Critique : Secret d’État

Affiche de Secret d'État
Mort au messager !

Fiche

D’après Dark Alliance de Gary Webb et Kill the Messenger de Nick Schou
Titre:Secret d’État
Réalisateur(s):Michael Cuesta
Scénariste(s):Peter Landesman
Acteurs:Jeremy Renner, Rosemarie DeWitt, Ray Liotta, Tim Blake Nelson, Barry Pepper, Oliver Platt, Michael Sheen, Paz Vega, Michael K. Williams, Mary Elizabeth Winstead, Andy Garcia, Robert Patrick
Titre original:Kill the MessengerDate de sortie:26 / 11 / 2014
Pays:États-UnisBudget:5 000 000 $
Genre:Biopic, Drame, ThrillerDurée:1h 52

Une vérité incroyable se dessine : les rebelles du Nicaragua travailleraient directement avec la CIA pour introduire de la cocaïne aux Etats-Unis et l’argent résultant de ce trafic servirait à armer les milices des Contras que veulent soutenir les Etats-Unis. Pour faire exploser la vérité, Webb prend tous les risques et se rend au Nicaragua afin de soutirer des informations essentielles au baron de la drogue Norwin Meneses. Il écrit bientôt une série d’articles qui secoue l’Amérique tout entière… Webb devient alors une cible pour les journalistes rivaux mais aussi pour les responsables du trafic : un véritable complot se trame contre lui…

Photo de Secret d'État

« Allo ? Pardon ? Non, je ne suis pas un œil de faucon. C’est une erreur. »

Critique

Secret d’état repose sur des faits réels absolument fascinants : dans les années 80, la CIA a mis en place une opération afin de soutenir les Contras, des groupes armés opposés au gouvernement alors en place au Nicaragua (pays d’Amérique centrale coincé entre le Costa Rica et le Honduras). Si pour la CIA, supporter les Contras était vitale, car on était alors en pleine Guerre Froide et il ne fallait pas que le Nicaragua tombe entre les mains des Soviétiques (déjà que Cuba…), l’opération est tout bonnement inhumaine. Elle a fait l’objet d’un énorme scandale après avoir été divulguée par le journaliste Gary Webb. Secret d’état raconte son histoire.

Basé sur l’article Dark Alliance: The CIA, the Contras, and the Crack Cocaine Explosion écrit par ce fameux journaliste (joué par un Jeremy Renner toujours impeccable) retraçant les détails de la fameuse opération mise en place par la CIA avec ses conséquences et surtout Kill the Messenger de Nick Schou détaillant comment le journaliste a été broyé après avoir divulgué les faits (le titre anglais complet est sans équivoque : Kill the Messenger: How the CIA’s Crack-Cocaine Controversy Destroyed Journalist Gary Webb). Ainsi, le film est découpé en deux parties. La première s’attache à raconter comment Gary Webb a découvert le complot (l’occasion de bénéficier d’un fabuleux défilé de seconds rôles qu’un tel budget n’aurait pas laissé envisager). La deuxième s’intéresse aux retombées de la diffusion de l’article sur le journaliste. Le constat fait froid au dos. Surtout avec l’humour noir déployé lors des explications finales.

Un journaliste seul face aux puissants

Si la première partie est intrigante, on suit le journaliste dans son enquête qui le mène jusqu’au Nicaragua, la deuxième l’est moins malgré quelques moments marquants comme la pression exercée par la CIA ou la réaction des autres journalistes tellement jaloux de la découverte de Gary Webb qu’ils s’acharnent sur lui en déblatérant et en faisant des amalgames, car dans l’ensemble, le réalisateur se concentre principalement sur la vie privée de Gary. Un passage certes obligé, mais était-il nécessaire d’en parler autant ?

Après réflexion, sans doute que oui, car la vie professionnelle de Gary devient, à ce moment-là, aussi inintéressante que possible, car mis au rebut. Dès lors, il n’y a plus grand chose à raconter. Toutefois, l’effort de rester jusqu’au bout vaut clairement le coup, car il permet de bénéficier d’un très joli discours de Jeremy Renner alors au top de sa forme. Un discours qui invite les journalistes présents dans la salle à réétudier les raisons pour lesquelles ils ont voulu devenir journaliste. Néanmoins, j’ai été surpris de voir que les gens présents dans la salle ne réagissent que très peu, alors qu’il s’agit tout de même du prix du meilleur journaliste de l’année qui lui est remis. Sans doute pour coller avec le discours dans un cadre cinématographique.

Une vérité qui dérange

Sans vouloir détailler les événements, c’est juste surréaliste ce qui est relaté. SURRÉALISTE. Et le pire, c’est que les retombées ont été les plus désastreuses sur le territoire américain, car ils en paient encore aujourd’hui les conséquences. Une autre vision de la CIA. Et ils ne sont pas les seuls à prendre pour leur grade. Les journalistes les plus réputés ont été dégueulasses avec Gary Webb. Comme s’ils leur semblaient si inconcevables qu’une telle histoire ait pu leur échapper. Il ne faut pas non plus négliger le copinage. Une autre vision du journalisme. Secret d’état est l’histoire tragique d’un homme qui avait osé dire la vérité au monde.

Par Christophe Menat, le .

Photo de Secret d'État

« C’est drôle, quand j’étais petit, je vous ai toujours imaginé plus grand. Attendez, ne bougez pas. Je regarde depuis mon point de vue d’enfant. Ah oui, effectivement, ça ne rend pas pareil. »

Conclusion

Un bon film qui relate une histoire vraie réellement passionnante et, sans doute, méconnue (personnellement, je ne connaissais pas du tout les faits). Bref, la CIA en prend pour son grade sur ce film et ne donne pas l’impression d’être meilleur que le Kremlin.

+

  • Histoire vraie fascinante
  • Très bon Jeremy Renner

  • Deuxième partie qui s’étiole
7/10
Affiche de Secret d'État

Affiche de Secret d’État

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A propos de l'auteur : (2688 articles)

Fou de cinéma depuis qu'il a vu son premier film dans les salles obscures : Jurassic Park. Pleure quand le requin meurt dans Les Dents de la Mer. Plus tard au collège, il a succombé aux comics grâce (ou à cause) à un pote. Les jeux vidéo, il y touche depuis Les Schtroumpfs sur la Colecovision.

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  • Andrew Leonhardt

    « Néanmoins, j’ai été surpris de voir que les gens présents dans la salle
    ne réagissent que très peu, alors qu’il s’agit tout de même du prix du
    meilleur journaliste de l’année qui lui est remis. »

    Tu parles bien de la salle dans le film et non de ta salle de ciné ? o/ J’ai l’impression pour les personnes présentes lors du discours que c’est pour eux un secret de polichinelle le fait que Gary Webb ne mérite absolument pas ce titre acquis par l’intermédiaire d’un article mensonger et qu’il ne faudrait surtout pas donner l’impression de féliciter le dit-journaliste durant la cérémonie quand bien même certains pourraient réellement le croire, mais faut pas le montrer ou c’est direction chomdu, divorce avec sa femme et Ray Liotta qui débarque sans raison par effraction chez toi sinon. x)

    Mon avis sur le film va encore une fois être semblable au tien, la première partie m’a bien intrigué et laissé espérer un métrage sortant des sentiers battus, soutenu en bonus par un cast impressionnant et un lead impliqué, j’étais pris dans le film et je pensais que ça allait durer tout du long mais la deuxième partie se casse bien la gueule et il est après trop tard pour réparer les dégâts. >_> Rien que niveau du rythme, ça s’est fracassé comme pas permis et s’intéresser à ce point-là sur Gary Webb ayant un jour trompé sa femme est selon moi un peu hors-sujet avec ce que laissait envisager le film. Bien sûr qu’il fallait en parler et bien sûr qu’il est intéressant de voir que toutes les facettes du perso soient étalées au grand jour par la presse pour tenter de « noyer le poisson » mais ça ne devait pas constituer quasi toute la seconde partie du film, enfin ! -.-

    J’ai bien aimé aussi comme toi le discours de fin mais c’était devenu trop tard, je m’étais désintéressé du film à cause de son rythme laborieux et le peu d’intérêt survenant depuis, c’est vraiment dommage car il y avait à priori une bonne base et certains talents dans ce projet mais le tout n’a pas été suffisamment bien développé pour en ressortir conquis. :/

    C’est pas un mauvais film, il est plutôt correct mais c’est un beau gâchis par rapport à ce qu’il aurait pu être.

    6/10

    • « direction chomdu, divorce avec sa femme et Ray Liotta qui débarque sans raison par effraction chez toi sinon. x) » Ah, ah, tu m’as tué là.

      Sinon, on est bien d’accord. J’ai mis un point de plus, parce que vraiment, je ne connaissais pas du tout l’histoire derrière le film et j’ai trouvé ça juste hallucinant. Le plus surprenant, c’est de voir que derrière, il n’y a pas eu grand-chose, du moins d’après le film.