Les chroniques de Coolson : Le Professionnel (1981)

Décidément, quand j’ai décidé d’écrire cette chronique nostalgique, je ne pensais pas qu’elle se transformerait peu à peu en chronique nécrologique. Malheureusement, cette semaine, on en a perdu un grand, un géant. Un de ceux qui transcendent le cinéma, de ceux qui créent leurs styles. On parle là de celui qui a révélé Rémy Julienne, le pape de la cascade, qui a servi d’inspiration au personnage de Cobra, de Blueberry, de l’acteur à l’affiche de quatre des films les plus vus de l’année en France, de 50 ans de carrière, de 160 millions de spectateurs.

Alors on prend sa veste en cuir, tac tac badaboom, allez hop cascade.

Cette semaine, c’est Le Professionnel.

Le Magnifique

Le Professionnel est un film français sorti le 21 octobre 1981 et je n’ai pas de blagounette sur un autre pays vu que selon sa fiche Wikipédia, il serait sorti en janvier 82 en Allemagne de l’Ouest, au pays de Horst Tappert (ah bah si, j’ai une blagounette !).

Le film nous retrace l’histoire de Josselin Beaumont, agent secret français, envoyé en Afrique, au Malagawi, pour abattre le président. Mais à cause de l’évolution politique du pays, il est décidé d’épargner la cible. Plutôt que de rappeler Beaumont, le gouvernement français le dénonce et il sera alors condamné au bagne à vie. Après 2 ans de détention, il s’évade et revient en France pour se venger, en terminant sa mission : abattre le président.

Beaumont est, bien évidemment, interprété par Jean-Paul Belmondo. Gigantesque figure du cinéma français, il se destinait d’abord à être sportif. Il est difficile de résumer sa carrière tant il n’est plus, depuis un moment, qu’une idole de nos parents/grand parents, plutôt qu’une tête d’affiche. Je ne saurais que vous conseiller de jeter un œil à L’As des as (1982), ou encore Hold-Up (1985) ou Le Casse (1971), des films qui n’avait rien à envier au cinéma américain de l’époque. Netflix a eu le bon goût, il y a peu, de nous remettre une belle sélection. L’occasion est belle, tentez-la.

Le reste du casting n’est pas en reste, même si ce sont des acteurs qui ne défraient plus la chronique depuis un moment déjà. Que ce soit Robert Hossein, homme de cinéma grandiloquent, réalisateur, auteur, metteur en scène, aussi bien au théâtre qu’au cinéma.

Également Bernard-Pierre Donnadieu, imposant acteur à la voix rocailleuse, comédien de doublage reconnu. Il aura prêté sa voix à, entre autres, Harvey Keitel, Robert Duvall, James Gandolfini, Dennis Hopper, Kurt Russell, etc.

Le Marginal

Ce film est une espèce de réunion de ce qui se faisait de mieux à l’époque en Europe. Outre la mise en scène de Georges Lautner, acolyte historique de Bébel, il est également le metteur en scène de Les Tontons Flingueurs (1963), film qu’on se doit d’avoir vu si on aime le cinéma sous toutes ses formes, le scénario est signé Michel Audiard, comme pour Le Professionnel. Si vous aimez Kaamelott, vous aimez Audiard, tant Alexandre Astier s’en inspire, dans le rythme, le ton et le phrasé imagé. Avec Rémy Julienne en cascadeur auto et Ennio Morricone, légende parmi les légendes à la musique, on tient là une équipe technique XXL.

Alors, c’est valable ?

Je ne sais pas si en 2021, les plus jeunes se rendront compte de ce que représente Bebel, de ce qu’il a représenté et représente toujours. On parle là d’une vedette internationale, dans sa notoriété, mais aussi dans ses actes tant il est ce qui se fait de plus proche des vedettes américaines des années 60/70. Grande gueule, grandiloquent, charismatique, beau gosse. 

Bien sûr que découvrir Le Professionnel aujourd’hui, ça peut être compliqué si on a du mal avec le cinéma de cette époque. Mais pour peu qu’on accroche, c’est définitivement un incontournable de la carrière du bonhomme.

Maintenant, il ne reste qu’à nous de perpétuer sa mémoire, parce que des monstres comme lui, avec tout ce qu’il incarne, pas sûr de revoir ça un jour.

Ciao Bébel.

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