Critique & Test Blu-ray : A Single Man

Le premier film de Tom Ford (qui s’est principalement illustré dans la mode) est l’adaptation du livre Un homme au singulier de Christopher Isherwood. Interprété par le toujours excellent Colin Firth (La jeune fille à la perle) avec Julianne Moore (Les fils de l’homme), ce drame m’a beaucoup touché par sa sensibilité extrêmement juste.

George Falconer (Colin Firth), un professeur d’université Britannique a perdu l’amour de sa vie l’année dernière. Il n’arrive plus à retrouver l’envie de vivre. Le film nous propose de vivre son dernier jour en effet George a décidé de se suicider au soir.

Le film tient des propos universels (la solitude et la perte de l’être cher) qui ne pourront pas toucher tout le monde. C’est un film qu’il faut ressentir, plus qu’il ne faut regarder.  Si les films lents et sensibles vous rebutent, vous pouvez déjà  passer votre chemin. Pour les autres, un tourbillon d’émotions va vous saisir.

A Single Man raconte la quête d’un homme pour donner un sens à sa vie. Le film est traversé par les flash-back de George Falconer des jours heureux. De tous ces petits moments insignifiants partagés avec Jim, l’amour de sa vie. Il est plaisant de voir que les moments qui lui sont restés ne sont pas grandiloquent mais au contraire très intime. Ces moments partagés dans la vie quotidienne. Parfois, des éclairs de lucidité surviennent et l’autre vous surprend. Le film parle de ces moments-là où deux êtres partagent leur intimité. Ils disent ce qu’ils pensent sans retenue.

Le film parle d’un homosexuel, ça peut rebuter certains mais George aurait pu être hétérosexuel  que cela ne changerait rien au film. C’est un film autour de ces rencontres infortuites qui vous marqueront.  Le film est aussi une belle histoire d’amour, un éloge à la vie au-delà de la dépression du personnage. « L’amour est comme un bus. Une fois qu’on est descendu de l’un, il ne reste plus qu’à attendre d’attraper le suivant ».

L’aspect visuel sous l’aveu même de Ford a été particulièrement travaillé et ça se voit. Pas un plan de trop, pas de longueur extrême. D’une extrême justesse, le rythme du film nous fait suivre la dernière journée de George joué par un Colin Firth au top de sa forme. La musique est magnifique et fait resplendir ce film.

Tom Ford a une superbe idée. Les couleurs s’adaptent à l’humeur de Georges renvoyant directement à notre perception de la vie. Elles sont désaturées quand l’humeur de Georges est au plus bas. Elles éclosent lorsque Georges est confronté à de réelles visions de beauté. Cela nous permet de mieux ressentir les émotions du personnage sans lignes de texte et sans perdre en rythme. Tout se joue dans cette sensibilité. Cette idée nous permet de mieux nous imprégner des sentiments dégagés par le film.

A Single Man est un de ces films d’une très grande sensibilité et d’une profonde humanité. Sa vision vous touchera et hantera, c’est le signe des plus grand chefs d’œuvres du cinéma. Colin Firth y trouve son meilleur rôle. Ne reste plus qu’à Tom Ford de confirmer.

Note : 9/10

Bluray

Niveau technique, c’est du très bon mais aussi du très pauvre niveau bonus, une bande annonce et deux courts making-of. Dommage pour ce magnifique film qui aurait mérité plus.

Image et son : 8/10

Bonus : 3/10

Anecdotes

« Il y a beaucoup de moi dans ma version de George, » avoue Tom Ford. « Beaucoup de gens ont une sorte de crise spirituelle à la quarantaine. Matériellement parlant, j’ai réussi très tôt : sécurité financière, célébrité, succès professionnels. J’avais une vie personnelle remplie et un partenaire extraordinaire qui partageait ma vie depuis 23 ans, deux chiens fantastiques et beaucoup d’amis, mais, d’une certaine manière, je me suis un peu perdu. En tant que créateur de mode, on passe son temps tourné vers le futur, créant des collections plusieurs années avant qu’elles ne se retrouvent en magasins. Notre culture encourage les croyances selon lesquelles tous nos problèmes peuvent être résolus par des choses matérielles. J’avais complètement négligé le côté spirituel de ma vie. »

Si le tournage du film n’a duré que 21 jours, le montage, lui, a pris près de 6 mois.

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A propos de l'auteur : (2741 articles)

Fou de cinéma depuis qu'il a vu son premier film dans les salles obscures : Jurassic Park. Pleure quand le requin meurt dans Les Dents de la Mer. Plus tard au collège, il a succombé aux comics grâce (ou à cause) à un pote. Les jeux vidéo, il y touche depuis Les Schtroumpfs sur la Colecovision.

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  • Ewa

    NUL! je me suis fait chier.

    • Argh, ça me fait mal au cœur. Snif.