Critique : Comment je suis devenu super-héros

Julie Lescaut chez les super-héros

Fiche

Titre Comment je suis devenu super-héros Titre VO
Réalisateur Douglas Attal Scénaristes Douglas Attal, Mélisa Godet, Charlotte Sanson
Acteurs Pio Marmai, Vimala Pons, Benoit Poelvoorde, Leila Bekhti, Swann Arlaud
Date de sortie09 / 07 / 2021 (Netflix) Durée1h 37
GenreAction, Aventure, Comédie, Drame, Fantastique, Thriller Budget15 000 000 $

Paris 2021. Dans une société où les surhommes sont banalisés et parfaitement intégrés, une mystérieuse substance procurant des super-pouvoirs à ceux qui n’en ont pas se répand. Face aux incidents qui se multiplient, les lieutenants Moreau et Schaltzmann sont chargés de l’enquête. Avec l’aide de Monté Carlo et Callista, deux anciens justiciers, ils feront tout pour démanteler le trafic. Mais le passé de Moreau ressurgit, et l’enquête se complique…

Critique

Un film de super-héros à la française. Hum, voilà ce qui annonce un programme alléchant. Après tout, on avait bien eu une très bonne série : Hero Corp. Cette dernière avait su ajouter une touche frenchie enrobée d’humour au mythe des hommes et femmes en collants. Même succès pour le cinéma super-héroïque avec Comment je suis devenu super-héros ?

Pour l’histoire, cette réalisation de Douglas Attal (premier long-métrage, grosse pression donc) devait sortir au cinéma puis Covid machin truc, il a été rachetée par Netflix. Un rachat particulièrement cocasse quand on sait qu’il a été diffusé le 7 juillet alors que les cinémas de l’hexagone étaient ouverts depuis plus d’un mois.

Téléfilm à gros budget

Après avoir vu le long-métrage, je me dis qu’au final, ce n’est pas plus mal que ça vu la qualité du produit. Au moins, il a évité la concurrence de Black Widow. Je vais être violent, mais à mon goût, on est plus proche du téléfilm que d’un véritable film. Bref, on est bien dans la lignée des films médiocres de Netflix. Attention, la qualité des effets spéciaux n’est pas à remettre en cause malgré un gros loupé à la fin (moment où le budget n’arrive plus à suivre les ambitions du scénario). C’est davantage l’histoire et le jeu d’acteurs qui sont à remettre en cause.

Sincèrement, avec Comment je suis devenu super-héros, j’ai eu l’impression d’être en train de regarder un épisode Julie Lescaut ou Navarro. Oui, oui, mes références datent un peu, mais que voulez-vous, j’ai complètement déserté TF1 et compagnie sauf pour les matchs de l’équipe de France. Bref, on a une enquête policière reposant sur des adolescents à problème et de la drogue. Ce n’est pas chiant à suivre, mais bon, il n’y a rien d’ouf. Si on enlève l’enrobage super-héroïque, ce serait vraiment un produit TF1.

Au final, la seule chose que j’ai bien aimée concerne le rôle et la prestation de Benoît Poelvoorde. Un super-héros mis sur le banc de touche, mais n’arrivant pas à s’y résoudre. Mention spéciale pour ce moment émouvant devant les résultats des votes désignant le super-héros le plus populaire. Il aurait mieux fallu en faire le personnage principal.

Inspiration basique

Pour le reste, le jeu d’acteurs n’est pas mauvais, mais transparent. Probablement pas aidé par des dialogues assez pauvres en plus de sonner faux et des décors basiques. Le pire est, sans aucun doute, le méchant. Le pauvre cumule toutes les tares ridicules du vilain. En plus, physiquement / « charismatiquement », il en impose rien du tout. En fan du genre, difficile de ne pas détourner le regard en se frottant le front. Non, mais là, on est revenu à des années en arrière. Marvel et DC ont largement fait évoluer le bousin depuis.

Ce qui est désolant, c’est de voir que l’aspect français du film demeure au final pratiquement inexploité. Il y a bien les rues de Paris, mais rien ne sort du lot d’un film classique du genre que ce soit la trame, les pouvoirs ou les personnages. Alors quand en plus, sur le côté démonstration de pouvoirs, le film, excusez-moi, fait pitié… Le gros problème que j’ai trouvé. C’est qu’il y a une volonté de faire comme si les super-héros faisaient partie du quotidien. Seulement, à chaque utilisation de pouvoir, la réalisation s’y attarde à mort dessus. Paradoxal.

Il y a également une volonté de jouer sur le côté réseau social, mais bon, The Boys est passé par là… Bref, au lieu de se démarquer, ils ont tout simplement refait un truc qui existait déjà… en mieux.

Par même pas surpris.

Conclusion

J’espérais une belle proposition super-héroïque française à la Hero Corp. À la place, j’ai eu une version alternative de Julie Lescaut dans un monde super-héroïque. Au final, seul Benoît Poelvoorde en vieux super-héros tire son épingle. Dommage…

+

  • Monté Carlo
  • Ça se mate sans faim

  • Produit daté
4/10

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