Nick la critique : Le Gang des Antillais

Affiche française de Le Gang des Antillais

Le Gang des Antillais a encore frappé… en salles

Fiche

D’après le roman de Loïc Léry

TitreLe Gang des Antillais Titre VO
RéalisateurJean-Claude BarnyScénaristesJean-Claude Barny, Philippe Bernard, Thomas Cheysson, Yves Nilly, Fred Forêt, Zoé Galeron
ActeursDjédjé Apali, Eriq Ebouaney, Adama Niane, Vincent Vermignon, Djibril Pavadé, Djibril Pavadé, Zoé Charron, Zita Hanrot, Lucien Jean-Baptiste, Romane Bohringer, Jocelyne Berouard, Mathieu Kassovitz
Date de sortie30 / 11 / 2016Durée1h 30
GenreAction, Biopic, Drame, ThrillerBudget2 000 000 €

Une plongée sans concession dans la France désenchantée des années 70. Jimmy Larivière se débat pour survivre avec sa fille et trouver sa place. Sa rencontre avec le Gang des Antillais, des malfrats idéalistes, sonne sa révolte, l’exaspération d’une communauté arrivée en métropole avec le BUMIDOM. Violence, amitiés, rivalités, trahisons, Jimmy se perd : Une arme à la main, comment ne pas devenir à son tour esclave de l’argent facile ?.

Critique

Tchimbé raid pa moli

Le Gang des Antillais est un nouveau film made in France dans les Antilles. Il est à l’affiche dans nos cinémas depuis le 30 novembre. Tout droit sorti des îles du Tchimbé raid pa moli, pa ni pwoblem. Inspiré de faits réels et tourné en six ans avec un scénario écrit par six personnes : Jean-Claude Barny, Philippe Bernard, Thomas Cheysson, Yves Nilly, Fred Forêt, Zoé Galeron; et avec une inspiration de la Black Squatation sans faire oublier la saison Marvel Netflix Luke Cage. On a nos Luke Cage à l’antillaise. Avec un casting riche: Djédjé Apali, Eriq Ebouaney, Adama Niane, Vincent Vermignon, Djibril Pavadé, Zoé Charron et Zita Hanrot. Avec les participations exceptionnelles de Lucien Jean-Baptiste, Romane Bohringer, Jocelyne Berouard et Mathieu Kassovitz.

Comme un souffle d’espoir

Comment ne pas en faire état vu l’évolution du cinéma français ces derniers temps, cruellement en manque de diversité et parfois sans rythme adapté à une société cosmopolite non assumée par le monde de l’image. La loi du marché prend un coup. Les blacks marchent fort aux States.
Pourquoi pas en France ? Trop souvent que j’ai entendu des comédiens en devenir issus d’autres ethnies se plaindre d’avoir des rôles clichés ou pas du tout de chance pour percer dans le métier. Avec un Mathieu Kassovitz habitué à ne pas avoir sa langue dans sa poche, ça ne peut faire que bon ménage. Il doit sûrement avoir le gêne antillais.Mdr
Ça change des têtes que l’on revoit souvent. Et les jeux d’acteurs suivent parfaitement.
Mais attention! Il y a quand même des films français qui sont diversifiés. Ça vient.

Qui est Jean-Claude?

Photo de Jean-Claude Barny, réalisateur de Le Gang des Antillais

Photo de Jean-Claude Barny, réalisateur de Le Gang des Antillais.

C’est sûr, c’est pas Vandamme. Mais il fait quand même une prouesse technique avec son film inspiré. Un casting 80 pour cent black. D’après le livre « Le Gang des antillais » de Loïc Léry.
Jean Claud Barny a réalisé Nèg Marron avec Stomy Bugsy et Admiral T. Il est aussi derrière Tropique Amers, série TV sur l’esclavage en 6 épisodes. Et il arrive donc aujourd’hui avec Le Gang des Antillais qui est sorti le 30 novembre dans nos salles, soit 59 salles en tout.
Ce film, comme je l’ai dit plus haut a mis 6 ans pour se produire par faute de budget solide et de soutien de la communauté cinématographique. Il est tourné à Toulouse et aux Antilles. La plage, ça donne envie d’y faire un tour.

Petit décalage de datation

Déjà sorti aux Antilles depuis le 15 octobre, il aura fallu attendre un mois et demi pour la sortie nationale.
Mais les critiques sont plutôt favorables et touchantes

Critique de la critique

J’arrive à ma salle préférée de cinéma et je me pose, sans trop savoir de quoi il s’agit mais tout en sachant que je vais voir un film. Dès les premières images, je suis conquis. Les INA en début de film nous laissent entrevoir le contexte frileux de l’époque.

Une plongée sans concession dans la France désenchantée des années 70. Jimmy Larivière se débat pour survivre avec sa fille et trouver sa place. Sa rencontre avec le Gang des Antillais, des malfrats idéalistes, sonne sa révolte, l’exaspération d’une communauté arrivée en métropole avec le BUMIDOM.

Violence, amitiés, rivalités, trahisons, Jimmy se perd : Une arme à la main, comment ne pas devenir à son tour esclave de l’argent facile ?

Jimmy. On va l’appeler comme ça, est un personnage torturé tout droit sorti des Antilles et tout juste débarqué en hexagone par sa mère dans le but de le préserver de la pauvreté. Résultat, il dort dehors avec sa fille. Foutu dehors par sa mère, sa tante, son ex, il se fait aussi foutre dehors par le propriétaire de la cave où il crèche.

Le refus du destin

Jimmy sans qualification, peine à trouver un emploi. Il ne veut pas être fonctionnaire et a abandonné ses études. Jimmy refuse son destin de loser pour devenir gangster. Ce que je constate quand je consulte les histoires des gangsters des années 70-80, ils ont tous un dénominateur commun : ils sont activistes politiques. On assiste à une mise en abîme de la chute du personnage progressivement.

L’élément de base

L’élément de base bien présenté au début du film est le bumidom proposé par le Général de Gaule, président de l’époque qui décide par cette solution de donner un espoir de sortie de contrainte sociale aux antillais. Mais, si on suit bien Jimmy et son entourage, ils considèrent cette offre comme une carotte gouvernementale pour diviser les indépendantistes de l’époque. Surtout si on se réfère au début de la critique. Il est très important de se référer à l’histoire pour mieux comprendre le contexte.

Le nouvel univers de Jimmy

Photo de Le Gang des Antillais avec Molokoy, Liko, Jimmy et Politik.

Molokoy, Liko, Jimmy et Politik.

Jimmy s’entoure de trois autres amis pour un premier braquage dans un bureau de poste. Ce qui n’est pas sans rappeler le sketch mythique de Dany Boon sur la poste quand y fait la queue. Oui, la poste, un endroit facile à braquer à l’époque que même la police n’y mettait pas les pieds, parce qu’ils avaient peur de faire la queue.Lol.
Dans ce bureau de poste, on y croise même une ex-miss France: Corinne Coman.
En tant que Geek, je dirais que ça prend une tournure GTA à la sauce Tarantino.
Le réalisateur nous fait bien sentir que le film va prendre une dimension tarantinesque. Et c’est le cas.

Dommage collatéral

C’était bien parti pour démarrer une nouvelle vie mais Jimmy tient en joug une amie d’enfance Nicole (Romane Bohringer) qu’il ne reconnaît pas et en plus : à la poste. Mais il s’en passe des choses à la poste. Sauf le courrier. Il est sûrement tombé du camion. Lol
J’aime pas du tout ce passage qui conduit l’un des acolytes de Jimmy à la frapper pour la faire taire, et ce, au point de la conduire à l’hôpital à moitié morte.

La part sombre du héros

Jimmy n’est plus à l’écoute de ses émotions. Il est très calculateur. Et dans cette noirceur, on trouve en lui un homme plein d’espoir pour sa compagne Linda (Zita Hanrot) qu’il aime. Cette femme qui veut faire de la musique reflète ce sentiment d’échec de société de l’époque.Jimmy voit en elle une artiste en devenir et elle se voit en infirmière fonctionnaire. C’est un cauchemar pour Jimmy. Il en veut toujours plus et devient gourmand.

Le go back

Jimmy revient aux Antilles pour y préserver sa fille. Car il sent le danger se présenter. Son activisme politique le conduit à chercher des nouvelles têtes, car même au sein de ce gang, la division s’y invite et quand la division s’invite au sein de l’unité, il se déclenche des tensions extérieures avec d’autres gangs.

La guerre des gangs

Elle se déclenche autour d’une fille, Samia(Lisa Lomi). Vous saurez qu’il y a toujours une fille au cœur d’une guerre de gangs. Il n’y a qu’à regarder Troie et Scarface à titre d’exemple. Lol.
Cependant, Jimmy se refuse à faire la guerre à d’autres gangs, car d’une certaine manière, il est animé par une volonté de paix et cette fille ne vient pas tout arranger, car il vient la sauver de faits de violence commis à son encontre.

Le braquage de trop

Jimmy veut faire un dernier casse pour rentrer aux Antilles définitivement. Mais, son acolyte se fait prendre et il se fait balancer. La police en avait marre, car le gang des antillais faisait la une des journaux à l’époque et ils venaient d’abattre le fameux Jacques Mesrine bien dépeint par Vincent Cassel (à voir).

La prison

C’est la descente aux enfers pour notre héros. Il purge 10 ans et perd tout y compris l’amour de sa vie et sa tante meurt (Jocelyne Bérouard du groupe Kassav). Le passage de la visite avec sa compagne me rappelle vaguement la visite entre Gordon et Lee de la série Gotham. Quand un être humain fait une chute, il a tendance à repousser tout ce qu’il a de plus cher. Même cas pour Bruce Lee incarné par Jason Scott Lee dans le film Dragon après son terrible attentat où il rejette sa femme avec une telle violence verbale. Mais, elle choisit de rester. Dans le cas de Jimmy et Gordon, c’est fini.

Le dénouement en prison

Après avoir fait connaissance avec son éducateur Patrick (Lucien Jean-Baptiste) et appris la mort de sa tante, le temps passé avec lui, le motive à écrire un livre sur sa vie, le passage le plus important qui lui permet d’extérioriser sa colère.

La morale

Jimmy après toute expérience est devenu un nouvel homme. Il est mort en prison pour renaître en messager de paix. Selon lui, la haine est pour les idiots. Elle nous conduit à la déchirure entre ethnies qui ont chacune connues la souffrance à leur manière. Rester dans la souffrance ne nous guérit pas. Elle nous consume. La seule façon d’en guérir de cette souffrance me permet de citer feu Cheikh Anta Diop: « Si tu ne sais pas d’où tu viens, tu ne peux pas savoir où tu vas ». Se plaindre est d’ailleurs très mauvais pour la santé d’un geek. C’est pour ça qu’un geek n’a pas la haine. On aime Marvel, on aime DC mais on encule Snyder juste pour son BvS.

Par , le2 décembre 2016.

Conclusion

Le Gang des Antillais est un chef d’oeuvre artistique. Je suis surpris que la caissière ait dit à des spectateurs que seulement des antillais prenaient des tickets pour ce film. Nick est allé le voir pour vous et a kiffé. La promo tient plus du bouche à oreille. C’est un film tout public. Avec un petit budget, on peut faire des choses incroyables. Il y a des moments drôles et tristes à la fois. Mais ce film qui dépeint l’histoire appelle à l’unité. En tant que geek, j’ai kiffé. C’est le film de gangsters qui n’a pas été jugé par Tarantino mais on sent une ambiance Pulp Fiction. À voir.

+

  • Mise en scène active
  • Plans réussis
  • Film d’action
  • Quelques touches d’humour

  • Personnages pas très attachants
  • Certains passages sont un peu bruts
8.5/10
Advertisements
A propos de l'auteur : (19 articles)

Comédien étudiant le théâtre à l'atelier de Caroline Rabaliatti à Fontenay-sous-Bois. Dessinateur, aussi. Il écrit des scénarii quand il peut le faire. Passionné de BD, il prépare la sienne.

Tu kiffes l'auteur ? Suis-le sur : Twitter, Facebook ou Google+.
  • raba

    Trop mauvais comme film!!! Comparer ce truc a pulpe fiction est une hérésie.