Critique & Test Blu-ray : Pi (π)

Le cauchemar des nombres

Date de sortie DVD/Blu-ray : 1 juin 2011

Réalisé par Darren Aronofsky (Black Swan, The Wrestler, Requiem for a Dream, The Fountain)

Avec Sean Gullette (quelques second rôle dans les films de Darren Aronofsky), Mark Margolis et Ben Shenkman (Blue Valentine)

Date de sortie cinéma : 10 février 1999
Long-métrage américain
Genre : Science fiction, Thriller
Durée : 1h25

Format vidéo : 1.66:1
Langue : Anglais et Français (DTS-HD Master Audio 5.1)
Sous-titres : Français
Suppléments : aucun

Max, brillant mathématicien, souffrant de migraines intolérables, est néanmoins sur le point de faire la plus grande découverte de sa vie : décoder la formule numérique qui se cache derrière le marché des changes. C’est alors que tout bascule dans un immense chaos. Il est a la fois poursuivi par une grande firme de Wall Street qui souhaite dominer le monde de la finance, et par des cabalistes qui tentent de percer les mystères enfouis derrière les nombres secrets.

La critique

Attention film dérangeant ! Le premier film de Darren Aronofsky, qui explosera ensuite avec Requiem for a Dream, dispose déjà de sa marque de fabrique. Il est hallucinant comment on peut retirer de nombreuses similarités entre le film du jour et Black Swan (comme si ce dernier en était un remake). Surtout au niveau de la réalisation qui s’attache à filmer au plus près la « folie » des personnages.

Toujours est-il que Pi est un excellent film même 13 ans après sa sortie (1998). L’histoire de ce génie obsédé par une suite de nombres se retrouve dans le film de Jim Carrey, Le Nombre 23. Toutefois le film d’Aronofsky est nettement plus réussi que celui de Joel Schumacher. La folie du personnage obsédé est mieux représenté surtout grâce à des cauchemars inquiétants et à une prestation de Sean Gullette hallucinante. Et puis bon, les deux réalisateurs n’ont pas le même talent…

Mais la séquence la plus hallucinante du film est celle d’une course-poursuite où on est handicapé par les limites techniques de la caméra de Darren Aronofsky. On est alors aveuglé par la pénombre omniprésente. Seuls certains plans du personnage principal et des gros plans sur les poursuivants sont nettement visibles. Cela accrue le sentiment de malaise et de pure panique, on entre dans une phase d’empathie très forte : une séquence très réussie grâce à une technique alors brute.

Ces limites techniques, Pi les prend pour en faire une force car il est évident que le film n’aurait pas eu le même impact sans elles. Le noir et blanc est très esthétisé, le grain omniprésent donne une sensation malsaine pulsionnelle, les défauts de contraste achève de nous faire croire plongé dans un cauchemar. Le tout est servi par une très bonne BO servie par Clint Mansell, compositeur attitré d’Aronofsky.

La philosophie derrière le film, derrière cette théorie des nombres fascine.

Le blu-ray

Déjà aucun bonus (même pas une bande annonce moisie) par contre au niveau sonore, c’est du bon DTS-HD Master Audio 5.1 pour la VO et la VF.

Au niveau de l’image, le film souffre bien sûr de la qualité technique du film mais arrive à ressortir une image propre. Les défauts ne sont alors qu’inhérent au long-métrage et comme on vient de le voir, lui donnait son identité, c’est avec un gros ouf de soulagement qu’on voit qu’il n’y a pas eu de filtre pour les masquer (le résultat est parfois dégueulasse).

Une curiosité, ne serait-ce que pour voir le premier film de Darren. En somme, un bijou d’épouvante sur une illustration de la folie qu’on retrouvera dans Black Swan.

La réalisation de Darren Aronosfky est déjà impeccable. et la BO par Clint Mansell est très bonne.

Sa scène culte : la course-poursuite et le final

Film : 8/10

Un blu-ray à l’interactivité inexistante (même pas de sélection de chapitres) mais à la partie technique plutôt bonne en tenant compte des limites techniques du film.

Image : 7/10

Son : 8/10

Bonus : 0/10

affiche pi

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A propos de l'auteur : (2688 articles)

Fou de cinéma depuis qu'il a vu son premier film dans les salles obscures : Jurassic Park. Pleure quand le requin meurt dans Les Dents de la Mer. Plus tard au collège, il a succombé aux comics grâce (ou à cause) à un pote. Les jeux vidéo, il y touche depuis Les Schtroumpfs sur la Colecovision.

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  • Un film culte qui m’avait fait découvrir Aronofsky à sa sortie, et que j’ai partagé avec beaucoup d’amis qui en sont ressorti marqués.

    Dommage que tu n’approfondis pas plus le message du film sur la relation monde/chiffre/math et la théorie du nombre d’or, etc…, ou encore que tu ne parle pas plus de la b.o qui sublime énormément le film.

    Je le conseille à tout le monde, une première oeuvre majeure et exceptionnelle pour Aronofsky.

  • Etant donné que le film a un certain âge. Je ne vois pas trop l’intérêt d’y revenir étant donné qu’il existe des analystes bien plus doués que moi pour déchiffrer ce genre de film. Je voulais juste revenir sur le sentiment que j’ai eu par rapport à Pi.

    La BO, c’est Clint Mansell donc elle est toujours bonne 😉

    Après la théorie du film est assez simpliste et déjà vu dans pas mal d’autres œuvres.