Critique : Black Widow (avec spoiler)

Passé, présent et futur

Fiche

Titre Black Widow Titre VO
Réalisateur Cate Shortland Scénaristes Jac Schaeffer, Ned Benson, Eric Pearson
Acteurs Scarlett Johansson, Florence Pugh, Rachel Weisz, David Harbour, O-T Fagbenle
Date de sortie07 / 07 / 2021 Durée2h 13
GenreAction, Aventure, Science fiction Budget150 / 200 000 000 $

Natasha Romanoff, alias Black Widow, voit resurgir la part la plus sombre de son passé pour faire face à une redoutable conspiration liée à sa vie d’autrefois. Poursuivie par une force qui ne reculera devant rien pour l’abattre, Natasha doit renouer avec ses activités d’espionne et avec des liens qui furent brisés, bien avant qu’elle ne rejoigne les Avengers.

Critique

Vous qui arrivez ici sans encore avoir vu Black Widow, je vous arrête là et vous réoriente vers la critique sans spoiler. Car oui, ça spoile méchamment. Surtout, ça s’adresse à un lecteur ayant déjà vu le vingt-quatrième long-métrage de Marvel Studios.

On est bon ? Allez, c’est parti, mes cocos.

Le plus grand adversaire de Captain America

Avant toute chose, je voulais souligner à quel point j’avais apprécié les nombreux easter eggs.

Il y en a particulièrement un qui m’a fait délirer. Celui où Alexei « Red Guardian » Shostakov enchaîne les bras de fer en prison tout en narrant un récit complètement inventé à propos de son affrontement contre la Bannière Vivante. Voilà qu’arrive un mastodonte répondant au nom d’Ursa. Tiens, ce ne serait pas le super-héros Grande Ourse dans les comics, celui qui fait partie de la version soviétique des Avengers, Winter Guard, avec Red Guardian ? Bref, cet Ursa se fout de la gueule d’Alexei et finit avec un poignet brisé. Voilà, que Red Guardian balance une punchline de la mort. Je n’ai plus la réplique exacte en tête, mais ça fait référence à un ours. Bam, œuf de Pâques éclaté sur la tête. Cette combinaison entre l’easter egg et le gag m’a tué. C’est à ce moment-là que j’ai su que j’allais bien kiffer le perso de David Harbour.

Le reste de sa prestation est du même niveau comme avec cet hilarant essayage de costume. Je ne sais pas comment il a réussi, le mec. Il fait des trucs ridicules, mais arrive toujours à être badass. Faut dire qu’en affichant 190 au compteur de mètre, il en impose par rapport à ses partenaires. À noter également une émouvante scène où il chante la ballade de Don McLean, American Pie. Une belle prouesse d’avoir réussi à m’émouvoir, car je ne pouvais pas m’empêcher d’avoir en tête Jim en train de réviser les positions du Kamasutra avec l’aide d’une tarte sur l’îlot central de la cuisine de ses parents.

Puis bon, je ne vais pas mentir, le running gag concernant sa rivalité avec Captain America m’a fait rire à chaque fois. En tout cas, un réel plaisir de voir David Harbour au top. Surtout après Hellboy.

L’héritière qui ne reprendra pas la pose iconique

On passe maintenant à ma deuxième favorite. Yelena Belova jouée par Florence Pugh. J’ai beaucoup aimé son personnage. Sa performance m’ayant le plus marqué, c’est lors du repas des retrouvailles. Alors que Natasha ne cesse de marteler qu’ils ne sont pas une famille, on sent que chacune de ses répliques est comme un coup de poignard dans le cœur de Yelena. C’est presque imperceptible, mais c’est finement joué et ajoute un paquet d’émotion.

Pour le reste, à la manière de Red Guardian, elle envoie du lourd. Sa première apparition en Widow manipulée où elle n’hésite pas à éventrer sa cible, c’est quelque chose. J’étais même surpris de voir une telle entrée en matière pour celle qui devrait être la remplaçante de Scarlett Johansson avant de comprendre. On notera aussi un excellent running gag où elle se fout de la gueule de la pose iconique de Natasha sans oublier cette scène où elle se débarrasse de cette mitrailleuse plutôt pénible avant de se rendre compte qu’elle a déclenché une avalanche.

C’est donc particulièrement ravi que j’ai découvert la scène post-générique. Non seulement, on retrouve mon petit kif de la série Falcon et le Soldat de l’Hiver, Valentina de Fontaine (Julia Louis-Dreyfus), mais en plus, ça fout un lien inattendu avec la série Hawkeye à venir. J’avoue que j’ai un peu de mal à comprendre pourquoi Yelena en voudrait à Clint (rien à voir, mais ça me fait penser d’ailleurs aux petites blagues lors du passage à Budapest). En tout cas, la voie est toute tracée pour mener aux Dark Avengers et/ou Thunderbolts.

La Black Widow des origines

Pour Melina Vostokoff (Rachel Weisz), je n’ai malheureusement pas grand-chose à dire de plus par rapport à la critique sans spoiler. Juste que le coup de la destruction du moteur est plutôt marrant. Ah oui, aussi, c’est vraiment elle qui a commencé à déclencher les émotions chez moi. La scène où elle discute avec Alexei en aparté a ce petit quelque chose de déchirant. L’idée de se séparer des enfants. En spectateur averti, on sait, comme Melina, qu’ils vont sacrément en baver par la suite…

Par contre, elle est malheureusement au cœur de la partie que j’ai le moins aimé. Le coup à la Mission: Impossible où les personnages échangent leur visage. Ça permet certes une scène efficace entre Ray Winstone et Scarlett Johansson (le coup de la feinte de baffe, je suis sûr que Scarlett a vraiment flippé), mais bon. C’est tellement prévisible et convenu, avec, pour cerise sur le gâteau, la ridicule scène du « comment on a élaboré le plan » que ça m’a un peu gâché la dernière partie de l’aventure. D’autant plus que ça fait un poil redite avec Captain America: Le Soldat de l’Hiver.

La Maîtresse de corvée

Heureusement qu’il y a la superbe séquence où on découvre la personne sous le masque de Taskmaster. Ok, on avait tous deviné que c’était la fille. Mais quand même, découvrir sous le masque une Olga Kurylenko défigurée par le feu combinée avec des yeux aussi vides de vie, ça fait un petit choc. Quelle connerie quand même d’avoir mis son scène sur le générique d’ouverture, car du coup, je m’y suis un peu attendu.

Tant qu’on y est, passons donc à ce personnage. Je trouve que Marvel Studios a réussi son coup avec son Maître de corvée. Il, ou plutôt elle, a vraiment un aura à la T-1000 (pour ne pas citer le Soldat de l’Hiver) durant tout le long-métrage. Sa première scène d’action envoie du lourd avec cette photographie léchée. J’ai juste un regret. Qu’on ait pas une longue scène d’action de bagarre où Taskmaster aurait changé de style en plein combat. Car, sauf si je me trompe, mais dans le film, à chaque scène d’action, il sort un nouveau style correspondant à un Avengers : Captain America, Black Widow, Hawkeye, Black Panther. Mais jamais, il ne les enchaîne à l’exception de la première confrontation où il combine Captain America et Black Widow.

J’avoue être partagé concernant la fin. J’aurais adoré un combat mano to mano au sommet avec le fameux changement de style. Mais cette scène où elle demande si son père est mort a un petit quelque chose de déchirant. J’espère qu’on la reverra.

Il était une fois, une Veuve

On arrive maintenant à la dernière : l’Avenger. Bizarrement, je n’ai pas grand-chose à dire. En fait, je suis juste content de revoir Scarlett Johansson une dernière fois dans le rôle. Mais je n’arrive pas à me dire que c’est la dernière. Je ne sais pas pourquoi. En fait, je pense que c’est parce que son arc est bouclée dans Avengers: Endgame. C’est dans ce film que je lui ai vraiment fait mes adieux. Au moins, il y a la scène post-générique avec cette pierre tombale m’ayant serré le cœur. En tout cas, ça aurait été une sacrée aventure à ses côtés depuis Iron Man 2 (2010) et huit films.

Je noterais juste le prolongement de l’impossibilité d’avoir un enfant pour une Widow. Un élément qui avait été abordé dans Avengers: L’Ère d’Ultron. Il est mis à nouveau sur la poêle et de manière fun. Parmi les easter eggs, j’ai pas mal apprécié l’arrivée du costume classique avec les tasers dorés. Subliment porté par Rachel Weisz et Scarlett Johansson. Tout comme la veste donnée par Yelena à Natasha. Voilà ce qui va donner un peps supplémentaire à Avengers : Infinity War (comme s’il en avait besoin) où on la voit justement avec cette veste… pleine de poches.

Une famille. Des familles.

Maintenant, je voulais parler de ce qui m’a surpris. L’émotion. Encore plus parce qu’elle est à un endroit où je ne l’attendais pas. Je m’attendais à ressentir de l’émotion liée aux adieux de Natasha, mais non, tout a commencé avec cette scène d’ouverture totalement surprenante. On oublierait presque qu’on est devant un Marvel Studios jusqu’au moment où Alexei retourne une remorque rien qu’avec la force de ses bras.

Juste en passant, une mention spéciale à la jeune Ever Anderson qui joue la jeune version de Natasha Romanoff. Elle livre une belle performance et y est pour beaucoup dans le déclenchement des émotions. Anderson… Anderson ? Comme le réalisateur Paul W. S. Anderson ? Hé ouais, car c’est la fille qu’il a eu avec l’actrice Milla Jovovich. Quand j’ai lu ça, je me suis dit bordel, mais oui. Elle ressemble vachement à sa mère.

Black Widow tourne vraiment autour l’idée de la famille. Ce qui fait une belle parallèle avec son arc scénaristique dans les Avengers. Alors quand en plus, les acteurs sont vraiment excellents, ça donne de belles scènes émouvantes. Franchement chapeau, car je ne m’attendais pas du tout à ça.

Un clone de Captain America: Le Soldat de l’Hiver ?

Le principal reproche que je ferais à Black Widow. C’est qu’il y a pas mal de ressemblances avec le deuxième épisode de la trilogie consacrée à Steve Rogers. Entre Taskmaster en sosie du Soldat de l’Hiver jusqu’à la manipulation mentale. La Chambre Rouge en version supérieure d’Hydra. Une Natasha fugitive à la manière de Steve Rogers suite à la tentative d’assassinat de Nick Fury. Ce sont des petits détails similaires durant les deux premiers tiers du long-métrage. Après tout, ce n’est pas nouveau, car la structure ressemble déjà beaucoup à celle de Terminator 2: Le Jugement Dernier (1991).

Par contre, c’est dans la dernière partie où la similarité est un poil trop forte. Entre la base volante, un crash, la finalité du combat entre Black Widow et Taskmaster proche de celui entre Steve et Bucky. Sans oublier le coup du masque pour changer d’identité. Le tout pour donner une gigantesque scène d’action spectaculaire. Néanmoins, et heureusement, le dernier film du MCU de Scarlett Johansson apporte suffisamment pour marquer une différence.

Par bien chaud pour continuer avec les nouveaux personnages.

Conclusion

Malgré des ressemblances parfois criantes avec Captain America: Le Soldat de l’Hiver, difficile de bouder Black Widow tant ses qualités sont réelles. Entre l’excellent humour et des scènes d’action décoiffantes, le tout porté par des nouveaux personnages instantanément attachants, bref, une nouvelle belle réussite made in Marvel Studios.

+

  • Les nouveaux personnages
  • Tellement de blagues réussies
  • Action au top

  • Similarités avec Captain America: Le Soldat de l’Hiver
8/10

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