Critique : Brooklyn

Poster du film Brooklyn réalisé par John Crowley avec Saoirse Ronan
Saoirse donne vie au Roman

Fiche

D’après le roman de Colm Tóibín
Titre:Brooklyn
Réalisateur :John Crowley
Scénaristes :Nick Hornby
Acteurs :Saoirse Ronan, Emory Cohen, Domhnall Gleeson, Jim Broadbent
Titre original:Date de sortie:09 / 03 / 2016
Pays:Irlande, Royaume-Uni, CanadaBudget:
Genre:Drame, RomanceDurée:1h 51

Dans les années 50, attirée par la promesse d’un avenir meilleur, la jeune Eilis Lacey quitte son Irlande natale et sa famille pour tenter sa chance de l’autre côté de l’Atlantique. À New York, sa rencontre avec un jeune homme lui fait vite oublier le mal du pays… Mais lorsque son passé vient troubler son nouveau bonheur, Eilis se retrouve écartelée entre deux pays… et entre deux hommes.

Photo de Brooklyn avec Saoirse Ronan

Quel suspense ! On attend toujours la première qui va rire. On est proche du record du monde. Ces femmes viennent de passer plus de trois mois sans rire. Mais celle de gauche semble sur le point de craquer.

Critique

Si je n’avais pas vu que le film avait été nominé aux Oscars dans la catégorie du Meilleur Film, il est fort probable que je ne l’aurais jamais vu. Il faut dire que la bande-annonce me laissait envisager une lointaine cousine de Carol et vu combien j’ai aimé ce dernier…

Ça aurait été dommage, car Brooklyn n’est pas du toc, mais un vrai bijou. Pourtant, rien ne le démarque vraiment. Une réalisation simple. Un sujet pas vraiment original. Une actrice plutôt bonne, mais pas non plus à placer dans le haut du panier. Le tout avec un pitch pointant vers un trio amoureux laissant envisager le pire pathos possible. Mais miracle, l’alchimie a lieu. Car, au cinéma (et pas seulement), tout est question avant tout d’alchimie.

S’il ne fallait en applaudir qu’un une, ce serait Saoirse Ronan. Elle est époustouflante. L’actrice m’a totalement bluffé. Sans en faire des caisses, elle a réussi à me faire ressentir toutes ses émotions (ici, très diverses, de l’amour à la tristesse en passant par la détresse et le mal du pays), ou devrais-je plutôt dire celles de son personnage. Si je ne le dis pas, c’est que la frontière est mince, car j’ai vraiment eu l’impression que l’actrice les ressentait. C’est pour cela que je n’ai pas vraiment été surpris en apprenant que cette dernière s’est sentie vraiment proche du rôle de par son histoire. Elle est née à New-York de parents irlandais et a été élevée dans la banlieue de Dublin, en Irlande. Soit la marche inverse d’Eilis, l’héroïne de Brooklyn.

Une femme à New-York

Entre Carol et Agent Carter, il est drôle de voir combien la condition des femmes dans les grandes villes des États-Unis des années 50 est redevenue un sujet à la mode. En cela, la nouvelle réalisation de John Crowley n’offre pas beaucoup d’originalité. D’ailleurs, pour rester dans le cadre des comics, on notera la présence de Felicity Smoak (Arrow) dans le rôle d’une-petite-peste-finalement-pas-si-peste-mais-un-chouïa-quand-même.

J’ai beaucoup apprécié le fait que le rythme ne soit jamais assommant. Toujours fluide. Toujours dynamique. Sans jamais digresser vers le clip ou le syndrome Wikipédia Movie. Il prend le temps de développer son histoire sans durer des plombes dans des délires d’auteur qui m’agacent parfois prodigieusement. En Brooklyn, on peut voir l’anti-The Revenant, via sa réalisation qui s’efface derrière son sujet. Ça n’a l’air de rien, mais c’est efficace. Au lieu de passer mon temps à m’enthousiasmer sur les performances techniques, je pénètre dans l’histoire. Je vis l’aventure de l’héroïne. Mais attention, ça n’empêche pas John Crowley de livrer quelques moments forts comme avec cette danse entre Eilis et Jim (Domhnall Gleeson qui arrive toujours à se frayer une place dans les meilleurs films du moment – ses quatre derniers tournages sont quand même pour Ex Machina, Star Wars: Le Réveil de la Force, celui du jour et The Revenant).

Pour terminer, une mention spéciale au gamin qui joue le frère de Tony : James DiGiacomo. Il m’a bien fait marrer.

Par Christophe Menat ravi de ne pas avoir revécu Carol et d’avoir été ému, le .

Photo de Brooklyn avec Saoirse Ronan et Domhnall Gleeson

Anecdote vraie : c’est sur cette même plage qu’a eu lieu le débarquement de Normandie dans le Il faut sauver le soldat Ryan de Spielberg.

Conclusion

Premier coup de cœur surprise de 2016. Brooklyn est un film rare à chérir (le genre dont les effets se font encore ressentir quelques jours après le visionnage). Dans un style léger, le réalisateur John Crowley met en scène le récit d’une jeune fille qui quitte son pays pour l’Amérique et l’espoir d’une vie meilleure. Si le sujet n’est pas original, ni son traitement d’ailleurs, le long-métrage réussit la performance de faire ressentir diverses émotions grâce à une prodigieuse Saoirse Ronan. L’actrice était faite pour le rôle. Simple, mais efficace. Mémorable Brooklyn.

+

  • Superbe Saoirse Ronan
  • Récit vivant
  • Un beau panel d’émotions

  • Ambiance déjà pas mal exploitée ces derniers temps
Trophée9/10
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A propos de l'auteur : (2786 articles)

Fou de cinéma depuis qu'il a vu son premier film dans les salles obscures : Jurassic Park. Pleure quand le requin meurt dans Les Dents de la Mer. Plus tard au collège, il a succombé aux comics grâce (ou à cause) à un pote. Les jeux vidéo, il y touche depuis Les Schtroumpfs sur la Colecovision.

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