Critique : The Lucky One

Et si le destin nous réunissait?

Fiche

D’après le roman Le porte bonheur de Nicholas Sparks
Réalisateur(s):Scott Hicks (Le goût de la vie)
Scénariste(s):Will Fetters (Remember Me)
Acteurs :Zac Efron (Happy New Year), Taylor Schilling (la série Mercy Hospital), Blythe Danner ((S)ex List), Riley Thomas Stewart (Le Complexe du Castor), Jay R. Ferguson, Adam LeFevre
Titre original:Le porte-bonheur (titre canadien)Date de sortie:
Pays:USABudget:35 000 000 $
Genre:Drame, RomanceDurée:1h41

Logan Thibault, marine américain, trouve la photo d’une jeune femme souriante, à moitié enfouie dans le sol lors d’un tour de garde en Irak. Par réflexe, il s’en saisit et, après avoir demandé à ses collègues si l’un d’entre eux la reconnaissait, la garde dans sa poche. Logan se met à avoir une chance inexpliquée : il gagne au poker, survit à une attaque très meurtrière… Victor, son meilleur ami, a une explication : la photo porterait chance…

Critique

Énième adaptation d’un roman de Nicholas Sparks après notamment Cher John et l’émouvant N’oublie Jamais avec le magnifique couple Ryan Gosling/Rachel McAdams, The Lucky One promet donc une belle histoire d’amour. Et c’est l’occasion pour voir la mue de Zac Efron, star d’High School Musical.

Le plus gros point fort de The Lucky One concerne sa plastique. Le film est beau, très beau et utilise à merveille les décors du lieu du tournage dans La Nouvelle-Orléans. On se croirait en plein épisode de Planète Terre, la série de la BBC. La photographie est également à tomber, multipliant les sources de lumières naturelles. L’ensemble confère au film un cadre splendide. Le seul bémol concerne la réalisation bien trop simpliste pour réussir à approcher les acteurs et investir le spectateur d’une aura romantique comme le faisait si bien Nick Cassavetes dans N’oublie jamais.

En résulte aussi de très nombreux temps morts où les évènements sont tellement lents qu’on guette l’heure. Parce que contrairement à N’oublie Jamais, il ne se passe pas grand-chose dans The Lucky One (même si le début fait illusion). On semble vouloir instaurer une atmosphère onirique où le temps coule lentement pour coller aux zones rurales. Seulement, il faut un putain de talent pour le faire et ce talent, le réalisateur Scott Hicks ne l’a visiblement pas. Du coup, on se prend à rêver qu’aurait pu donner un tel sujet entre les mains d’un cinéaste plus doué puis on se ressaisit…

Car si la réalisation peine à instaurer une atmosphère malgré une photographie superbe, elle n’est pas non plus la seule à pénaliser le long-métrage. L’autre bât qui blesse concerne la prestation des deux acteurs principaux. Il manque à leur couple une alchimie nous permettant d’y croire, d’y rêver, de nous emmener dans les sentiers du romantisme absolu où le côté fleur bleue ne gêne absolument pas (une tâche incroyablement dure à accomplir).

Zac Efron a effectué une mue physique impressionnante, mais où donc passé le jeunot qui poussait la chansonnette à côté de sa copine ? Le jeune homme a muri autant physiquement que dans son jeu même s’il lui manque encore certaines ficelles pour parvenir au sommet de la chaîne alimentaire hollywoodienne. Car s’il demeure attachant en campant un personnage avec un nombre de dialogues tenant sur un papier toilette – le scénariste avait eu une révélation sur ses dialogues alors qu’il était aux chiottes donc il a dû écrire sur ce qu’il avait sous la main mais là n’est pas la vraie question, la vraie question, c’est avec quoi il a écrit parce que visiblement il n’avait pas de stylo non plus… – il manque encore d’envergure pour manipuler la caméra et attirer le regard et provoquer la fascination. Au moins, ses deux yeux bleus lui permettront de rallier la gent féminine peu regardante.

Pour les hommes, on récupère Taylor Schilling et franchement, on se sent un peu floué. Sa beauté est assez quelconque (pour le monde hollywoodien, je précise) et elle n’a pas vraiment beaucoup de charisme pour y palier. Sans oublier ces dents à faire pâlir Fernandel. Au moins, une scène la met particulièrement en valeur où elle « simule » la masturbation en faisant la vaisselle. Heureusement que Blythe Danner, inoubliable Dina Byrnes de la saga Mon beau-père et…, apporte beaucoup d’humour pour permettre de faire passer un peu le temp. Sans oublier le garçon très attachant incarné par Riley Thomas Stewart, fils de Mel Gibson dans Le Complexe du Castor.

La plus grande déception est à décerner au script. Alors qu’il permettait quelques ingéniosités, il n’est au final qu’un artifice éphémère permettant d’atterrir sur une love story ressemblant bien plus à un téléfilm qu’à une histoire d’amour passionnée. De toute façon, c’était déjà mal embarqué avec deux acteurs principaux ayant bien du mal à nous faire rêver comme Ryan Gosling et Rachel McAdams. D’ailleurs, ces deux acteurs sont sorti ensemble ce qui me permet d’élaborer une théorie comme quoi les acteurs ont besoin d’être amoureux pour pouvoir nous transmettre cette émotion – voilà pourquoi on y croyait à N’oublie Jamais, seul bémol à cette théorie le couple Jack et Rose dans Titanic mais il s’agit probablement des acteurs les plus doués de notre génération donc je leur pardonne d’avoir mis à mal ma théorie.

Conclusion

Sur un synopsis intéressant, The Lucky One finit par balancer rapidement ce qui faisait son originalité pour se concentrer sur une love story banale. Notons tout de même la photographie et les décors permettant de remonter l’ensemble.
+– Les décors de La Nouvelle-Orléans
– Photographie
– Couple peu crédible
– Aucune surprise
4/10

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