Critique : Invisible Man

Enfin le vrai retour du monstre Universal

Fiche

TitreInvisible ManTitre VOThe Invisible Man
RéalisateurLeigh WhannellScénaristeLeigh Whannell
ActeursElisabeth Moss, Oliver Jackson-Cohen, Harriet Dyer, Aldis Hodge, Storm Reid
Date de sortie26 / 02 / 2020Durée2h 04
GenreHorreur, Mystère, Science fiction, ThrillerBudget7 000 000 $

Cecilia Kass est en couple avec un brillant et riche scientifique. Ne supportant plus son comportement violent et tyrannique, elle prend la fuite une nuit et se réfugie auprès de sa sœur, leur ami d’enfance et sa fille adolescente. Mais quand l’homme se suicide en laissant à Cecilia une part importante de son immense fortune, celle-ci commence à se demander s’il est réellement mort. Tandis qu’une série de coïncidences inquiétantes menace la vie des êtres qu’elle aime, Cecilia cherche désespérément à prouver qu’elle est traquée par un homme que nul ne peut voir. Peu à peu, elle a le sentiment que sa raison vacille…

Critique

De Jigsaw à l’homme invisible

Le réalisateur d’Invisible Man, Leigh Whannell, n’est pas un amateur dans le genre horrifique. S’il est connu pour ses travaux en tant que scénariste et depuis peu, comme réalisateur, il est amusant de remarquer qu’il a commencé sa carrière en étant un des personnages principaux du premier Saw (2004) dont il est également scénariste. C’est avec ce film qu’il est devenu proche de James Wan qu’on ne présente plus. Ensemble, ils ont ensuite aligné Dead Silence (2007) puis mis en place la saga Insidious (2010).

Leigh Whannell a finalement pris son envol derrière la caméra en mettant en scène l’étonnamment convaincant Insidious: Chapitre 3 (2015). J’en ai été surpris car en général quand le réalisateur attitré d’une franchise, James Wan donc, se barre, la qualité de celle-ci est en pleine chute libre. Il a finalement explosé avec l’excellent Upgrade (2018). Invisible Man est son troisième long-métrage. L’heure de la confirmation ?

Ça suffit les conneries avec les monstres Universal

Après deux tentatives foirées pour lancer des franchises autour de ses monstres, successivement avec Dracula Untold (2014) puis La Momie (2017), Universal a calmé le jeu et a confié les rênes au solide Jason Blum. Cette fois-ci, il n’est plus question de s’entêter à lancer une franchise, mais de confier ses créatures emblématiques à des réalisateurs ou des scénaristes qui tenteront de faire des trucs sympathiques. Premier à s’y mettre, Leigh Whannell donc avec le mythe de l’homme invisible. La bonne formule ?

Hollow Man inversé

Quand je pense à l’homme invisible, ce qui me vient en premier, c’est le film de Paul Verhoeven, Hollow man – L’homme sans ombre, sorti en 2000. Dans celui-ci, Kevin Bacon mettait au point une technologie pour devenir invisible et comme on est dans un Verhoeven, ça part clairement en couille. Le Kevin se met alors à mater des meufs dans leur intimité avant d’aller carrément les violer. À l’époque, j’avais été sacrément impressionné par les effets spéciaux et le délire borderline. Bref, j’avais kiffé.

Si j’en parle, c’est parce que c’est assez amusant d’en faire la parallèle avec la vision de la créature de Leigh Whannell. Car si dans Hollow Man, on suivait le point de vue du monstre, dans le film du jour, on se place du côté de la victime : Cecilia Kass.

En général, les tueurs sont toujours plus intéressants à suivre, du coup, je ne savais pas trop comment prendre l’info. Toutefois, bonne nouvelle, le personnage joué par l’excellente Elisabeth Moss échappe à tous les clichés inhérents au genre. On est à des lieux de la potiche qui tombe dans tous les pièges. Au contraire même, on assiste à un véritable duel où chacun rend les coups. L’actrice va jusqu’à livrer des séquences où elle devient captivante. Il n’y a pas de miracle dans les films de genre, il faut des bons personnages et c’est le cas ici.

Action et twist confirment Whannell

Si la structure du film n’a rien de surprenant, néanmoins, j’ai envie de souligner ses excellents twists qui redynamisaient à chaque fois mon attention. Il y a même un qui m’a laissé pantois. Résultat, il y a un bon suspense qui perdure tout au long de la séance et les temps morts sont assez rares. Leigh Whannell va même jusqu’à invoquer son précédent long-métrage, Upgrade, durant une scène d’action diablement excitante. Un point m’a par contre déplu, je trouve Invisible Man trop long pour ce qu’il a à raconter.

En tout cas, pour répondre à la question ouverte au début de la critique, oui, le bonhomme qui a lancé sa carrière en victime du tueur Jigsaw confirme qu’il est désormais un réalisateur à suivre. Du coup, s’avoir qu’il s’est attelé au reboot de New York 1997 (1981) a quelque chose d’enthousiasmant.

Par content de voir un monstre Universal à ce niveau.

Conclusion

Nouvelle lecture moderne du monstre Universal classique, l’homme invisible échappe à la funeste destinée de ses deux prédécesseurs, Dracula et la Momie, en étant au cœur d’un bon film signé Leigh « Upgrade » Whannell. Mention spéciale à Elisabeth Moss, vraiment excellente tout le long.

+

  • Enfin un bon film pour un monstre Universal
  • Scène d’action de l’hôpital
  • Elisabeth Moss tient parfaitement le film sur ses épaules

  • Trop long
7/10

Attention, un intrus s’est glissé dans la galerie ci-dessous (qu’est-ce que j’aurais kiffé de voir cette version) :

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