Nick la critique : Alien: Covenant

Une colonisation saignante

Fiche

TitreAlien: CovenantTitre VO
RéalisateurRidley ScottScénaristes John Logan, Dante Harper
Acteurs Michael Fassbender, Katherine Waterston, Billy Crudup, Danny McBride, Demián Bichir
Date de sortie10 / 05 / 2017Durée2h 02
GenreHorreur, Science fiction, ThrillerBudget111 000 000 $

Les membres d’équipage du vaisseau Covenant, à destination d’une planète située au fin fond de notre galaxie, découvrent ce qu’ils pensent être un paradis encore intouché. Il s’agit en fait d’un monde sombre et dangereux, cachant une menace terrible. Ils vont tout tenter pour s’échapper.

Critique

Attention, cette critique contient des spoilers (et pas des petits)…

Alien: Covenant : Un début intrigant

Vous vous souvenez sûrement de ma critique sur le film Passengers. En regardant Alien: Covenant, j’ai eu la même sensation de déjà vu. Le gars qui va trop souvent voir des films SF et puis se demande après : qui copie l’autre.

Tout débute dans l’espace. Walter l’androïde next gen qui doit recharger les batteries du vaisseau par voie solaire mais fait face à une tempête interstellaire et réveille les acteurs principaux qui bien évidemment vont tous mourir…
Non ! Pas tout de suite. Attends la suite de la critique, histoire de te mettre dans le bain d’astéroïdes dans la gueule.
T’as tout le monde qui se réveille et comme un nouveau-né crie : Walter!!!

Une réparation qui vaut le détour

C’est quand Tennessee sort du vaisseau qu’il reçoit un message intrigant à son casque qui les conduit à des coordonnées d’une planète jusque-là, inconnue pour eux, seulement pour eux. J’insiste là-dessus. Car nous téléspectateurs, on la connaît cette planète de merde. Celle où il faut pas aller. Et comme des cons, ils y vont.

Certes, il y a quand même quelqu’un qui réfléchit, c’est Daniels. La pauvre n’a pas le temps de décongeler qu’elle voit son mari Capitaine Branson, cramer dans un frigo. Du coup, le deuil la sensibilise. Elle vient de vivre l’enfer. Et elle s’oppose au fait d’y retourner.

Mais le nouveau Capitaine Oram… Oui, c’est la tradition. Le vrai capitaine meurt toujours à la fin du début pour débuter le début du film : nouveau capitaine égal embrouilles. Il n’a pas d’expérience et est excité à l’idée de partir en enfer. Quand le diable t’invite à dîner… Tu signes un Alien: Covenant.

Le voyage sur la planète Problème

Ils ont un truc aussi, ils s’appellent la colonie. C’est vraiment à ce moment-là que Ridley Scott traite d’un problème courant chez les colons. Le non-respect de la terre inconnue. Par exemple, il y en a un qui prétend qu’il va pour pisser alors qu’il n’en est rien et se met à fumer et balancer son mégot l’air de rien. Et l’autre qui se met à jouer avec des plantes qu’il ne connaît pas. Eh bien, ils finissent par crever.

Il y a un aspect très karmique dans Alien: Covenant. Tu fais du mal, tu le paies. Un exemple type avec la navette qui explose sur la planète.

La rencontre avec Satan

Nos fouineurs de l’espace ne manquent pas d’audace pour entamer un chemin de découverte. Ils découvrent le Prometheus. Après la navette qui explose, ils rencontrent David. David les conduit vers une cité devenue une nécropole. C’est à ce moment que l’on sent déjà l’ambiance glauque d’un type qui te fait marcher sans crainte dans une cité infestée de cadavres calcinés.

Quand tu vas dans le labo, ce type est fasciné par l’anatomie insectoïde. La lumière est terne et la couleur miel fait penser à une ruche.
Ça conduit vraiment à comprendre ce personnage taré qui se présente sous un caractère mielleux et assombri, une fois qu’on va dans son sous-sol.

David, c’est le socio-psychopathe qui devient votre ami et vous balance par la fenêtre à la moindre occasion.

Les aliens ne sont pas du tout décevants. C’est lui qui les développe. On peut noter que Ridley Scott touche un point important avec ce personnage. Comment jouer au créateur peut être dangereux entre de mauvaises mains. David a été créé à l’image de Wayland. Quand on voit David faire, on sait que Wayland c’était bel et bien un connard. Il joue du Wagner non loin de rappeler Léopold ou le concept eugénique de Vacher de Lapouge emprunté par Hitler et aujourd’hui emprunté par David qui est en quête de la race parfaite de xénomorphe. Et pour cela, s’il doit exterminer la race humaine et autres espèces, il le fera. Il est dans une logique simple. Il conçoit ses actions comme un acte d’amour. C’est un oxymore comportemental. Ce type est seul avec sa folie. Wayland bien que mort, vit en lui.

Par , le13 mai 2017.


Conclusion

J’ai regardé ce film avec attention. Et si c’était à refaire, je dirais non. On se tire une balle dans le pied pour 111 millions ?! Mais tu ne vas plus marcher droit. On a un scénario un peu gratté chez l’un puis chez l’autre et puis quand on cherche du sang neuf, c’est un sandwich rassis qui a juste été repeint pour nous épater les yeux. La version de Prometheus bien que comportant aussi des scènes débiles était plus drôle que cet actuel épisode. La femme est mise en avant dans le plus beau des respects. Je m’explique. L’homme tranche, mais la femme ressent. Et ce concept est bien représenté. Les décors sont somptueux et font rêver. Par contre, David, c’est un personnage dont on se débarrasserait volontiers pour tenter d’obtenir une intrigue plus poignante.

+

  • La mise en scène très linéaire
  • Le film a du rythme
  • Des décors somptueux

  • Il y a beaucoup de scènes stupides
  • Les actions sont un peu lentes parfois
  • Effet de répétition
  • Rotten Tomatoes à 78 %
4/10

Le making of:

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A propos de l'auteur : (30 articles)

Comédien étudiant le théâtre à l'atelier de Caroline Rabaliatti à Fontenay-sous-Bois. Dessinateur, aussi. Il écrit des scénarii quand il peut le faire. Passionné de BD, il prépare la sienne.

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  • Dreadfox

    Original comme style de critique, très agréable à lire ! Continues comme ça !