"Mais arrête ! Dans le manuel, ils disent que t'es mon meilleur pote." (Quand on frappe Globox - Rayman 3)

[Critique] Resident Evil: Retribution

Bannière du film Resident Evil: Retribution
Plus qu’un avant la fin

Fiche

Réalisateur(s):Paul W.S. Anderson (Les Trois Mousquetaires 3D)
Scénariste(s):Paul W.S. Anderson (Course à la mort)
Acteurs :Milla Jovovich (Faces), Sienna Guillory, Michelle Rodriguez (World Invasion: Battle Los Angeles), Aryana Engineer (Esther), Bingbing Li (Detective Dee: Le mystère de la flamme fantôme), Boris Kodjoe (la série Undercovers), Johann Urb, Robin Kasyanov, Kevin Durand (Cosmopolis), Colin Salmon, Oded Fehr, Shawn Roberts
Titre original:Resident Evil: Le Châtiment (Canada)Date de sortie:26 septembre 2012
Pays:Canada, AllemagneBudget:65 000 000$
Genre:Action, Horreur, Science fiction, ThrillerDurée:1h35

Le terrifiant virus mis au point par Umbrella Corporation continue à faire des ravages partout sur Terre, transformant les populations en légions de morts-vivants affamés de chair humaine. Alice, l’ultime espoir de notre espèce, s’éveille au cœur du plus secret des complexes industriels d’Umbrella. Au gré de son exploration à haut risque et de ses découvertes, les zones d’ombre de sa vie s’éclairent… Plus que jamais, Alice continue à traquer les responsables de l’atroce infection. De Tokyo à New York, de Washington à Moscou, elle les pourchasse jusqu’à la révélation explosive qui va remettre en cause toutes ses certitudes. Avec l’aide de nouveaux alliés et d’anciens amis, Alice va devoir se battre pour survivre dans un monde hostile, au bord du néant. Le compte à rebours a commencé…

Photo de Resident Evil Retribution ( Milla Jovovich)

Alice, plus SM que jamais.

 
Critique

Après le naufrage de l’épisode précédent, un naufrage mille fois plus impressionnant que celui du Titanic tant Paul W.S. Anderson a réussi à tout foirer hormis son générique. Le réalisateur/scénariste avait donc fort à faire pour remonter le niveau affiché par sa licence phare, heureusement qu’elle demeure toujours rentable sinon il serait sans le sou depuis le temps et sa femme demande un certain standing.

On est toujours surpris par l’abattage médiatique autour de la saga cinématographique parce que bon, c’est quand même loin d’être folichon mais n’en déplaise à certains, ça fonctionne (comme quoi, faire un bon film n’est pas forcément utile). Par contre, je ne reviendrais pas sur le côté « adaptation » qui consiste plus à du viol intellectuel plutôt qu’un certain respect. Non, n’insistez pas! Pour moi le seul intérêt pour la saga de s’appeler Resident Evil est de s’économiser la phase de recherche du design et des costumes et d’économiser sur le marketing en promettant aux fans que Leon et Barry seront dans le film. Le résultat, tout le monde connaît…

Pour cet épisode, le réalisateur a remonté un peu le niveau surtout via un générique assez marrant en slow-motion rembobiné. D’ailleurs, le réalisateur semble vouloir ralentir tout son film. Même Zack Snyder n’aurait pas pu faire plus (et pourtant Sucker Punch…). Ça a le mérite de faire rallonger la durée faiblarde mais bon, faut pas pousser non plus. C’est limite si les phases de dialogues ne sont pas en slow-motion. Au moins ça aurait pu être marrant avec par exemple : « Maaaaaaiiiiiiii nnnnnnèèèèèèmmmmmeeeeeuuuuuuu iiiiiiiiiiiizzzzzzzeeuuuuuu aaaaaaaiiiiiilllllllliiiiiiiccceeeeuuuuu ».

En plus de ça, le réalisateur nous fout un résumé éclair des épisodes précédents mais surtout le premier car dans cet épisode, il réutilise les mêmes ficelles. Cette idée d’une « ville » souterraine sous la dictature de la Reine Rouge. C’est sympa au premier coup mais quand le réalisateur réutilise quatre ou cinq fois le même schéma avec une reine au vocabulaire d’un enfant de cinq ans. « Toâ méssante, toâ mourir ! » (on se demande d’ailleurs comment elle a pu prendre le contrôle d’Umbrella avec l’IA d’un jeu vidéo des années 80), pff ça devient lourd.

Le pire avec Resident Evil: Retribution, c’est que le réalisateur affiche au monde entier son absence de talent pour l’écriture. Les répliques bad ass d’Alice tombe complètement à plat (pas une personne n’a rigolé dans ma salle pourtant remplie, pas une ! Même pas un gogol pourtant il y en a toujours au moins trois ou quatre, c’est mon expérience qui parle), heureusement que Paul W.S. Anderson n’a pas écrit le scénario d’Expendables… Les rares moments où on rigole ne sont vraiment pas volontaires (même si on pourrait le croire).

Photo de Resident Evil Retribution (Michelle Rodriguez)

Oh la lesbienne est de retour (et pas qu’une fois).

 

La dramaturgie ? Tu rigoles là ? Autant demander à James Cameron de faire un film de boules. C’est fou comment le Resident Evil d’Anderson est autant désentimentalisée. Mais bon, le mari de Milla tente tout de même de repomper James Cameron (je n’ai pas parlé de lui par hasard) en foutant un recalque d’Aliens le retour avec une gamine survivante. En même temps copier, le mec ne sait faire que ça. Ne parlons même pas de celle pompée sur une nouvelle idée des jeux Mortal Kombat (mais bon il a le droit, il a pondu le premier épisode).

D’ailleurs la gamine est sourde (l’actrice Aryana Engineer est malentendante dans la vie d’après Allocine – il y a un énorme différence entre sourd et malentendant mais bon, ils ne doivent sûrement pas savoir). C’est une bonne idée, je me suis même dit « oh, une confrère » mais franchement pointer sur un handicap comme celui-ci et pondre un tas d’immondices, il faut faire gaffe quand même. Les gens lui parlent alors qu’elle ne bite rien autrement que par le langage des signes (non la lecture labiale ne se fait pas systématiquement surtout à cet âge). Le pire, c’est quand même de la voir parler même sous pression, c’est un peu demander un anglais de parler en français alors qu’un zombie se jette sur lui. « Coupez! Non, il ne faut pas dire « Oh my god » mais « Oh mon dieu ». Compris? ». Du coup, ça m’a un peu énervé de voir ça surtout la façon dont c’est introduit « N’oublie pas que ta maîtresse t’a dit de parler en même temps que tu signes », mais lol quoi. Autant que le réalisateur fasse n’importe quoi ok, mais qu’il utilise un handicap à des fins mercantiles pour nous forcer à nous apitoyer sur la pauvre petite fille sourde, ça c’est la goutte de trop.

Y a quand même des points positifs, les scènes d’action sont plaisantes à suivre même si la logique semble avoir disparu comme Battleship et Battle for LA. Un exemple parmi les milliards existants, des zombies russes qui tirent des milliers de balles n’arrivent par à toucher les héros statiques et s’arrêtent de tirer dès qu’ils sont à quelques mètres d’eux. Putain, c’est de la pure SF ! N’oublions pas non plus la belle Jill visiblement équipée du même bouclier que la black avec le gros fusil laser de Metal Gear Solid 2 vu que les héros sont incapables de la toucher et pourtant elle est aussi immobile que le Penseur de Rodin. Ah oui, à la fin du film Milla récupère ses pouvoirs me foutant le plus gros twist de l’histoire du cinéma. « Nan sérieux?! Elle n’avait pas ses pouvoirs dans le film ! Roooooh…. ». Ça ne l’a pas empêché de faire des sauts périlleux à faire pâlir la médaillée d’or des JO. Encore un truc ouf? Ada Wong dehors en pleine Russie juste habillée d’une robe (et je ne parle même pas la fente pour aérer le string) et elle ne meurt même pas… Léon lui prête son manteau et tout va pour le mieux.

L’autre effet good du film, ce sont les effets spéciaux. Le réalisateur a une bonne équipe derrière lui et il s’en sert pour faire du too much même si c’est parfois digne d’une série télé au moins ça nous offre des beaux plans… des beaux plans de jeux vidéo. En fait, je persiste à penser que Paul W.S. Anderson devrait arrêter d’écrire ses films surtout si c’est pour nous offrir un épisode bouche-trou comme Retribution. Oui franchement, vous pouvez le zapper, vous ne raterez rien. Ça se résume à Alice rencontre Ada (quelle femme excitante), Léon et Barry, elle sauve une gamine (sourde pour rajouter un peu de drame), bute des zombies et un licker géant (Paul a du mater le loup-garou géant d’Underworld : Nouvelle ère), sort de sa prison, récupère ses pouvoirs et nous lâche avec un « Non, je ne couche pas ce soir, encore un rendez-vous et je te promets que tu verras tout ! Peut-être même que tu pourras aller derrière… » (avec trois points de suspension bien suggestifs).

Non, il ne s’agit pas d’un court-métrage de fan mais bien d’un long en même temps, Resident Evil: Retribution est bien aidé par au moins trente minutes ralenties (permettant de gagner quinze sans rien perdre sur le budget). Mais bon, il faut bien pouvoir récupérer les pigeons qui n’ont pas vu les précédents et qui ne savent pas à quel point c’est nul. D’où l’intérêt d’enlever tout numéro dans les titres des films de la saga et d’offrir des épisodes indépendants quitte à faire du bouche-trou digne des shonens.

Photo de Resident Evil Retribution (Bingbing Li et Milla Jovovich)

Ada Wong, quand le fantasme prend vie.

 
Conclusion

Sans aucune surprise, ce cinquième Resident Evil n’est pas bon mais on échappe à la catastrophe d’une ampleur inouïe d’Afterlife. Si la courbe reprend, le prochain devrait mériter 5 ou 6 à moins que la malédiction de l’épisode pair ne frappe.

Un conseil, attendez une sortie sur support physique comme ça, vous pourrez mettre le film à une vitesse naturelle en le regardant en « fois 2″ (et c’est un fan des ralentis qui le dit).

+- C’est moins horrible que le précédent…-- … mais ce n’est pas encore ça.
3/10

 
Et si comme moi, t’es paumé dans l’histoire, je te conseille de voir cette vidéo résumant les épisodes précédents:

 

Affiche française de Resident Evil Retribution Affiche française de Resident Evil Retribution Poster de Resident Evil Retribution
Poster de Resident Evil Retribution Poster de Resident Evil Retribution Poster de Resident Evil Retribution
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A propos de l'auteur : (1330 articles)

Fou de cinéma depuis qu'il a vu son premier film dans les salles obscures : Jurassic Park. Pleure quand le requin meurt dans Les Dents de la Mer. Plus tard au collège, il a succombé aux comics grâce (ou à cause) à un pote. Les jeux vidéo, il y touche depuis Les Schtroumpfs sur la Colecovision.


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[Critique] Resident Evil: Retribution, 5.9 out of 10 based on 14 ratings
  • http://www.slashershouse.com Mr_Mechant

    Une suite qui relève vachement le niveau. J’ai eu l’impression d’assister à un beat’em all. C’est creux mais qu’est ce que c’est bon ! :twisted:

  • http://marvelll.fr Marvelll

    « Vachement », il ne faut rien exagérer, ça reste sacrément mauvais dans l’ensemble.

  • Alynn

    Haha, énorme fou rire en lisant la critique au moment du « d’où l’intérêt d’enlever tous les numéros dans les titres des films » … Bah ouais, j’me suis faite avoir, ayant regardé Afterlife avant Extinction. Je me disais aussi qu’il y en avait 5 et non 4. Bon, j’dois avouer que sérieusement, quand on regarde Resident Evil, c’est pas pour la profondeur du Scénar’. Certainement pas pour les dialogues poignants en tous cas. Déjà, si je trouve la force de les regarder, c’est parce que je suis une grosse fan des jeux comme ça, avec EUX un minimum de scénario derrière. Bah ouais, faut pas oublier qu’à la base, c’est plutôt un bon jeu vidéo avec un background sérieux. Mais le truc qui me pose le plus gros problème, c’est pas les libertés qu’a pris Anderson, quoi que, je ne comprendrais jamais ce besoin qu’ont les réalisateurs de modifier l’histoire, foutant en général tout en l’air parce que ça ne tient absolument pas la route. Dans ces moments tu regardes ton écran et t’as envie de crier « merde les gars, si y a autant de fans de l’histoire originale, c’est qu’elle plait telle quelle. » Mais bon, apparemment, c’est un truc de réalisateur sur leur « to-do list ». Non le souci vient du fait que lorsqu’on regarde le film, et d’ailleurs tous les films à part le premier qui tenait plus du pseudo film d’horreur quand les 4 suivants réunis, on sent qu’il y a de gros trous dans l’histoire. Genre on regarde un truc se passer et là on change de scène. Et si c’est pas anodin dans n’importe quelle histoire là on se dit qu’il nous manque un truc. Le pire je crois, c’est entre les films. Entre le 1 et le 2 passe. C’était un peu courut d’avance que s’ils ouvraient de nouveau la ruche ça allait se propager. Entre le 2 et le 3 cependant on commence à se dire « merde, où est Valentine – qui est sûrement le personnage secondaire préféré de plus de la moitié des fans, et pour cause elle est un personnage principal du jeu à la base – que devient Angela – dont on entend plus jamais parler. Bah oui, une gamine de 9 ans infectée au virus, qu’est-ce qu’on en a à faire ?! » Quand à la pseudo romance entre Carlos et Alice, je marche pas là les gars. On parle de la meuf qui éclate une moto dans son sommeil parce qu’elle fait un cauchemar, détruit un satellite par la seule volonté de son esprit et se déplace plus vite qu’une balle. Alors la foutre totalement in love d’un mec qu’on a vu en tout et pour tout 40 minutes dans les 4 premiers épisodes c’est un peu gros. Je vous signale que son premier mec elle l’a tué sans remord après avoir bossé – vécu et couché – pendant un petit moment avec.

    Enfin bref, si on passe sur le sentiment d’insatisfaction quant à nombre de questions sans réponse, les incohérences et les dialogues pas franchement élaborés … Bah c’est pas si mauvais que ça. Dans le genre gun&blood. Puis faut avouer que Resident Evil est bien un des rares films où les nanas sont quasiment toutes des femmes fortes, et trop canons, et …etc. Bref, même là, ça veut tellement en faire que ça fait too much. Dans Retribution, même sur les affiches Alice ressemble à Selene dans Underworld : Nouvelle Ère. Et même si j’adore Underworld et Selene, bah une seule me suffit quoi. Enfin pour moi, la meuf tout en cuir moulant, et bottes compensées avec des Beretta dans chaque main et une capacité à effectuer des figures acrobatiques dignes des J.O de gymnastique (ouais désolée mais c’est exactement ce dont il s’agit) bah c’est Selene. Et ce depuis quasi 15ans maintenant. Alice elle avait bien l’air assez Badass en mini-robe & short rouges dans le 1. Où en mode à la Tomb raider – ou Lilou dans le cinquième élément, ouais je sais c’est easy – dans le deux. Mais bon c’est vrai qu’à Umbrella Corporation ils ont un peu tendance à la priver de fringues donc elle doit peut être faire avec ce qu’elle trouve. Toujours est-il que la critique est très bien :) .

  • http://marvelll.fr/ Marvelll

    Clap, clap, un commentaire de ce calibre, c’est très rare et ça méritait bien des applaudissements. En tout cas, tu soulignes un bon point, la proximité de plus en plus proche entre Alice et Selene commence à devenir sacrément douteuse (sans parler du Licker géant qui reprend l’idée du Loup-garou géant).

    Après, l’histoire de ces RE sont tellement bordéliques que ça en est même surprenant. Anderson va dans une école de cinéma, il a en-dessous de zéro pour la matière « écrire un scénario ».

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