Critique : Spider-Man: New Generation

La routine retient le génie

Fiche

Titre Spider-Man: New Generation Titre VO Spider-Man: Into the Spider-Verse
Réalisateurs Bob Persichetti, Peter Ramsey, Rodney Rothman Scénaristes Phil Lord, Rodney Rothman
Voix (VO) Shameik Moore, Jake Johnson, Hailee Steinfeld, Mahershala Ali, Brian Tyree Henry, Lily Tomlin, Zoë Kravitz, John Mulaney, Kimiko Glenn, Nicolas Cage, Liev Schreiber, Chris Pine
Date de sortie 12 / 12 / 2018 Durée 1h 57
Genre Animation, Action, Aventure, Comédie, Famille, Science fiction Budget 90 000 000 $

Spider-Man : New Generation suit les aventures de Miles Morales, un adolescent afro-américain et portoricain qui vit à Brooklyn et s’efforce de s’intégrer dans son nouveau collège à Manhattan. Mais la vie de Miles se complique quand il se fait mordre par une araignée radioactive et se découvre des super-pouvoirs : il est désormais capable d’empoisonner ses adversaires, de se camoufler, de coller littéralement aux murs et aux plafonds ; son ouïe est démultipliée… Dans le même temps, le plus redoutable cerveau criminel de la ville, le Caïd, a mis au point un accélérateur de particules nucléaires capable d’ouvrir un portail sur d’autres univers. Son invention va provoquer l’arrivée de plusieurs autres versions de Spider-Man dans le monde de Miles, dont un Peter Parker plus âgé, Spider-Gwen, Spider-Man Noir, Spider-Cochon et Peni Parker, venue d’un dessin animé japonais.

Critique

À qui s’adresse vraiment ce Spider-Man ? C’est la question que je me posais en sortant de la salle obscure. D’un côté, ce film nécessite d’avoir une culture Araignesque plutôt prononcé afin de capter toutes ses subtilités. Néanmoins, de l’autre côté, son histoire est monté sur des rails on-ne-peut-plus classiques.

Pour les adultes… et les petits

Pour le premier point, Spider-Man: New Generation est une réussite de tout instant. Basant son pitch sur des intrigues récentes (même si ça fait déjà quelques années) du Tisseur rayon comic, à savoir l’implication du multivers donc de multiples Spider-Man, le film de Sony permet de nous offrir pas moins de six Spider-XXX (XXX n’étant pas forcément Man). En plus de ça, des multiples références, de l’humour maîtrisé, un sublime caméo de Stan Lee et des blagues métas y sont parsemés. Le meilleur reste toutefois l’hilarante scène post-générique. À ce jeu, Spider-Man: New Generation éclate Deadpool par KO technique au premier round. Je me suis vraiment régalé. Par contre, il faut vraiment connaître l’univers du Tisseur pour que ce soit fendard. Autrement, ça risque de passer par-dessus la tête.

Pour le deuxième point, c’est là où j’ai été déçu. Malgré l’implication du multivers, on reste loin des délires des comics pour être cantonné à une simple et classique origin story n’ayant d’intérêt que pour ceux n’ayant jamais connu Miles Morales. Et encore… Vu la proximité de ses origines avec celles de Peter Parker. Un des points positifs de Homecoming, c’est qu’il nous épargnait justement cette origin story redondante. J’ai d’ailleurs été amusé par une surprise de New Generation qui m’a rappelé celle du Vautour dans Homecoming.

Bref, pour résumer ma déception, j’ai été gonflé par le côté « je découvre mes pouvoirs, je fais mes premiers pas, je trébuche puis je finis par devenir un vrai super-héros ». Par contre, je ne serais pas totalement honnête en ne disant pas que j’ai été parfois touché. Que dire, les vieilles ficelles restent toujours aussi efficaces.

Les mots de Peter Porker me viennent en tête

Pour terminer, l’animation. Plus je prends l’âge, plus je me rends compte que les films d’animation ne sont plus ma tasse de thé (en plus, je n’aime pas le thé). Du moins, les films d’animation pour enfants. Ça reste sympa, mais je n’arrive plus à m’y accrocher plus que ça. Ça m’emmerde de me rendre compte que je vieillis… Mais ce n’est pas de ça dont je voulais parler, mais du style.

Gros point positif, il n’y a pas un seul style, mais un mélange entre plusieurs et l’effet est vraiment réussi. J’adore les univers de Spider-Man Noir et du Spider-Man Manga (Penis Parker, ou un truc du style) qui se démarque réellement. Dommage qu’ils soient aussi peu exploités. J’ai aussi kiffé la séquence BDesque de la découverte des pouvoirs.

Par contre, bémol. Mais c’est quoi ces « bugs techniques » ? Je parle de ces lags (parfois, sans prévenir, l’animation des personnages saccade – c’est surtout présent au début du film puis ça s’atténue sans réellement disparaitre) et de cet effet de ghosting (comme si on regardait un film en 3D sans lunettes). Ils sont forcément volontaires, car c’est impossible de ne pas s’en rendre compte. J’imagine que c’est voulu pour donner un vrai style, mais ça m’a gêné.

Par curieux de voir la suite en espérant que ça aille encore plus loin, le 14 décembre 2018.

Conclusion

Spider-Man: New Generation est un gâteau qui a été coupé en deux parts. La première part est un délice pour le trentenaire biberonné aux comics Spider-Man que je suis avec des références et des blagues méta à gogo. La deuxième part m’a donné mal au ventre avec une origin story tellement classique que je me suis emmerdé devant. Il n’empêche qu’il fût bon, ce gâteau !

+

  • Utilisation du multivers de l’Araignée
  • Style visuel mélangeant plusieurs genres pour un résultat dynamite
  • Des références et des blagues méta à n’en plus finir
  • On est obligé d’être hilare devant la scène post-générique
  • Émouvant caméo de Stan Lee

  • « Bugs » techniques
  • En dehors de la couche multivers, ça reste une origin story beaucoup trop classique
7/10

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A propos de l'auteur : (2991 articles)

Fou de cinéma depuis qu'il a vu son premier film dans les salles obscures : Jurassic Park. Pleure quand le requin meurt dans Les Dents de la Mer. Plus tard au collège, il a succombé aux comics grâce (ou à cause) à un pote. Les jeux vidéo, il y touche depuis Les Schtroumpfs sur la Colecovision.

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