Critique : Dead Man Down

Dead Man Down Affiche
La Fille qui rêvait d’un meurtre

Fiche

Titre:Dead Man Down
Réalisateur(s):Niels Arden Oplev
Scénariste(s):J.H. Wyman
Acteurs:Colin Farrell, Noomi Rapace, Terrence Howard, Dominic Cooper, Isabelle Huppert, Armand Assante, F. Murray Abraham, James Biberi
Titre original:Date de sortie:3 avril 2013
Pays:États-UnisBudget:30 000 000 $
Genre:Action, ThrillerDurée:1h57

Victor est le bras droit d’Alphonse, un caïd new-yorkais. Quelqu’un s’en prend à leur gang, dont les hommes sont abattus les uns après les autres, et l’assassin multiplie les messages de menace. Espérant s’attirer les faveurs d’Alphonse, Darcy, un ami de Victor, se lance sur les traces du tueur. Lorsque Victor fait la connaissance de Béatrice, une Française qui vit avec sa mère, Valentine, il est tout de suite attiré. Il va vite découvrir qu’elle n’est pas ce qu’elle prétend. Béatrice est une victime qui cherche à se venger – et pour cela, elle a besoin de l’aide de Victor. Mais Béatrice va elle aussi se rendre compte que Victor n’est pas exactement ce qu’il avait dit. Lui aussi a un compte à régler… Ces deux êtres assoiffés de vengeance vont mettre au point un plan qui n’épargnera personne…

Dead Man Down Photo
Total Recall ? Non, c’est Dead Man Down.

Critique

Ah là, là, alors qu’on se dit que le marketing français ne pourra plus nous surprendre, voilà qu’il frappe encore un gros coup. Tu me diras que ce n’est pas grand chose mais tout de même. Sur l’affiche du film, on peut voir un gros « Par le réalisateur de Millénium, le film » mais l’astuce est d’avoir rajouté un cadre rouge exactement comme pour les affiches de la trilogie Millénium et une Noomi Rapace bien visible. J’ai bien du mal à comprendre l’intérêt ? Est-ce pour attirer le chaland croyant assister à la suite des aventures de Salander (bon j’y crois moyen, faudrait être sacrément con ou vraiment peu au courant, quoique sur un malentendu) ? Ou tout simplement pour appuyer jusqu’au bout le fait que le réalisateur rempile avec son actrice fétiche.

« Ah là, là, alors qu’on se dit que le marketing français ne pourra plus nous surprendre, voilà qu’il frappe encore un gros coup. »

Bref, pas grand chose à voir entre Dead Man Down et Millénium sauf la présence du réalisateur Niels Arden Oplev et de l’actrice Noomi Rapace. Pour l’anecdote, suite à l’énorme succès de son adaptation, le réalisateur danois a été submergé sous des vagues de scénario. Entre temps, il a réalisé quelques épisodes de la série Unforgettable (pas vu). Mais c’est surtout son futur projet qui risque de faire parler : l’adaptation du bouquin de Stephen King, Dôme, dont il réalisera le premier épisode.

Après cette brève digression pour parler de l’actualité de Niels Arden Oplev, je vais m’attacher à critiquer Dead Man Down. Basé sur un scénario J.H. Wyman, bonhomme s’étant notamment fait remarquer en signant plusieurs épisodes de la série Fringe, on est en plein dans une histoire de vengeance et de rédemption. Malheureusement, le film s’étire beaucoup trop en longueur pour se révéler attrayant.

Le couple Colin/Noomi fonctionne, on sent une réelle alchimie entre les deux personnages. Dead Man Down tente aussi de déployer une panoplie du thriller nerveux en plus de la critique sociale (les marginaux mis à part à cause d’une défiguration physique). Trois histoires en un, pourrait-on dire si finalement chacune n’était pas sous-exploitée. La partie amoureuse est la plus approfondie mais il manque ce petit peps. La partie thriller est d’un classique, sans surprise, sans originalité, seul Terrence Howard permet de s’amuser un peu.

« Dead Man Down tente de déployer une panoplie du thriller nerveux en plus de la critique sociale »

La partie drame sociale est complètement foirée. Malgré une excellente idée et une Noomi Rapace toujours aussi à l’aise pour camper des personnages torturés, il y a un gros problème. La défiguration physique du personnage est franchement loin d’être marquante. Au contraire même, je trouve que ça participe au charme du personnage. On ne parle pas d’Elephant Man ici. Du coup, on trouve trop disproportionnée la réaction des enfants qui se mette à la traiter de monstre. Ne devons-nous pas plutôt parler de stupidité enfantine ? Dès lors, on a du mal à comprendre le personnage de Noomi Rapace. Cette partie aurait été mieux réussie si le personnage était réellement défiguré. On comprendrait mieux son désir de vengeance et sa marginalité. Mais bon, transformer Noomi en Elephant Woman, je ne suis pas sûr que ce soit bankable.

Ça fait plaisir de retrouver Dominic Cooper, le père de Tony Stark, dans un rôle différent. Un dernier mot pour les scènes d’action. Elles ne sont clairement pas mauvaises mais finalement trop rares. Pas mal quand même le final même si trop super-héroïque pour demeurer réaliste.

Dead Man Down Photo
« Kevin Feige, tu vas voir ce que tu vas prendre pour m’avoir évincé ! »

Conclusion

Dead Man Down tente de concilier le thriller avec l’histoire d’amour et le drame social, une bonne idée finalement sous-exploitée et tombant vite dans les clichés.

+– le couple Noomi Rapace/Colin Farrell
– les scènes d’action
– intrigue classique
– défiguration trop légère pour le personnage de Noomi
– trop long
5/10

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