Critique : Jason Bourne

Affiche française du film Jason Bourne réalisé par Paul Greengrass, d’après un scénario de Paul Greengrass et Christopher Rouse, avec Matt Damon et Alicia Vikander

Le Bourne de trop ?

Fiche

TitreJason Bourne
RéalisateurPaul Greengrass
ScénaristePaul Greengrass, Christopher Rouse
ActeursMatt Damon, Tommy Lee Jones, Alicia Vikander, Vincent Cassel, Julia Stiles, Riz Ahmed
Titre originalDate de sortie10 / 08 / 2016
PaysÉtats-UnisBudget120 000 000 $
GenreAction, ThrillerDurée2h 03

La traque de Jason Bourne par les services secrets américains se poursuit. Des îles Canaries à Londres en passant par Las Vegas…

Photo de Jason Bourne avec Matt Damon
Jack ? Jack Bauer ? C’est toi ?

Critique

Après trois films et un spin-off, la saga Bourne revient avec son acteur fétiche Matt Damon et surtout Paul Greengrass, première condition posée par l’acteur pour rempiler. Il faut dire que le meilleur ami de Ben Affleck a une affection particulière pour le réalisateur vu que Jason Bourne est leur quatrième film ensemble après La Mort dans la peau (2004), La Vengeance dans la peau (2007) et Green Zone (2010).

Autant vous le dire tout de suite, la saga Bourne n’est pas trop ma tasse de thé. Ayant vu les épisodes bien après leurs sorties, je n’ai pas été frappé de plein fouet par la mue qu’ils apportaient au genre (entre-temps, j’avais eu droit à Casino Royale et 24). Concernant le spin-off avec Hawkeye, il était assez moyen. Bref, ce n’est pas forcément avec un enthousiasme débordant que je suis allé voir le dernier-né de l’herbe verte.

Bourne 2.0

Au final, je n’ai été ni conquis, ni dégoûté. J’ai juste la sensation d’avoir passé un bon moment, mais en me levant de mon fauteuil, j’étais déjà passé à autre chose. Il faut dire que Jason Bourne n’offre rien de spécialement emballant. J’ai beaucoup aimé le côté très réaliste des opérations de la CIA avec des logiciels haut de gamme à l’interface intuitive. J’ai été particulièrement touché par le côté urbain de l’histoire magnifié par une réalisation « documentaire ». C’était une sensation très bizarre, mais j’avais l’impression d’y être. D’autant plus que tous les lieux où se déroule le film, j’y ai été.

Trop d’action tue l’action

Là où le cinquième Bourne met vraiment l’accent, c’est au niveau des scènes d’action. Le tout sans (presque) effets numériques. Dès lors, c’est un peu comme sur Mad Max: Fury Road, j’ai été bluffé puis j’ai ressenti une lassitude. À trop faire d’action, l’impact se dilue. C’est surtout vrai lors du climax où la course-poursuite s’éternise. C’est agaçant aussi parce qu’au bout du compte, le film se résume à un jeu du chat et de la souris sur deux heures et les scènes d’action ne se renouvellent quasiment pas. C’est dommage, car le réalisateur et son équipe avaient réussi à installer une vraie tension nerveuse en dépit d’une issue prévisible. Aussi, le passage à Athènes est vraiment impressionnant.

Malgré des sujets très actuels, difficile de ne pas pester devant l’ultra-simplification de l’intrigue où les méchants sont vraiment des méchants pas gentils. Un propos plus nuancé aurait été appréciable. Le summum de cette caricature intervient avec le personnage du frenchie Vincent Cassel. Je résume : le mec est un espion de la CIA, donc ce que j’imagine être le Zlatan des espions, sauf que le mec sème autant de cadavres sur son sillage que le Petit Poucet de morceaux de pain. Niveau finesse, c’est l’équivalent d’un parkinsonien en train de coudre avec une aiguille. Et je ne parle même pas de ses motivations plus que douteuses… Fort heureusement, c’est contrebalancé par une Alicia Vikander toute en nuance, même si son expression faciale est digne de celle du Terminator. Si Jason Bourne, le personnage d’Alicia Vikander et le Terminator jouaient au jeu de la barbichette, on serait tous morts avant d’en voir l’issue.

Par faisant une overdose d’action, le10 août 2016.

Photo de Jason Bourne avec Alicia Vikander et Tommy Lee Jones
« Message pour tous les agents. Une burne se balade librement ! »

Conclusion

Le Bourne de trop ? La question mérite d’être posée tant la nouvelle collaboration entre Matt Damon et le réalisateur Paul Greengrass est banale. Doté d’une intrigue trop simpliste, de personnages caricaturaux et d’un trop plein d’action (oui, moi, Marvelll 1er du nom, proclame qu’il y a trop d’action dans ce film, incroyable mais vrai). Bref, le plaisir d’une séance (l’action est quand même excellente par moments), mais vite oublié une fois sorti de la salle.

+

  • L’action…
  • La course-poursuite d’Athènes
  • Ambiance urbaine très réussie

  • … sauf qu’il y en a un peu trop
  • Intrigue très sommaire
  • Trop de caricatures
5/10

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