Critique : Justice League

Du Marvel Studios sans merveille

Fiche

Intégré au DC Extended Universe
TitreJustice LeagueTitre VO
RéalisateurZack SnyderScénaristeChris Terrio, Joss Whedon
ActeursBen Affleck, Gal Gadot, Ezra Miller, Ray Fisher, Jason Momoa, Amy Adams, Jeremy Irons, Diane Lane
Date de sortie15 / 11 / 2017Durée1h 55
GenreAction, Aventure, Fantastique, Science fictionBudget300 000 000 $

Après avoir retrouvé foi en l’humanité, Bruce Wayne, inspiré par l’altruisme de Superman, sollicite l’aide de sa nouvelle alliée, Diana Prince, pour affronter un ennemi plus redoutable que jamais. Ensemble, Batman et Wonder Woman ne tardent pas à recruter une équipe de méta-humains pour faire face à cette menace inédite. Pourtant, malgré la force que représente cette ligue de héros sans précédent – Batman, Wonder Woman, Aquaman, Cyborg et The Flash –, il est peut-être déjà trop tard pour sauver la planète d’une attaque apocalyptique…

La technique de drague classique Batman. Le « je m’accroupis sur une poutre afin de surplomber et la ville » et ça fait mouche à chaque fois. La classe, tu l’as ou tu ne l’as pas.

Critique

Quatre ans après sa naissance avec Man of Steel, quelques mois après que Wonder Woman y ait amené de l’espoir et suite à une production parsemée de rebondissements. Faut dire qu’on a eu droit au départ de Zack Snyder pour des raisons personnelles et des reshoots qui comptent pour 15 à 20 % du film, selon l’aveu d’un des producteurs, avec Joss « Avengers » Whedon à la réalisation en plus d’être crédité au scénario. Il est temps pour le DCEU d’unir la Justice League et d’accomplir le fantasme de millions (milliards ?) de fans.

Bonjour, la formule Avengers, s’il vous plaît

Merde. Justice League essaie de faire du Marvel Studios. Tel est le constat que je me suis fait au bout d’une demi-heure et qui ne m’aura plus quitté jusqu’à la fin. Encore moins avec les deux scènes post-génériques (excellentes en passant). Je n’ai pas envie de rentrer dans l’inutile guéguerre DC versus Marvel. Du qui fait les meilleurs films et j’en passe. Chacun aura sa préférence. Mais il est regrettable que pour Justice League, DC Films ait lorgné sur Avengers d’aussi près, le tout pour faire moins bien. Alors que continuer dans la lignée de Man of Steel et Batman v Superman avec une note plus lumineuse afin de livrer une trilogie épique aurait été de meilleur goût. On en retrouve tout de même quelques éléments.

Commençons le tour d’horizon avec l’humour du film. Il s’agit sans hésiter de l’œuvre qui produit le plus d’humour de tout le DCEU. C’est méchant que je vais dire mais il faut préciser qu’il s’agit évidemment d’humour « volontaire ». Il y a du bon, les punchlines de Batman sont excellentes, mais il y a principalement du raté. Les sourires sont rares, mais les rires encore plus (je pense avoir ri deux fois et pourtant, je suis très bon client). En soi, c’est logique, parce que quand tu ris, tu souris forcément (je viens d’essayer de rire sans sourire, c’est… comment dire… bizarre). Mais quel dommage d’avoir autant de déchets. C’est là qu’on se rend compte de toute la difficulté de la chose.

De l’action sans inspiration

Rayon bourre-pif, hormis les excellentes introductions de Batman et Wonder Woman (meilleure scène d’action du film, même si l’Amazone semble cheatée pour le coup), c’est très moyen, pour ne pas dire raté. Mais où est passé le génie de Snyder ? Encore une fois, Man of Steel reste au-dessus dans le DCEU. Les scènes d’action s’accumulent sans jamais avoir réussi à m’exciter. La faute notamment à des effets spéciaux passablement ratés. Pour te donner une idée, imagine un peu le climax de Batman v Superman sur tout un film. Sachant qu’il s’agit de la partie que j’ai le moins aimé, je te laisse imaginer mon désarroi. Le pire survient durant la partie avec les Amazones. Les fonds verts sont dégueulasses dans tous les sens. Les incrustations des sœurs de Diana sont du même niveau qu’un vieux jeu en FMV. Quant au flash-back dont l’extrait dans la bande-annonce m’avait excité à mort, on touche le fond avec ce qui est digne d’une cinématique lambda de jeu vidéo de l’ancienne génération (malgré plusieurs caméos pour le moins badass). Autre raté des images de synthèse, le grand méchant Steppenwolf.

Un des pires méchants du genre super-héroïque

Là, pour le coup, ils n’ont pas fait l’erreur d’Apocalypse. C’est un méchant massif entièrement en CGI comme Doomsday. Sauf qu’à part ça… Il n’a rien pour lui. Son design donne l’impression d’avoir droit à un méchant Power Rangers (bon ok, à l’origine, le look est bof, mais là, ils n’ont rien arrangé, ils ont même empiré, je trouve) et les images de synthèse sont rarement réussies. Résultat, un méchant sans aucun charisme. D’autant plus grave que sa caractérisation, c’est du sommaire de chez sommaire. Moi kiffe tout détruire au nom de l’Unité. Je peux dire sans hésiter que c’est un des pires méchants que je n’ai jamais vu dans un film du genre. Avec le nuage Galactus et Parallax.

On avait compris que Wonder Woman était votre personnage le plus populaire, mais de là jusqu’à flouter les autres ?

L’équipe au cœur du spectacle

Il ne reste donc plus que l’équipe pour sauver le film. Là, par contre, je peux dire que c’est plutôt bien sans pour autant être ouf. L’équipe cohabite bien ensemble, chacun avec sa personnalité atypique. Mais bémol, la durée très restreinte oblige à aller au plus vite sans rien approfondir. Cela aurait pu passer si on avait pu faire connaissance antérieurement. Quant aux échanges entre les membres de l’équipe, elles consistent la plupart du temps à se balancer des vannes (pas très réussies en plus, Aquaman a l’air mal à l’aise dans ce registre et Flash en fait des tonnes avec énormément de déchets) pendant que Wonder Woman fait des sourires à la caméra. Non mais là, impossible de laisser passer ça. Qu’est-ce que c’est cette connerie ! Ok, l’Amazone a cartonné dans son film solo. Mais d’aller jusqu’à faire des gros plans gratuits sur elle en train de faire un petit sourire de maman qui s’amuse devant la dispute de ses enfants… Pas qu’une fois en plus. Autant niveau action, elle assure, mais sur le reste, je lève sans cesse les yeux au ciel.

Aquaman, je lui trouve beaucoup de charisme. J’ai beaucoup aimé son passage sur Atlantis. Ça promet pour le film solo réalisé par James Wan, même si les passages sous-marins m’inquiètent sur la longueur. Flash, alors lui, ça m’a fait comme avec le best friend de Peter, Ned, dans Spider-Man: Homecoming. Au début, il m’a amusé, mais à la fin, je n’en pouvais plus tant il était lourd. Niveau action, rien de fou. C’est du copié-collé du Quicksilver des X-Men en beaucoup moins cool et avec des éclairs. J’en étais vraiment déçu étant donné qu’il était vendu comme le meilleur personnage de la Justice League. Quant à Cyborg… Un super-héros émo doublé d’une cohésion entre l’acteur et l’image de synthèse raté. Next. Le meilleur restera donc Batfleck. Il a vraiment tout ce qu’on peut souhaiter même si la fracture avec sa personnalité dans BvS est assez déstabilisante.

Le retour du Magnifique

Parmi les points positifs, en plus de ceux cités précédemment, je retiendrais la réalisation Snyderienne quand elle n’est pas gâchée par les effets spéciaux, les décors naturels quand Batman va chercher Aquaman (sauf pour l’immonde plan reshoot) et surtout mon passage préféré avec le retour d’un certain boy-scout. Avec lui, il apporte tout ce que j’attendais du film : de l’émotion (j’ai eu les yeux mouillés), du fun et de l’humour (l’une des répliques les plus cultes de BvS inversée et ce plan où Flash se rend compte qu’il n’a pas le monopole…). Un très léger bémol tout de même. Il semble avoir été complètement boosté comparé aux précédents films. Rien de choquant. Après tout, on est habitué avec les comics à avoir des pouvoirs qui font le yoyo. Ça ne fait pas beaucoup, mais je n’ai pas pu m’empêcher de me hyper pour le film. Essentiellement en faisant l’article avec les revues des tweets. Dès lors, au vu du résultat final… Je ne me suis pas emmerdé, mais je ne suis clairement pas ressorti emballé.

Par déçu de terminer l’année super-héroïque 2017 sur cette note, le16 novembre 2017.

Rien de tel pour se réveiller le matin après une nuit de cuite.

Conclusion

Avec Justice League, DC Films essaye clairement de reproduire la formule de son plus grand concurrent. Cela se traduit principalement par l’ajout de beaucoup d’humour. Seulement celle-ci n’a fonctionné que rarement chez moi et c’est clairement Batman qui est sorti gagnant à ce jeu en faisant du Tony Stark. Quant à l’action, les introductions de Batman et Wonder Woman laissaient envisager le meilleur pour la suite. Mais non. À la place, on a très souvent des images de synthèse qui font le yoyo couplées avec des fonds verts ratés (mention spéciale aux passages avec les Amazones). Aussi, Steppenwolf est un des pires super-vilains que je n’ai jamais vus dans un film du genre. Un ratage dans tous les sens : look digne d’un méchant de Power Rangers, modélisation numérique basique (pour un personnage entièrement en images de synthèse, ça la fout mal) et caractérisation plus sommaire, tu meurs. Fort heureusement, de l’autre côté, les membres de la Justice League cohabitent bien ensemble (même si les sourires gratuits de Diana à la caméra ont fini par m’agacer à la longue) et le retour d’un personnage clé a donné mes passages préférés.

+

  • Retour du boy-scout
  • Introductions de Batman et Wonder Woman
  • Certains plans sont magnifiques
  • Les punchlines de Batman
  • Scènes post-génériques

  • Steppenwolf, un des pires méchants pour le genre
  • Fonds verts souvent ratés
  • Effets spéciaux faisant le yoyo
  • Beaucoup d’humour, mais rarement de la réussite
  • Climax pas excitant pour un sou
5/10

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A propos de l'auteur : (2939 articles)

Fou de cinéma depuis qu'il a vu son premier film dans les salles obscures : Jurassic Park. Pleure quand le requin meurt dans Les Dents de la Mer. Plus tard au collège, il a succombé aux comics grâce (ou à cause) à un pote. Les jeux vidéo, il y touche depuis Les Schtroumpfs sur la Colecovision.

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