"I'm not a hero, never was, never will be" (Solid Snake - Metal Gear Solid 4)

[Critique] The Deep Blue Sea

Bannière de la critique de The Deep Blue Sea
Le devoir ou la passion?

Fiche

D’après la pièce de théâtre de Terence Rattigan
Réalisateur(s):Terence Davies (Chez les heureux du monde)
Scénariste(s):Terence Davies
Acteurs:Rachel Weisz (Dream House), Tom Hiddleston (Avengers), Simon Russell Beale (My Week with Marilyn), Ann Mitchell, Jolyon Coy, Karl Johnson, Harry Hadden-Paton
Pays:USA, UKDate de sortie:20 juin 2012
Genre:Drame, RomanceDurée:1h38
Hester Collyer, épouse de Sir William Collyer, haut magistrat britannique, mène une vie privilégiée dans le Londres des années 1950. A la grande surprise de son entourage, elle quitte son mari pour Freddie Page, ancien pilote de la Royal Air Force, dont elle s’est éperdument éprise. Sir William refusant de divorcer, Hester doit choisir entre le confort de son mariage et la passion.
Photo de The Deep Blue Sea

Une femme à contrecourant. 

Critique

The Deep Blue Sea s’inspire de la pièce de théâtre de Terence Rattigan jouée pour la première fois en 1952 et a déjà fait l’objet d’une adaptation cinématographique en 1955 avec Vivien Leigh (la fameuse Scarlett O’Hara d’Autant en emporte le vent). Ce remake est né d’une idée de la Fondation Rattigan à l’occasion du centenaire de la naissance de l’auteur. Le producteur Sean O’Connor a contacté le réalisateur Terence Davies pour mettre au point cette nouvelle adaptation non pas parce qu’il a le même prénom que l’auteur de la pièce mais parce qu’il a vu une parallèle entre l’œuvre du réalisateur et celle du dramaturge notamment à propos de la position de la femme dans la société britannique d’après-guerre.

On pourrait déplorer un sujet plus vraiment d’actualité dans les pays occidentaux à savoir une femme prenant un amant et allant donc à contrecourant des mœurs de l’époque si on ne pouvait pas facilement transposer un tel sujet dans certains pays musulmans de plus, certaines réflexions demeurent toujours autant d’actualité (le mariage ou la passion ?). Cet acte considéré comme immoral pour l’époque témoigne de notre histoire, pas si lointain que ça au bout du compte. Ce serait vraiment dommage de faire l’impasse sur une réflexion intéressante, des prestations abouties, une belle reconstitution et une réalisation envoutante.

Témoignant de son héritage théâtral, The Deep Blue Sea offre des répliques soignées dont certaines sont particulièrement marquante à l’image de ce court échange entre Hester et son mari William. A la question du mari « Mais, qu’est-ce qui t’arrives Hester ? », la réponse de sa femme est cinglante « L’amour, Bill. Seulement ça .». De plus, les répliques peu nombreuses arrivent toujours à faire passer un maximum d’informations sans jamais sembler redondants. L’héritage d’une autre époque.

Photo de The Deep Blue Sea

L’amour virevolte aux flammes de la passion. 

Avec un tel support, les acteurs ne peuvent que se sublimer surtout Rachel Weisz offrant une prestation très solide avec un jeu du regard à faire tomber et mieux même, on y croit. On croit à son amour envers le pilote Freddie. Ses sourires, ses regards bifurquant au lointain, ses yeux ébahis, toute la panoplie de la grande actrice est déployée pour faire d’Hester, une femme passionnée et amoureuse. A ses côtés, Tom Hiddleston semble légèrement en deçà si on oubliait la sublime scène finale où il est temps de marquer une rupture dans l’histoire. Pour compléter le trio, Simon Russell Beale dans le rôle, pourtant peu évident et tendant souvent vers la caricature, du mari cocu. Finalement on ne retiendra que de la dignité et un sens de l’honneur aigu pour cet homme que son interprète réussit à retranscrire.

Pour compléter le tout, on adjoint une réalisation allant de pair avec une sublime musique notamment sur la première demi-heure presque sans dialogue marquant le début du déclin avec les réminiscences de la rencontre entre Hester et son amant porté par des plans sans dialogues mais à la puissance émotionnellement chargée notamment sur ce plan où la caméra reste posée devant Tom Hiddleston avec un filtre d’image rendant l’ensemble presque éthérée comme si le film se déroulait au paradis et marquant de ce fait la naissance d’une idylle, ne dit-on pas que le début d’un amour est le premier pas vers le septième ciel – ou vers le premier cercle de l’Enfer ?

Contrebalançant, les phases avec le mari semblent très froides comme si l’émotion était absente. A l’aide de quelques plans minimalistes, le réalisateur est capable de nous faire comprendre la détresse d’Hester alors partagée entre le devoir et l’amour. Rendant même la suite des choses plus fluides et moins brusques, on parle tout de même d’une femme trompant son mari. La force du film est de nous réussir à faire comprendre le pourquoi du geste.

Pour la suite, la réalisation choisit un cadre plus posé, plus enclin à des joutes verbales mais pointant de temps en temps des séquences sublimes et envoutantes.

Le film souffre néanmoins de quelques longueurs malheureusement dues à la tentative du réalisateur de transformer la pièce de théâtre en œuvre capable de sublimer le matériau d’origine. Sans compter sur cette « désactivité » assez agaçante du personnage de Rachel Weisz, on a l’impression qu’elle se contente plus de subir les évènements que de les provoquer du coup comme elle. Dès lors comme elle, on suit les évènements du long-métrage comme si on était dans une barque sur une rivière, le tout s’enchaine avec un rythme fluide toutefois lent prêtant davantage d’attention au paysage qu’à l’action.

Photo de The Deep Blue Sea

Une mise en scène soignée de la part de Terence Rattigan. 

Conclusion

The Deep Blue Sea souffre d’un rythme lent et d’un sujet moyennement d’actualité mais offre une telle force émotionnelle provenant de la mise en scène et des performances des acteurs surtout Rachel Weisz.
+- Rachel Weisz
- La mise en scène
- Sujet à controverse bien amené
-- Lent (avec notamment des plans à rallonge)
- Sujet plus aussi choquant qu’en 1950
7/10

Photo de The Deep Blue Sea
VN:F [1.9.22_1171]
Notez-le aussi:
Rating: 6.8/10 (6 votes cast)
A propos de l'auteur : (1380 articles)

Fou de cinéma depuis qu'il a vu son premier film dans les salles obscures : Jurassic Park. Pleure quand le requin meurt dans Les Dents de la Mer. Plus tard au collège, il a succombé aux comics grâce (ou à cause) à un pote. Les jeux vidéo, il y touche depuis Les Schtroumpfs sur la Colecovision.


Articles similaires:
[Critique] Blue Valentine
Le film marque, non le mot est trop faible, il traumatise en nous livrant un portrait sans tabou d’une histoire d’amour jouant sur le temps...
Lire la suite...
Bannière de Jane Eyre
Avec le film du jour, Jane Eyre, le roman de Charlotte Brontë connaît sa vingtième adaptation cinématographique/télévisuelle, un sacré poids lourd. Dès lors, on peut se demander l’intérêt d’adapter un ...
Lire la suite...
[Critique] Indian Palace
Le réalisateur de Shakespeare In Love revient pour signer une adaptation d’un roman avec le flegme typiquement britannique. Il réunit donc une belle brochette d’acteurs anglais et les déplace dans ...
Lire la suite...
[Critique] Sur la route
Sur la route est une adaptation du roman le plus connu de Jack Kerouac. Son auteur est celui qui emploiera pour la première fois le terme de Beat Generation, ce ...
Lire la suite...
Bannière du film Higher Ground
Premier film de Vera Farmiga d’après les mémoires de Carolyn S. Briggs donc on s’attend au film un peu chiant, intéressant mais un peu chiant quand même. Et on tombe ...
Lire la suite...
[Critique] Je te promets – The Vow
Difficile de s'emballer pour The Vow, à l'heure où j'écris à la critique, j'ai déjà vu le film depuis quelques jours. Une chose qui ne me ressemble pas étant donné ...
Lire la suite...
[Critique] Cheval de Guerre
La nouvelle merveille de Spielberg nous promet-on, on ne demande qu’à croire mais déçu par ses précédents films à force d’attendre monts et merveilles, on se prépare à une nouvelle ...
Lire la suite...
Bannière du film Monsieur Flynn
Voir Robert De Niro sur l’affiche d’un film suffit pour convaincre de le visionner sans rien savoir dessus. Dans Monsieur Flynn, on suit en parallèle la vie de deux personnes, ...
Lire la suite...
Bannière de la critique de Terri
Avec ce Terri arrive l’impression de disposer d’un Precious blanc, heureusement, ce n’est point le cas donc je peux déjà laisser tomber le papelard où je brûle ce tas d’immondice ...
Lire la suite...
Bannière pour la critique de Killer Joe
Le grand retour du réalisateur William Friedkin se fait avec Killer Joe. Il faut dire que le bonhomme ne s’est jamais démarqué hormis sur deux fulgurances qu’il a signé coup ...
Lire la suite...
[Critique] Blue Valentine
[Critique] Jane Eyre
[Critique] Indian Palace
[Critique] Sur la route
[Critique] Higher Ground
[Critique] Je te promets – The Vow
[Critique] Cheval de Guerre
[Critique] Monsieur Flynn
[Critique] Terri
[Critique] Killer Joe
[Critique] The Deep Blue Sea, 6.8 out of 10 based on 6 ratings
Wikio - Top des blogs - Multithématique
Prix du Jury TV Pixmania
bonial – promos, horaires et catalogues zero papier
Powered by WordPress | Designed by: Free MMORPG Games | Thanks to Browser Games, Game Music and RPG Reviews