne surprend plus depuis des années même si sa bouille reste agréable à regarder. Kristin Bell et John Krasinski sont coincés par les limites de leurs rôles clichés au possible. Le summum est atteint où John Krasinski est ému par un discours que tient Drew Barrymore devant la caméra, risible au possible et over the top.

Conclusion

Miracle en Alaska bénéficie beaucoup de son histoire vraie qui émouvra le grand public par contre difficile de ne pas lui reprocher un scénario indigeste et des acteurs en dessous de ce dont ils sont capables d’offrir.
+ – Histoire vraie – Les acteurs
– Le scénario
5/10

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