Critique : Independence Day: Resurgence

Poster IMAX du film Independence Day: Resurgence réalisé par Roland Emmerich

Ils sont revenus

Fiche

TitreIndependence Day: Resurgence
RéalisateurRoland Emmerich
ScénaristesNicolas Wright, James A. Woods, Dean Devlin, Roland Emmerich, James Vanderbilt
ActeursLiam Hemsworth, Jeff Goldblum, Jessie T. Usher, Bill Pullman, Maika Monroe, Sela Ward, William Fichtner, Judd Hirsch, Vivica A. Fox
Titre originalDate de sortie20 / 07 / 2016
PaysÉtats-UnisBudget165 000 000 $
GenreAction, Aventure, Science fictionDurée2h

Nous avons toujours su qu’ils reviendraient. La terre est menacée par une catastrophe d’une ampleur inimaginable. Pour la protéger, toutes les nations ont collaboré autour d’un programme de défense colossal exploitant la technologie extraterrestre récupérée. Mais rien ne peut nous préparer à la force de frappe sans précédent des aliens. Seule l’ingéniosité et le courage de quelques hommes et femmes peuvent sauver l’humanité de l’extinction.

Photo d'Independence Day: Resurgence avec le vaisseau extraterrestre
Ils sont retours et ils sont chauds comme la braise.

Critique

On attendait leur retour pour le 4 juillet 1998, mais finalement Roland Emmerich et son producteur Dean Devlin ont préféré se concentrer sur Godzilla. En définitive, vingt ans après leur première attaque, les extraterrestres reviennent enfin.

Même si Independence Day est régulièrement démonté, je l’ai toujours gardé dans mon cœur. Il fait partie d’un de ces rares films à réussir à me faire pleurer à chaque visionnage. Ah, ce moment de bravoure de Russell Casse (« Ha-ha-ha ! Hello, boys ! I’m BAAAAAACK ! »). En passant, merci à cette suite pour le discret hommage au début du film. Pour en revenir au premier, je l’ai revu deux jours avant de voir celui-ci et j’ai été surpris de remarquer à quel point il n’avait au bout du compte que très peu vieilli et demeure toujours aussi efficace (l’arrivée et la destruction de la Maison-Blanche, miam). À tel point que la comparaison avec son aîné fait mal pour d’Independence Day 2. Le choc ultime, ça reste tout de même d’apprendre le budget : seulement 75 millions de dollars !!! Et 817 millions au compteur derrière… Respect.

Pour le meilleur et le pire

J’attaque maintenant la critique d’Independence Day: Resurgence. Il y a du bon, du très bon, du moyen et du mauvais. Je ne ferais pas la fine bouche, car on est servi à toutes les sauces. Pour commencer par le plus facile, les effets spéciaux. Alors là, rarement vu un tel yo-yo… Certains plans frisent la perfection, tandis que d’autres sont absolument dégueulasses. Et comme ils ne sont pas fous, les meilleurs plans sont ceux diffusés dans la bande-annonce avec ces paysages de destruction digne d’un tableau peint par un génie pour représenter l’Apocalypse. C’est donc regrettable que Roland Emmerich ait autant abusé de fonds vert/bleu pour faire en sorte que ses bases apparaissent immenses. Les incrustations sont constamment ratées. Néanmoins, je considère que le plus décevant concerne les extraterrestres (mis à part la jolie surprise finale). Dans le premier, elles étaient diablement efficaces même si limitées du fait de leur structure corporelle atypique. En passant au tout numérique, elles deviennent, et sans aucune contestation possible, immondes. Je préfère avoir des plans moins dynamiques, mais crédibles, plutôt que l’inverse.

Maintenant, le plus gros bémol. Le scénario. Même si le premier ne volait pas haut, on pouvait au moins lui reconnaître des personnages charismatiques dotés d’un véritable background leur permettant d’esquiver les clichés les plus lourds. Ce que cette suite ne réussit absolument pas. Hormis Liam Hemsworth et les protagonistes du premier, c’est désastreux. C’est d’ailleurs décevant de ne pas avoir repris les mêmes acteurs pour jouer le fils du regretté personnage de Will Smith (le mec a demandé un salaire si haut que les producteurs ont failli mourir en avalant de travers) et la fille du président. Encore plus quand on voit la prestation de leurs remplaçants. Pour le rôle du bouffon du service, ils seront deux. Si l’un (un revenant « inattendu ») s’en sort assez bien en jouant à fond la carte des excentricités (surtout pour l’hilarant adieu gay, un de mes passages préférés), le second incarné par Nicolas Wright est une catastrophe de tout instant. À force de surjouer dans le registre comique, il plombe pas mal de scènes dramatiques. En bref, c’est comme découvrir une souris morte dans son hamburger… Plusieurs fois.

L’action au détriment des sentiments

Pour en revenir à ce backgound dramatique raté, c’est principalement dû au fait qu’à l’inverse du premier, on ne s’attache pas à installer les personnages (ceux du premier n’en ont pas vraiment besoin, ce qui explique qu’ils n’en souffrent pas), mais plutôt l’environnement. En effet, la Terre a sacrément changé depuis qu’elle a récupéré la technologie extraterrestre (surtout en vingt ans), il faut donc montrer tout ça. Certes, ça permet de récolter un des meilleurs moments du long-métrage avec un joli panel de plans forts, mais à quel prix…

Malgré les déceptions et les manqués, je ne me suis pas ennuyé un instant. Le rythme est soutenu avec pas mal d’action. On peut regretter que l’accent ne soit pas assez mis sur la bataille (toujours pas de rival pour le Starship Troopers de Paul Verhoeven et les combats aériens sont illisibles avec trop d’informations à l’écran), mais l’excellent climax le fait oublier (même si les réactions y sont un peu surprenantes). On constatera aussi un petit côté remake à la Star Wars 7 afin de lancer une nouvelle saga avec un troisième épisode déjà prévu (reste à confirmer tout de même et si ça se fait, ça promet). Quoiqu’il en soit, difficile de bouder ce blockbuster tant les films du genre (du SF qui fait la guerre) sont devenus rares ces temps-ci.

Par contre, lol, le plan avec la Tour Eiffel encore debout alors que tout Paris est ravagé. Crédibilité zéro.

Par curieux de voir la suite, le20 juillet 2016.

Photo d'Independence Day: Resurgence avec Jeff Goldblum et William Fichtner
– Les gars, une idée pour les battre ?
– Un virus ?
– Écoute, Jeff, t’as eu du bol la première fois, mais là, ils ont Norton Antivirus.

Conclusion

Avec un côté remake pour initialiser le lancement d’une nouvelle saga, Independence Day: Resurgence est un divertissement efficace, capable d’impressionnantes fulgurances, mais malheureusement, il est pénalisé par des défauts regrettables comme des effets numériques faisant le yo-yo et de nouveaux venus inintéressants (à l’exception de Liam Hemsworth). Pour faire court, il est beaucoup moins réussi que le premier, mais offre un genre de divertissement devenu trop rare ces temps-ci pour être boudé.

+

  • Niveau action, ça envoie
  • Certaines notes d’humour
  • Quand les extraterrestres font tout péter
  • Climax
  • Hommage à Russell Casse

  • Effets spéciaux numériques à qualité très variable
  • D’autres notes d’humour
  • Nouveaux arrivés à l’exception de Liam Hemsworth
  • Émotionnellement proche de zéro
6/10

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