Critique : Marvel’s Luke Cage – Saison 1

« Toujours avancer »

Fiche

Intégré au Marvel Cinematic Universe
TitreLuke CageTitre VOMarvel’s Luke Cage
CréateurCheo Hodari Coker
Acteurs Mike Colter, Simone Missick, Theo Rossi, Alfre Woodard, Rosario Dawson, Mahershala Ali
Saison1Nombre d’épisodes13
Date de sortie30 / 09 / 2016Format55 mn
GenreAction, Drame, Policier, Science fiction, ThrillerChaîne:Netflix

Transformé en colosse surpuissant à la peau impénétrable après avoir été le cobaye d’une expérience sabotée, Luke Cage s’enfuit et tente de recommencer à zéro dans le Harlem d’aujourd’hui, à New York. Bientôt tiré de l’ombre, il va devoir se battre pour le cœur de sa ville dans un combat qui l’oblige à affronter un passé qu’il espérait avoir enterré.

Bienvenue à Harlem.

Critique

Il était le super-héros avec qui Quentin Tarantino rêvait de réaliser un film. Il était le super-héros icône de la blaxploitation (courant culturel au cinéma américain des années 70 mettant les Afro-Américains au premier plan), bénéficiant du titre du premier personnage afro-américain à obtenir sa propre série en comic. Il était le super-héros qui avait fait son effet dans Jessica Jones au point de voir la sortie de sa série avancée, grillant ainsi la priorité à son meilleur ami Iron Fist. Lui, c’est Luke Cage, et voici la critique de sa première saison.

À mes yeux, Luke Cage est une série plus risquée que Daredevil et Jessica Jones. Le premier est un super-héros dont la popularité n’est pas à démentir grâce à un charisme à toute épreuve et des vilains mémorables (sans oublier le film avec Ben Affleck qui avait permis d’introduire le personnage auprès du grand public). La seconde avait connu un magnifique run de Brian Michael Bendis ayant permis à ce dernier d’obtenir deux Eisner Award. Donc autant dire que la super-héroïne détective se basait sur un matériau plus que solide.

Un super-héros n’ayant pas vraiment brillé en solo

De son côté, Luke Cage n’aura que rarement marqué dans ses aventures en solo. Le personnage n’est jamais aussi brillant que quand il est rattaché avec d’autres super-héros. Par exemple avec Iron Fist avec qui il partage l’affiche des séries Power Man and Iron Fist et Heroes For Hire. Des aventures dont je n’ai quasiment rien lu étant donné leur ancienneté. Mes seules lectures qui ont impliqué le super-héros d’Harlem englobent Alias (la série de Bendis sur Jessica Jones), New Avengers et Thunderbolts. C’est donc avec enthousiasme que je me suis lancé sur cette série basé sur un personnage dont je ne savais finalement pas grand-chose sinon les grandes lignes d’une encyclopédie Marvel.

La blaxpoitation a le vent en poupe chez Netflix

Ce qui frappe d’emblée sur les premiers épisodes, c’est le côté très blaxpoitation de la série. Il faut vraiment chercher les blancs dans la série et ça, ça fait plaisir ! La culture afro-américaine est très mise en avant via de très nombreuses références. Ce n’est forcément novateur, car Netflix avait sorti une série presque similaire quelques mois auparavant avec The Get Down, mais ça permet de marquer une vraie rupture par rapport à Daredevil et Jessica Jones.

Quoiqu’il en soit, les deux premiers épisodes de la série sont un petit bijou en plein cœur d’Harlem et surtout qui respirent Harlem que ce soit via les décors ou les personnages. Par ailleurs, Pop (Frankie Faison de Banshee) est un superbe personnage. Il incarne ce Harlem rêvé.

Luke, ce briseur de cœurs.

Une trop longue durée

Par la suite, la série baissera un peu en rythme, comme si elle hésitait à accélérer pour ne pas griller tout son script jusqu’à la fin de la saison. Un reproche que j’adresserais surtout au format treize épisodes de Netflix. Je trouve ce nombre trop long à moins de faire comme la saison 2 de Daredevil en divisant sa saison en deux histoires.

De plus, il y aussi une certaine redite par rapport à la condition vigilante de Luke Cage. Ce point avait déjà été débattu, en effet, New-York n’en est pas à sa première affaire. Daredevil, quoi ! C’est un reproche que j’adresserais aux séries Netflix, de trop vouloir faire en sorte que ses super-héros fonctionnent indépendamment. Au détriment même de la logique. Certes, c’est bien joli de citer les autres, mais pendant presque toute la saison de Luke Cage, je me demandais pourquoi le personnage ne parlait jamais ouvertement de Jessica Jones… Le pire, c’est la disparition de la moto… WTF ?!

Ce twist qui a tout changé

Sauf que Luke Cage apporte un excellent twist qui bouleverse les enjeux et amène une passionnante deuxième partie bien supérieure à la première, car elle nous sort des travées déjà aperçues dans les autres séries Marvel de Neflix. C’est donc la surprise qui prédomine dans cette deuxième moitié de saison, rendant ainsi la chose bien plus passionnante.

On notera aussi l’intelligence du récit qui amène des points pouvant mettre à mal un super-héros indestructible. Notamment du côté de la politique, un des rares points où les pouvoirs de Luke Cage ne servent à rien. Ce côté politique représenté par le personnage de Mariah Dillard (Alfre Woodard) permis d’exacerber ce sentiment, si révulsant, d’impuissance.

Misty Knight, héroïne à louer

On retrouve aussi un côté policier via le personnage de Misty Knight (Simone Missick). Avec un ton parfois proche de The Wire (c’est surtout flagrant sur un épisode), les enquêtes de l’inspectrice permettent d’épaissir le côté policier de la série. Un point aussi absent des autres séries Marvel. Le soin apporté à l’écriture permet de rendre le personnage de Misty vraiment intéressant, car elle n’est pas sans défaut. Et c’est dans ses moments de faiblesse qu’elle sera la plus passionnante. À noter deux excellents clins d’œil à sa condition de super-héroïne dans les comics. Bonne nouvelle, l’actrice a confirmé qu’elle reviendrait pour The Defenders.

Là, on comprend bien qui est le King.

Dans le côté obscur, personne n’arrive au niveau du Caïd et Kilgrave

Du côté des bad guys, la tête de proue sera Cornell ‘Cottonmouth’ Stokes (Mahershala Ali). Même si le personnage est bien écrit et dispose d’un background insolite le détachant des vilains classiques, il est trop dans l’ombre de Wilson Fisk pour être réellement marquant comme l’ont été Le Caïd et Kilgrave. Fort heureusement le fameux twist dont j’ai parlé quelques paragraphes au-dessus règle ce problème. Je n’en dis pas plus pour spoiler, car c’est évident de savoir de quoi je parle après avoir vu la saison. Mais il faudra tout de même reconnaître que Le Caïd et Kilgrave restent au-dessus du lot.

Avant de terminer cette critique, il reste trois points à voir, Mike Colter, l’action et la réalisation. On va commencer par le troisième sujet pour le boucler rapidement. En effet, il n’y a pas grand-chose à dire étant donné qu’on est dans le pur style de Netflix, donc techniquement, c’est très solide et les nombreux tournages dans la ville contribuent à donner de l’authenticité à l’ensemble.

Daredevil reste au-dessus du game

Par contre, je vais avouer que j’ai été surpris par l’action. C’était étonnant de découvrir que contrairement à ce que pouvait laisser penser la bande-annonce, l’action dans Luke Cage est très réduite. Le personnage est si puissant qu’il règle rapidement la plupart des problèmes (rendant justement cette première partie peu emballante). De plus, c’est dommage d’avoir révélé la quasi-intégralité de la « scène du couloir » dans la bande-annonce. Heureusement, le climax de la saison nous offrira un bon combat. Pour conclure, Daredevil reste au-dessus du game en attendant Iron Fist.

Quant au Luke Cage de Mike Colter. Si je trouvais l’acteur assez charismatique dans le rôle, je regrettais de le trouver aussi monolithique dans Jessica Jones. S’il se déride dans la première partie de la saison, il ne sera jamais aussi meilleur que dans la deuxième où il sort quelques excellentes répliques pince-sans-rire réellement drôles dont un mémorable « Qui êtes-vous ? ». Plus les épisodes défilent, plus on s’approche du Luke Cage des comics. Cette masse immense invincible n’hésitant jamais à balancer des répliques badass tout comme les poings.

La pierre angulaire des Defenders

Ah oui, j’oubliais Claire Temple (Rosario Dawson). Alors, pour ce coup-ci, je pense que je vais en choquer certains, mais elle m’a gonflé. Le personnage est fade. Même si elle est présente dans toutes les séries Marvel, elle n’évolue pas d’un iota. Elle partage aussi un truc avec Luke qui m’a vraiment choqué. Mais bon, sur ce coup, c’est le puriste du comic qui parle. À noter une petite référence à Iron Fist avec Claire confirmant ainsi que cette femme sera bien la pierre angulaire entre les quatre super-héros Netflix. Je vois bien un truc comme sa mort pour lancer les Defenders comme un certain Fils de Coul l’avait fait en son temps pour les Avengers.

Pour finir, une anecdote amusante. Le samedi après-midi suivant la sortie de Luke Cage, les serveurs Netflix ont planté pendant deux heures. L’effet Cage ?

Par qui cherche sur le net un pull à capuche criblé de trous pour se la jouer Cage, le2 octobre 2016.

Quand Luke Cage fait de la muscu.

Conclusion

À mon humble avis, Luke Cage n’arrive pas au niveau de Daredevil qui reste la meilleure série super-héroïque, mais se hisse à celui de Jessica Jones. Toutefois, la série très marquée par la blaxpoitation se démarque suffisamment de ses confrères super-héroïques pour apporter sa propre pierre angulaire à l’univers Marvel de Netflix. Ainsi, chacun pourra avoir ses propres préférences et, évidemment, le visionnage est indispensable.

+

  • Deuxième partie de la saison
  • Épisode des origines avec le costume « classique »
  • Références
  • Dernière apparition de Misty Knight
  • Écriture, entre les références et le soin apporté à la psychologie des personnages (bien loin d’être manichéens)

  • Première partie de la saison (en omettant les deux premiers épisodes) trop classique, avec des sujets déjà abordés chez Daredevil
  • Pas de vilain à la hauteur de Fisk ou Kilgrave
  • Claire Temple
  • Cohérence bizarre avec Jessica Jones
8/10

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A propos de l'auteur : (2920 articles)

Fou de cinéma depuis qu'il a vu son premier film dans les salles obscures : Jurassic Park. Pleure quand le requin meurt dans Les Dents de la Mer. Plus tard au collège, il a succombé aux comics grâce (ou à cause) à un pote. Les jeux vidéo, il y touche depuis Les Schtroumpfs sur la Colecovision.

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