Critique : Sicario

This is the land of wolves

Fiche

Titre:Sicario
Réalisateur(s):Denis Villeneuve
Scénariste(s):Taylor Sheridan
Acteurs: Emily Blunt, Benicio Del Toro, Josh Brolin, Victor Garber, Jon Bernthal
Titre original:Date de sortie:07 / 10 / 2015
Pays:États-UnisBudget:32 000 000 $
Genre:Action, Drame, Policier, ThrillerDurée:2h 01

La zone frontalière entre les Etats-Unis et le Mexique est devenue un territoire de non-droit. Kate, une jeune recrue idéaliste du FBI, y est enrôlée pour aider un groupe d’intervention d’élite dirigé par un agent du gouvernement dans la lutte contre le trafic de drogues. Menée par un consultant énigmatique, l’équipe se lance dans un périple clandestin, obligeant Kate à remettre en question ses convictions pour pouvoir survivre.

Les frères Dalton

Critique

Même si son Prisoners et son Enemy ne m’ont pas pleinement convaincu, j’ai bien du mal à ne pas être emballé par l’idée de voir un nouveau film de Denis Villeneuve. Car l’homme a un vrai talent pour la réalisation, surtout concernant la mise en place d’une atmosphère. Ses films ont toujours ce petit quelque chose qui les distingue du reste.

Ayant vu l’excellente série Narcos, le terme « sicario » ne m’était pas étranger. Par extension, le monde des cartels, non plus. De plus, ce n’est pas la première incursion de l’univers au cinéma. Fin 2013, on pouvait compter sur le Cartel de Ridley Scott (bon, le film n’est pas terrible, mais c’est une autre histoire). Je me demandais donc en quoi allait bien pouvoir se démarquer Sicario. La réponse est simple. Tout simplement en nous invitant à vivre (littéralement) la lutte contre les cartels par le gouvernement américain. Une lutte où les règles ont changé.

Une réalisation à la Kubrick

Si le sujet de départ ne brille pas pour son originalité, son traitement est époustouflant. Jamais Denis Villeneuve n’a été aussi épatant. Sa réalisation laisse vraiment une trace. Je suis encore surpris de constater à quel point il a réussi à me rendre crispé tout au long de la séance. Grâce à (ou à cause de) cette musique entêtante, j’ai été presque atteint de claustrophobie (ça m’a rappelé mon premier visionnage du Shining de Stanley Kubrick). C’est drôle, car paradoxalement, chaque plan du film brille par sa grandeur. Même lors des conversations entre personnages. Un contraste inattendu. Et un vrai malaise.

Ce malaise répond parfaitement au sujet. En soi, l’histoire n’a rien de franchement nouveau. On pourrait même la résumer avec un simple pitch. Même le traitement ne l’est pas. Le personnage d’Emily Blunt, alors double du spectateur, découvre simplement la lutte contre les cartels. Mais le scénariste Taylor Sheridan a fait preuve d’un véritable soin, d’un réalisme et d’un certain mystère rendant les évènements fascinants. Un combo de génie, vu leur couplage avec la merveilleuse réalisation de Villeneuve. Quelle photographie, aussi. Je me suis littéralement régalé, même si je regrette une petite baisse de régime vers le milieu du film.

Des scènes d’action peu spectaculaires, mais grandioses

Si Sicario (Sissy cario ?) est aussi marquant, c’est grâce à son hyper-réalisme (du moins, l’apparence du réalisme, n’y connaissant rien). Chaque scène d’action du film est un grand moment, même s’il n’y a rien de spectaculaire. Pas de fusillades d’une demi-heure, pas d’explosion, pas d’Avengers. Une simple tension. Mais une véritable tension. De celles qu’on n’oublie jamais vraiment. Les scènes d’actions sont calculées. Il y a un avant, un après et un pendant. Même quand c’est immobile, c’est tendu.

Pour terminer cette critique, il faut souligner la performance d’un acteur en particulier. Avant le film, j’étais persuadé qu’Emily Blunt allait tout casser, un peu dans la lignée de son personnage dans Edge of Tomorrow. Finalement, le casseur (flotteur ?), c’est un mec que j’avais quitté sur Les Gardiens de la Galaxie. Un Collectionneur. Josh Brolin a beau être l’incarnation de Thanos. La star, ici, c’est Benicio Del Toro dans le rôle d’Alejandro. Oh mes amis, quelle performance. Le mec vampirise l’écran dès sa première apparition. Dès sa première sieste. Bon dieu, quelle classe. Quel personnage. Ça ne m’étonne donc pas qu’on parle d’un Sicario 2 entièrement consacré sur Alejandro.

Par Christophe Menat en plein crise de claustro, le .

L’homme qui murmurait à l’oreille des fusils d’assaut.

Conclusion

Un des meilleurs films de l’année. Sicario est un thriller saisissant aux tripes de la première seconde jusqu’à la dernière. La réalisation de Denis Villeneuve est un grand moment de cinéma avec une photographie donnant lieu à des véritables tableaux, des acteurs excellents même si Benicio Del Toro les éclipse tous, une musique rendant claustrophobe et une histoire intrigante. Tout est parfaitement réussi. Même l’affiche est sublime. En tout cas, vivement le Blade Runner 2 de Denis Villeneuve.

+

  • Réalisation
  • Photographie
  • Musique
  • Réalisme
  • Scènes d’action
  • Benicio Del Toro
  • Affiche

  • Une petite baisse de régime
9/10
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A propos de l'auteur : (2814 articles)

Fou de cinéma depuis qu'il a vu son premier film dans les salles obscures : Jurassic Park. Pleure quand le requin meurt dans Les Dents de la Mer. Plus tard au collège, il a succombé aux comics grâce (ou à cause) à un pote. Les jeux vidéo, il y touche depuis Les Schtroumpfs sur la Colecovision.

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  • Captain Cook

    Jeudi soir for me…^^.

    Superbe critique….qui donner envier d’être a jeudi.

    • Juste un commentaire : « Passe une excellente séance ! ».

  • eli

    Très bonne critique qui donne vraiment envie. Je suis pas surpris de ton avis sur Bénicio, ce gars est un super acteur qui a une présence énorme, malheureusement il n’a pas tout le temps eu les rôles qui lui permettait d’exprimer son talent.

    • C’est marrant, mais il ne m’a jamais vraiment marqué dans ses films. Du coup, j’ai eu l’impression de decouvrir un acteur.

      • eli

        Je l’avais découvert dans « excess baggage » , petit film ou il kidnappe par accident Alicia Silverstone et le gars avait une dégaine et une espèce de magnétisme avec une tête de gars défoncé qui m’avait marqué. Je l’ai également aimé dans « usual suspect », « traffic » et dans d’autres rôle moins connus ou il captive sans trop en faire ou surjouer. Bref un super acteur.

  • Sad

    Pfffffffffff je suis choqué, le film est ouffffffissime, un seul mot, « la maîtrise » c’est la série Narcos en puissance mille avec un Bénicio Del Toro qui explose tout. Bref film culte

    • On est bien d’accord. La classe ultime. Vers la fin, on dirait Sam Fisher de Splinter Cell.

    • Mulder

      Narcos est sacrément top…..et avec les 10 épisodes….de long métrage, c’était aussi du caviar.

  • Mulder

    Que dire de plus après tant de louanges…..c’est juste excellent.

    Dans le genre Polar Noir/Thriller le film est au dessus que la moitié qui c’est fait. Le cast superbe, que ca soit Blunt (au final assez en retrait), Josh Brolin et surtout celui qui crève l’écan……Benicio del Toro……penser a lui pour Splinter Cell !!!

    Le travaille sur la réalisation est de haut niveau (in ci que la photographie), la BO nous met la pression (parfait). Seul petit reproche que je ferait, c’est que des fois j’attendais que ca décoller….et ont attend…..ont attend, assez frustrant au final.

    Mais le reste…..de GRAND film, le réal confirme qu’il est un grand Monsieur.

    4,5/5

    • Mulder

      ps: sympa de voir Victor Garber que j’adore ( Alias, The Flash), ou encore Jon Bernthal (TWD, Fury, soon Punisher) !

  • eli

    Je l’ai finalement vu et que dire à part que c’est une claque dans tout les sens du terme. L’ambiance est fantastique et j’ai ressenti la tension du début à la fin, le tout aidé par une musique lourde et pesante. Les plans sont juste magnifiques et j’ai aimé la fin malgré
    spoiler

    sa cruauté. J’en étais même à l’espérer quand on a appris le passé d’Alejandro. Sinon pour le jeu d’acteur, ma petite réserve va à emily blunt que j’ai trouvé par moment agacent. Par contre, benecio est juste le charisme incarné. Je l’avais trouvé déjà énorme dans « paradise lost » que j’ai vus récemment mais là sans en faire trop il, comme tu le dis très justement, vampirise l’écran.