Critique : Blackthorn

Le crépuscule de l’Ouest mythique

Date de sortie cinéma : 31 août 2011

Réalisé par Mateo Gil (scénariste des deux Amenábar : Ouvre les yeux et Mar adentro)

Écrit par Miguel Barros (a écrit et réalisé Los sin tierra)

Avec Sam Shepard (Les Moissons du ciel, L’Étoffe des héros), Eduardo Noriega (Ouvre les yeux, L’Échine du diable), Stephen Rea (V for Vendetta, Entretien avec un vampire), Magaly Solier, Nikolaj Coster-Waldau (Game of Thrones – Le trône de fer, New Amsterdam) et Padraic Delaney (Le Vent se lève, Les Tudors)

Long-métrage espagnol, américain, bolivien, français
Genre : Western
Durée : 1h32

Passé pour mort depuis 1908, Butch Cassidy, le légendaire hors-la-loi, se cache en réalité en Bolivie depuis 20 ans sous le nom de James Blackthorn. Au crépuscule de sa vie, il n’aspire plus qu’à rentrer chez lui pour rencontrer ce fils qu’il n’a jamais connu. Lorsque sur sa route il croise un jeune ingénieur qui vient de braquer la mine dans laquelle il travaillait, Butch Cassidy démarre alors sa dernière chevauchée…

Alors que Butch Cassidy est désormais immortalisé par le film culte avec Paul Newman et Robert Redford : Butch Cassidy et le Kid sorti en 1969. Pour l’anecdote, le film respectait le mieux possible l’histoire (même s’il se permettait quelques exagérations typiquement hollywoodiennes) et se terminait donc avec la mort de Butch Cassidy et Sundance Kid en 1908 en Bolivie.

Seulement récemment, en 2008, on a pratiqué des analyses ADN sur les corps présumés du Cassidy et du Kid et l’expertise confirma que ce n’était pas leurs corps ! La fin du film Butch Cassidy et le Kid est donc erronée.

Blackthorn propose alors de revenir sur cette fin et d’imaginer une suite . Que seraient donc devenus les célèbres hors-la-loi ?

En partant sur un sujet intéressant mettant à mal une mythologie du grand Ouest, le film de Mateo Gil est un western pure souche dans un décor peu connu du genre : la Bolivie. Fini donc les grandes plaines de l’Ouest, où la chaleur assomme les chevaux, où les Indiens se livrent aux scalps, où les cowboys se réunissent dans des saloons pour boire une petite lampée de whisky, où les hors-la-loi finissent sur la potence.

La Bolivie et ses chemins escarpés, tortueux, vertigineux sera l’occasion d’entamer une dernière chevauchée avec la célèbre légende de l’Ouest joué par un très bon Sam Shepard. A ses côtés, on verra un Eduardo Noriega plutôt classique.

Avec Blackthorn, on verra aussi le crépuscule du western, la guerre ayant été perdue par les dangereux hors-la-loi au profit des grands propriétaires. Ce n’est pas donc pas seulement la dernière chevauchée de Butch Cassidy mais aussi celle de l’Ouest sauvage, celle des hommes libres.

Malgré une aventure intéressante, on regrettera une réalisation et une mise en scène plutôt convenues qui n’arrive jamais à égaliser celles des plus grands western de tous les temps : Il était une fois dans l’Ouest, Impitoyable, la trilogie du Dollar, L’assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford et le récent True Grit sans oublier la délicieuse série Deadwood. De même pour la bande-son, en retrait et manquant sérieusement d’envolée lyrique pourtant cette aventure s’y prêtait bien.

Au lieu de ça, le réalisateur a préféré employer un style minimaliste. Cela donne beaucoup de cachet au film, un côté réaliste. Surtout, on retiendra des très beaux plans surtout lors du passage sur la mer de sel.

En revenant sur une des plus grandes légendes de l’Ouest mythique, Blackthorn ne marquera ni le renouveau du genre, ni sa fin. Il est juste un bon western de plus et se rangera sans peine aux côtés d’Open Range et The Proposition.

Blackthorn, après True Grit et L’Assassinat de Jesse James, nous fait dire que non, le western n’est pas mort avec Impitoyable.

Sa scène culte : la traversée de la mer de sel

Note : 7/10

blackthorn-affiche

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