Critique : Le Jour où je l’ai rencontrée

Non, il ne s’agit pas de la mère

Fiche

Réalisateur Gavin Wiesen
Scénariste Gavin Wiesen
Acteurs Freddie Highmore (la trilogie Arthur et les Minimoys), Emma Roberts (Scream 4), Michael Angarano (Le Royaume interdit), Elizabeth Reaser (Young Adult), Sam Robards, Alicia Silverstone, Blair Underwood, Rita Wilson (Il n’est jamais trop tard)
Titre original The Art of Getting By
Pays USA Date de sortie 2 mai 2012
Genre Drame, Romance Durée 1h23
George, un adolescent intelligent et solitaire est allé jusqu’en terminale, et ce malgré le fait qu’il n’ait jamais rendu un seul de ses devoirs. Il rencontre Sally, la reine de beauté de l’école qui cache sa mélancolie derrière le masque de la popularité. Un étrange lien va se nouer entre eux.

Critique

Le Jour où je l’ai rencontrée est un film romantique dont le but est de capter l’air du temps. D’un temps où les hésitations sont fortes, où on ne sait pas de quoi la vie est faite, un temps que tout le monde a traversé un jour dans sa vie ou va le traverser. C’est le cas pour Georges, jeune surdoué en proie à de terribles angoisses existentielles qui ne sont pas sans rappeler celles d’Oskar, autre enfant troublé par des questions existentielles et héros du film Extrêmement fort et incroyablement près.

Pour incarner Georges, le garçon qui monte, monte depuis qu’il a incarné Arthur dans la trilogie des morpions de Luc Besson. Au lieu de s’enterrer comme les autres acteurs de son âge qui n’ont jamais su ou voulu persister dans le cinéma, Freddie Highmore arrive à se constituer une filmographie consistante. Dans le film du jour, il arrive à amener son jeu tout en finesse pour faire de Georges un garçon à la fois agaçant mais touchant. Malgré tout, je lui reproche un faciès mono-expressif, c’est plus dans son regard qu’il faudra se plonger pour discerner les variations de son jeu.

En face, la jeune femme, Emma Roberts, déjà vue dans Scream 4 mais aussi le très bon It’s kind of a funny story dont le synopsis ressemble beaucoup. On sent le penchant pour la demoiselle pour les histoires d’amour tristes, romantiques et aussi profondément réalistes. Malgré tout, là où It’s kind.. surprenait par le choix du lieu (un hôpital psychiatrique) et ses acteurs portés par un Zack Very Bad Trip Galifianakis en pleine forme. Le Jour où je l’ai rencontrée peine à exister en dehors de ses acteurs, accumulant les rôles secondaires clichés et peu intéressants (hormis peut-être la mère de Georges).

Oui, le film peine beaucoup en dehors de la relation qui relie ses deux acteurs principaux, une relation ambiguë, pleine de non-dits, sadique dont un plan marque l’apothéose: suite à une dispute, les deux personnages se croisent dans la rue et font mine de ne pas se connaître. Un plan tellement puissant car elle fera appel à nos souvenirs les plus douloureux d’une histoire d’amour qui ne s’est pas terminée ou qui est morte-née.

Le gros problème de Le Jour où je l’ai rencontrée en plus des personnages secondaires et son scénario classique (même si sa sincérité fait plaisir) demeure dans la réalisation trop plate, n’arrivant jamais à se sublimer hormis sur le plan cité dans le paragraphe ci-dessus. Puis bon, le héros principal est agaçant. Le genre d’ado qui passent la moitié de son temps à se lamenter et à errer comme une âme en peine dans la rue ou dans sa chambre. Là où le film surprend, c’est par l’incroyable souplesse des professeurs et du proviseur. Une souplesse qui parait presque aussi surréaliste qu’un docteur qui se transforme en monstre tout vert.

Dans le style film scolaire, on a vu bien mieux comme Coach Carter avec Samuel L. Jackson par exemple. Dans le style comédie romantique sur fond existentialiste, It’s kind of a funny story est meilleur mais malheureusement n’aura pas eu l’honneur de sortir dans nos salles. Dommage surtout quand Le Jour où je l’ai rencontrée y a eu droit.

Pour ceux qui n’ont pas compris le titre, c’est juste une allusion au sitcom How I Met Your Mother (Comment j’ai rencontré votre mère en français).

Conclusion

Le film lorgne par moment la falaise du pathos tout en prenant garde à ne jamais tomber dedans, il offre une histoire d’amour sincère et probablement inspirée du vécu de l’auteur toutefois n’arrive jamais à s’extirper des clichés classiques du genre, la faute à un scénario assez convenue, des personnages secondaires peu développés donc inintéressants et une réalisation banale.
+ – Emma Roberts
– quelques instants superbes mais fugaces…
– … pour de nombreuses scènes clichées
– des seconds rôles foirés
– on pense beaucoup à It’s kind of a funny story
5/10
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