Critique & Test Blu-ray : E.T. l’extra-terrestre

« E.T. Regarde Blu-ray »

Fiche

Réalisateur(s): Steven Spielberg (Cheval de guerre)
Scénariste(s): Melissa Mathison (L’Etalon noir)
Acteurs: Dee Wallace (The House of the Devil), Henry Thomas (Cher John), Peter Coyote, Robert MacNaughton, Drew Barrymore (Miracle en Alaska), C. Thomas Howell, K.C. Martel
Titre original:E.T. The Extra-TerrestrialDate de sortie:1 décembre 1982
Pays:USABudget:10 500 000 $
Genre:Aventure, Famille, Science fictionDurée:2h

Une soucoupe volante atterrit en pleine nuit près de Los Angeles. Quelques extraterrestres, envoyés sur Terre en mission d’exploration botanique, sortent de l’engin, mais un des leurs s’aventure au-delà de la clairière où se trouve la navette. Celui-ci se dirige alors vers la ville. C’est sa première découverte de la civilisation humaine. Bientôt traquée par des militaires et abandonnée par les siens, cette petite créature apeurée se nommant E.T. se réfugie dans une résidence de banlieue.

Elliot, un garçon de dix ans, le découvre et lui construit un abri dans son armoire. Rapprochés par un échange télépathique, les deux êtres ne tardent pas à devenir amis. Aidé par sa soeur Gertie et son frère aîné Michael, Elliot va alors tenter de garder la présence d’E.T. secrète.

Date de sortie Blu-ray/DVD:23 octobre 2012Format vidéo:1.85:1
Langues:Français (DTS HD High Resolution 7.1, DTS Digital Surround 2.0), Anglais (DTS HD Master Audio 7.1, DTS Digital Surround 2.0)
Sous-titres:Français, Anglais
Suppléments :« Le journal d’E.T. » : reportage inédit sur la création du film, « Steven Spielberg & E.T. » : interview inédite du réalisateur, Scènes coupées, « Un regard en arrière » : making of rétrospectif du film, « Les retrouvailles de l’équipe d’E.T. » : acteurs et réalisateur se souviennent de l’aventure du film (réal. Laurent Bouzereau), « L’évolution et la création d’E.T. » : de l’idée originale au scénario, du casting à la réalisation, « La musique d’E.T. » : rencontre avec le compositeur John Williams, « Le 20ème anniversaire » : coulisses du concert donné par John Williams au Shrine Auditorium à l’occasion des 20 ans du film en 2002, Bande-annonce originale

Critique

Retrouver E.T., c’est un peu replonger durant deux heures dans la peau de notre soi-passé. Cet enfant qu’on avait oublié dans un coin de notre coeur. Cet enfant capable de s’émerveiller, de rire, de pleurer pour l’histoire d’un extra-terrestre perdu sur notre Terre. Il est hallucinant de voir comment Spielberg a été capable de nous faire rêver à l’époque à partir d’une « poupée » aux expressions limitées. Pourtant même encore de nos jours, on y croit à fond. Ce n’est pas une poupée animée qu’on voit, ce n’est pas une image de synthèse de dernier cri, c’est E.T. notre ami à tous, celui qui nous a appris la tolérance envers tous les individus qu’ils viennent de l’espace ou du monde entier…

Je suis aussi époustouflé par le jeu des enfants, capable de nous faire offrir un panel d’émotions diverses. Mention spéciale quand même à la toute petite Drew Barrymore qui réussit toujours à me faire pleurer durant la scène tragique… Décidément, E.T. l’extra-terrestre n’a pas vieilli d’un iota ou très peu grâce à une réalisation très maîtrisée dont certains plans impressionnent encore aujourd’hui même si le regard d’adulte repère pas mal de défauts (doublure évidente pour la course poursuite en vélo, effets spéciaux d’ILM dépassés). Pourtant on a vu avec l’édition du 20ème anniversaire quand Spielberg avait voulu améliorer son film, le résultat catastrophique. Rien ne sert à avoir les meilleurs effets spéciaux possibles, il faut juste qu’ils fonctionnent et c’est le cas…

Difficile d’en dire plus tant j’ai envie de garder mon histoire d’amour avec le film secret, tant j’ai envie de le revisionner enveloppé sous une couverture avec mon doudou et ma lampe de poche à quelques centimètres de l’écran dans le silence le plus total pour ne pas réveiller les parents. C’est une jeunesse qui renaît, des odeurs qui réapparaissent, une croyance en l’amitié universelle qui rejaillit tel l’arc en ciel laissé par le vaisseau d’E.T.. C’est du cinéma dans sa plus belle expression, celle capable de vous transporter ailleurs durant un instant…

Test

Belle surprise pour l’offre sonore du blu-ray, tout est disponible que ce soit le son remastérisé ou celui de 1982! Un must. Par contre, au niveau de l’image, le film souffre beaucoup sur les plans larges où le grain de l’image est très présent. C’est vraiment dommage qu’il n’ait pas eu un filtre convaincant pour essayer de gommer ces imperfections malgré tout sur les plans génériques, l’image demeure très belle. De plus, ce grain donne l’impression de revoir le film de notre enfance, celui visionné sur VHS. Heureusement qu’on a échappé à l’édition anniversaire ou à une nouvelle édition comme l’ami de Spielberg en est très friand, tu sais le pote barbu qui a été capable de pondre un film où un boutonneux sauve la galaxie à bord d’un vaisseau spatial.

Passons aux suppléments et j’en profite pour vous prévenir sur un détail très important. En voyant Tout voir en dessous de Le journal d’E.T., on pourrait croire que ça concerne tous les suppléments en dessous mais non, ça concerne juste 1re partie et 2e partie. Le reste (Un regard en arrière, Les retrouvailles de l’équipe d’E.T., …) est indépendant, l’indentation a été complètement foirée donc ne vous plantez pas et visionnez vraiment tout, ça vaut vraiment le coup.

Scènes coupées (3mn40)

Deux scènes très courtes, si la deuxième ne sert pas à grand chose sauf à découvrir une bonne blague de Drew Barrymore. La première demeure excellente et permet de voir l’E.T. pour une scène mignonne où il prend un bain et où on connait son poids et sa taille (enfin… s’il ne trichait pas en faisant pousser son cou).

Steven Spielberg & E.T. (12mn31)

Interview de Steven Spielberg réalisée pour le blu-ray. Durant onze minutes, le réalisateur revient sur son histoire avec E.T. et offre de nombreuses anecdotes comme Cannes ou la réaction du président Reagan lors d’une projection privée. Il affirme aussi qu’E.T. est son film le plus personnel.

Le journal d’E.T. (53mn38)

Documentaire d’un peu moins d’une heure, il se déroule dans l’ordre chronologique du film et permet d’observer le tournage de ce film intimiste où l’équipe est assez réduite par rapport à un film de Spielberg. On découvre aussi les interactions du réalisateur avec les gosses et avec quel soin il parvient à extraire d’eux le meilleur jeu possible (notons une interview de Drew Barrymore où elle dit déjà préférer le cinéma à l’école). Il y a aussi une courte discussion entre l’acteur qui joue Elliot et Steven Spielberg à propos d’Harrison Ford et des jeux vidéo mais surtout on a la raison pour laquelle Steven Spielberg met des lunettes de soleil sur les tournages et non, ce n’est pas pour se la péter.

Durant la fameuse scène tragique où E.T. est au plus mal et où les enfants doivent être tristes. Il est surprenant de voir qu’ils le sont vraiment, Drew Barrymore pleure vraiment et a du mal à s’arrêter une fois la réalisation finie de même pour Elliot (voir la gueule des adultes gênés et tentant de les faire changer d’idées est impayable). Voilà ce qui explique pourquoi le film touche autant car les enfants s’investissent réellement émotionnellement et ne tentent pas de faire du factice.

Pour finir, le documentaire on passe un petit moment en compagnie de Spielberg et le compositeur John Williams pour une petite interlude musicale.

Un regard en arrière (37mn43)

J’ai adoré ce reportage où les différents protagonistes multiplient les anecdotes sur le film. Que ce soit l’origine du film, la famille constituée par Steven Spielberg ou la classe où les enfants du film devaient travailler (Drew avait bien du mal). Steven et George Lucas parlent aussi de la fameuse scène culte de Yoda (celle où E.T. croit reconnaître le jedi vert).

Est abordé aussi la question des effets spéciaux, de la construction du vaisseau et des avant-premières où le film a eu beaucoup de succès. On peut aussi voir Steven Spielberg inquiet pour le succès du film quand il se renseigne sur les films qui seront en concurrence (Conan et The Dark Crystal). Notons aussi une autre réplique de Drew Barrymore où elle admet avoir été un peu folle suite au succès du film (ce n’est rien de le dire).

L’évolution et la création de E.T. (50mn06)

Gros morceau revenant sur l’écriture du film qui a été idéale à ce qu’il paraît et sur la créature. On voit comment elle a été créée et surtout comment elle a marqué les acteurs car ce n’est pas une créature en images de synthèse qu’il faut imaginer mais bien un petit bonhomme présent sur les lieux. De plus, Spielberg a eu l’intelligence de cacher les mécaniciens aux acteurs rendant la chose encore plus magique. Drew surtout a été marquée, il suffit de la voir comment elle réagit avec E.T. pour comprendre.

La deuxième partie de ce documentaire s’intéresse au remix d’E.T. pour le 20ème anniversaire. Pour l’histoire, Spielberg a voulu améliorer son film en ajoutant des scènes mais surtout en refaisant E.T. pour le rendre plus « vivant ». Pour cela, il a utilisé des images de synthèse par contre, comme cela a été dit à l’époque, le résultat a été catastrophique. Le public l’a très mal pris, ne retrouvant plus la magie de l’original (un peu comme Star Wars en fait). Ne l’ayant jamais vu, j’ai pu voir des extraits de ces améliorations et je comprends parfaitement le rejet de cette version, E.T. est trop « vivant » bien loin du côté vieillard zen à la Yoda. Ça casse totalement la magie du personnage.

En tout cas, on peut rendre un hommage au réalisateur qui a remis l’ancienne version pour le blu-ray ayant bien pris en compte le désir de ses fans contrairement à Georges Lucas qui persiste à vouloir améliorer sans cesse sa saga, la dénaturant toujours un peu plus : dernier massacre en date, le « Noooooo » de Dark Vador à la fin de l’épisode VI qui casse tout le côté mystique de la scène finale. Par contre, il y avait des ajouts que je trouve très pertinents dans la saga des étoiles comme améliorer les décors car il s’agit d’ajouts imperceptibles et rendant le film plus beau sans briser sa magie (par exemple l’arrivée sur la cité des nuages, une scène un peu bâclée dans l’original mais très belle dans la nouvelle édition). Pour faire la meilleure amélioration possible, il s’agit de la rendre imperceptible et numériser le visage d’E.T., chose où on a du mal à détacher le regard n’est pas imperceptible, c’est même trop visible.

Enfin bref, merci à Steven d’avoir remis le film original pour le blu-ray, rayant l’édition 20ème anniversaire de nos mémoires.

Les retrouvailles de l’équipe d’E.T. (17mn56)

J’ai été déçu par cet extrait qui finalement n’apporte pas grand chose sinon que les acteurs se rendent compte à quel point E.T. a touché le monde et décryptent les raisons de son succès.

La musique d’E.T. (10mn04)

Retour sur la musique culte d’E.T. ayant valu à John Williams un Oscar. Ce reportage permet surtout de voir la collaboration entre le compositeur et le réalisateur. Une collaboration qui dure…

Le 20ème Anniversaire (17mn49)

Reportage sur les coulisses de la représentation pour le 20ème anniversaire d’E.T. au Shrine Auditorium. Une représentation originale en effet le compositeur John Williams et son orchestre ont joué la musique du film en direct. C’est aussi l’occasion de revoir les principaux protagonistes du film 20 ans après (ça fait bizarre de les voir plus vieux surtout en voyant le documentaire juste avant).

Conclusion

Un film immortel pour tous les enfants et adultes du monde entier. Une belle leçon d’humanité, d’amitié, de tolérance et surtout d’amour. Un classique.
10/10
L’édition originale remastérisée pour un résultat marqué au niveau de l’image où le film accuse de son âge sur les plans d’ensemble mais doté d’une offre sonore incomparable. En prime, des bonus indispensables (tous).
Image : 7/10
Son : 9/10
Bonus : 9/10
9/10
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A propos de l'auteur : (2751 articles)

Fou de cinéma depuis qu'il a vu son premier film dans les salles obscures : Jurassic Park. Pleure quand le requin meurt dans Les Dents de la Mer. Plus tard au collège, il a succombé aux comics grâce (ou à cause) à un pote. Les jeux vidéo, il y touche depuis Les Schtroumpfs sur la Colecovision.

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