Critique épicée : Edge of Tomorrow

Un film avec François Hollande.

Fiche

Titre:
Edge of Tomorrow
Réalisateur(s):Doug Liman
Scénariste(s): Alex Kurtzman, Roberto Orci, Christopher McQuarrie, Dante Harper et Joby Harold
Acteurs: Tom Cruise, Emily Blunt, Lara Pulver, Jeremy Piven, Bill Paxton, Charlotte Riley, Brendan Gleeson
Titre original:Date de sortie:4 juin 2014
Pays:États-Unis, Royaume-UniBudget:178 000 000 $
Genre(s):Science-fictionDurée:1h 53
Dans un futur proche, des hordes d’extratterrestres ont livré une bataille acharnée contre la Terre et semblent désormais invincibles: aucune armée au monde n’a réussi à les vaincre. Le commandant William Cage, qui n’a jamais combattu de sa vie, est envoyé, sans la moindre explication, dans ce qui ressemble à une mission-suicide. Il meurt en l’espace de quelques minutes et se retrouve projeté dans une boucle temporelle, condamné à revivre le même combat et à mourir de nouveau indéfiniment…

Ouais, c’est l’idée.

Critique

La bande-annonce d’Edge of Tomorrow, qui me semblait trop en dévoiler, laissait entrevoir un mélange d’Un jour sans fin et du jeu vidéo Gears of War pour un résultat potentiellement prometteur. Alors, « Qu’en est-il ? » te demandes-tu, toi qui me lis.

Je me suis facilement laissé emporter et parfois surprendre par l’histoire d’Edge of Tomorrow (inutilement accompagné du sous-titre aux relents bondiens « Aujourd’hui à Jamais »), malgré un nombre important d’images dévoilées dans les différents trailers. La promotion a en effet divulgué nombre de money-shoots et de scènes d’actions. Ces dernières sont d’ailleurs bien foutues et dynamiques grâce en bonne partie à l’agressivité des assaillants (leurs tentacules et leur vélocité les rapprochant de l’aspect des sentinelles de Matrix) et à la puissance de feu des soldats. La démonstration la plus probante de ce super équipement se faisant durant une scène où le héros, Bill Cage, se débarrasse d’un Mimic (les envahisseurs) et d’une caravane par la même occasion. On en prend également plein les mirettes durant les (nombreuses) scènes de débarquement qui offrent un joyeux bordel pyrotechnique où ça pète à tout bout de champ avec une 3D souvent bien mise à profit. Un petit bémol toutefois pour l’illisibilité de l’action des 15 dernières minutes qui se déroule dans un Paris nocturne ravagé. Cela dénote avec la clarté des scènes de débarquement.

« On en prend plein les mirettes durant les (nombreuses) scènes de débarquement qui offrent un joyeux bordel pyrotechnique où ça pète à tout bout de champ avec une 3D souvent bien mise à profit. »

Tom Cruise et la S-F d’action ? Un bon cocktail.

« L’efficacité du montage est également à souligner car il participe à dynamiser le rythme de l’histoire en évitant les redondances des situations. »

L’efficacité du montage est également à souligner car il participe à dynamiser le rythme de l’histoire en évitant les redondances des situations. Point de lassitude qui point. La première partie exploite même très bien les ressorts comiques offerts par le concept de reset. Sans pour autant verser dans le même registre burlesque qu’Un jour sans fin, ce qui aurait été maladroit et hors-propos. En tout cas, l’humour du film est un très bon point, d’autant plus que je ne m’y attendais pas.
Autre point fort du film qui participe à son rythme soutenu: pas de patriotisme, de romance ou de niaiserie exacerbée. Le film va droit au but, raconte ce qu’il a à raconter et le fait sans fioriture.
Après avoir suffisamment explicité la situation à travers différentes scènes, les ellipses se font adroitement et intelligemment de sorte que l’on ne sait pas si la scène est vécue pour la première fois ou non par le héros.
Au vu du synopsis, un risque encouru était de voir un invincible Tom(ate) se farcir à lui tout seul l’armée des envahisseurs au fil de ses résurrections. Mais heureusement, les Mimics ont plus d’un tour dans leur sac… Donc rien n’est joué d’avance. Et au moment où l’action pourrait tourner en rond et qu’on risquerait de ne plus se faire de bile pour Bill, une petite astuce scénaristique relance l’histoire rendant l’issue du conflit toujours incertaine et maintenant ainsi bien le spectateur en haleine.

L’histoire ne tourne pas en rond mais Tom, lui, ne se prive pas.

L’histoire du film, originalement inspiré d’un light-novel (roman destiné à un public de lycéens et étudiants) japonais, a été pour l’occasion européanisée. L’action se déroule entre Londres, la France et l’Allemagne en faisant échos aux lieux clefs des deux derniers conflits mondiaux (bataille de Verdun et débarquement massif sur des plages françaises, cocorico, tout ça). Mais on sent bien la patte américaine dans le scénario. Après Die Hard: Belle Journée pour Mourir qui nous plaçait Grenoble en Suisse, on a maintenant Lyon qui serait sur la route du Nord de la France vers l’Allemagne. Bravo, bien joué les mecs. Et sinon, regarder une carte du lieu de l’action d’un film avant d’en écrire les dialogues, non ? Même pas un petit peu ? Bon, j’ai été touché que ma ville natale soit mise à l’honneur au détour d’une conversation mais si ça pouvait être fait proprement la prochaine fois (ils y arrivent bien dans Bridget Jones : L’Âge de raison), j’apprécierais.
Certains risquent de reprocher au film son manque de profondeur. Edge of Tomorrow, un film un peu ledge avec Tom en héros ? Quelque part, oui car le film mise avant tout sur la dimension spectaculaire offerte par l’histoire. N’espérez donc pas de réflexion métaphysique sur la destinée ou un quelconque effet papillon qui chamboulerait l’équilibre de univers. Ici, ce sont avant tout le fun et le divertissement qui priment.

Pour les personnes qui ont été émoustillées par cette scène, bonne nouvelle : vous la verrez à peu près 4 fois dans le film.

Tom Cruise est bien évidemment excellent. Il se glisse encore une fois à merveille dans son personnage et jongle aisément dans les différents registres avec nuance. Il est autant crédible dans le registre du pleutre qui n’est pas à sa place et est dépassé par les événements que dans celui du super soldat dans lequel on a plus l’habitude de le voir évoluer. C’est donc d’autant plus drôle de le voir échouer dans bon nombre de situations dans lesquelles son personnage d’Ethan Hunt s’en sortirait les doigts dans le nez. Après Night and Day ou Tonnerre sous les Tropiques, l’acteur nous prouve encore une fois qu’il manie très bien l’autodérision. La craquante Emily Blunt en soldat bad-ass et sexy l’accompagne très bien en étant également investie dans son rôle de soldat modèle. Pour le reste du casting, je l’ai trouvé peu marquant.

Edge of Tomorrow Photo

« Déserter ? N’y pense même pas ! AU FRONT TROUFION !!! « 

Ce qui empêche le film de gagner un point est à mon sens son final.

Spoiler

Je reproche au film son happy end. Les 5 dernières minutes sont de trop. J’aurais préféré que Rita Vrataski et Bill Cage meurent vraiment après leur sacrifice final et que le film se termine ainsi. À mon sens, que seul le spectateur eût été conscient de leur héroïsme et de l’ensemble des épreuves traversées sans que le reste du monde ne le sache aurait eu plus d’impact. Je me demande si cette fin n’a pas été imposée par les studios. Quoi qu’il en soit, c’est dommage.

 

Ah et puis sinon, pourquoi avoir choisi cette foutue soupe radiophonique en guise de musique de générique de fin? Déjà que la bande-originale n’est pas très marquante, ce n’était pas la peine d’enfoncer le clou…

Edge of Tomorrow Photo

Une journée comme une autre pour Tom Cruise.

Conclusion

En résumé, Edge of Tomorrow est un excellent film de S-F au concept (« Live. Die. Repeat. ») bien exploité et aux scènes d’action explosives. L’histoire, rythmée et prenante, n’est pas en reste. Le tout desservi par un Tom Cruise en pleine forme. Un bon coup de cœur.
+– Tom Cruise, of course
– Histoire prenante et rythmée
– Concept bien exploité
– Scènes de combat dynamiques
– L’humour
– Les 5 dernières minutes
– Bande-originale peu marquante
– Manque de clarté dans les dernières scènes d’action
8/10
Poster Sans Texte Edge of Tomorrow

Poster

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A propos de l'auteur : (52 articles)

Passionné de cinéma depuis sa rencontre avec des dinosaures à Jurassic Park (lectrice ou lecteur de ce blog, l’impression de « déjà-lu » est normale). Je suis particulièrement friand des films de ces 40 dernières années. Suite à l’invitation du Maître des lieux, je vais partager au mieux mes impressions sur les bobines qui ont retenu mon attention.

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  • Super, je suis rassuré après avoir lu ta critique, je flippais que le concept du film soit peu exploité comme c’est souvent le cas dans les films hollywoodiens (on mise à fond sur le pitch au début puis on l’oublie). En tout cas, j’ai hâte de le voir !

    Par contre, ce n’est pas cool pour les Lyonnais. Sacrés ricains ! On va encore avoir des touristes paumés, cet été.

    • Epice

      C’est vraiment une bonne surprise en ce qui me concerne! Je n’en attendais pas tant… 2 petites heures qui filent à la vitesse de l’éclair pendant lesquelles tu te marres, tu es scotché, tu en prends plein la gueule! Bref, du vrai bon gros cinéma de divertissement!

      J’espère sincèrement qu’il va bien fonctionné au box-office parce qu’il le mérite! Franchement, je le place number one de l’année jusque-là… Je pense même que c’est un film qui ne doit pas trop souffrir de ses futurs visionnages!

      Je suis bien impatient d’avoir ton retour 🙂

      • Number One, Oo ! Même devant Captain America : Le Soldat de l’hiver ?

        • Epice

          Je n’ai pas la même relation que toi avec les Marvel, il faut prendre ça en compte dans le classement, mais ouais, je l’ai même préféré à Captain, même si ça se joue à un poil de cul.
          Jusqu’ici, ça donne:

          1 – Edge of Tomorrow
          2 – Godzilla
          3 – X-men DOFP (ne me tape pas de le mettre devant Captain…)
          4 – Steve Rogers
          5 – Walter Mitty

          • Epice

            Ouais mais honnêtement, le quatuor de tête est à égalité sur les notes et ça se rejouera aux revisionnages… Godzilla est passé de 9/10 à 8/10 et peut être que ça bougera…
            Donc fais-lui fermer sa gueule à ce chat.

          • Ouais, ça pourrait bouger. Genre, Steve qui passe premier, non ? Hein ? Non pas du tout, je ne tente pas de t’influencer. Tiens, je vais aller voir Inception. Comment ça ? Non, aucun rapport avec la conversation en cours.

          • Epice

            Ahah, ouais, c’est possible, il est costaud, il va vite, il pourrait arriver à se hisser de quelques places, on ne sait pas.
            Mais entre temps, il va y avoir Dragons 2, Albert à l’Ouest (j’ai oublié de le foutre dans mon Top 15, je n’en avais pas encore entendu parler à l’époque mais il devrait combler le fan de Ted que je suis), La Planète des Singes, Transformers, The Raid 2, les Gardiens, Interstellar et le dernier Hobbit sans compter les films qu’on n’attend pas. Y’a donc vraiment moyen que ça bouge.
            Mais n’essaye pas de m’influencer cher confrère!
            Et range donc ta toupie, ça ne sert à rien.

          • The Raid 2 <3

      • J’ai enfin pu le voir et j’ai bien kiffé ! Par contre, je n’ai pas mis la même note que toi car il y a quand même quelques défauts.

        Et pour la scène sensuelle avec Emily, j’ai pensé à toi et j’ai compté. Seulement trois ! Quelle déception ! La plus grosse déception du film 😛

        • Epice

          On a bien mis tous les deux 8/10 non? Même si on était fortement tenté par le 9/10…

          Ah merde, j’ai chié pour Emily… J’ai hésité entre 3-4, d’où le »à peu près ». Merci pour la rectification.
          Il faudra donc qu’on le remate pour voir la scène 6 fois, ça sera bien.

          • Ouh là, je bosse trop moi (je dis ça au cas où mon patron passerait par là), je ne sais pas pourquoi, mais j’étais persuadé que t’avais mis 9…

          • Epice

            Nan, on était (encore une fois) totalement raccord dude 🙂

  • Net Surfer

    Eeeeeuh je te conseille d’être plus attentif la prochaine fois avant de critiquer : la scène (du barrage) que tu crois se passer en Allemagne se déroule en fait en Suisse !! Cage dit « il y avait des inscriptions en allemand » mais ensuite le type dit clairement que le barrage se situe en Suisse ! Ça explique pourquoi ils passent par Lyon pour s’y rendre…

    • Epice

      Au temps pour moi, je n’ai effectivement pas été suffisamment attentif pour le coup.

      Pour autant, pour se rendre dans la Suisse (alémanique ou non) quand tu viens du Nord de la France, passer par Lyon n’est pas le chemin le plus court. Alors que dans leur mission, le temps leur est plus que compté… Et dans une guerre pareille, il conviendrait d’éviter de traverser les grandes villes dans lesquelles les envahisseurs sont les plus susceptibles de se trouver (Cf. Paris ou Londres).
      Ca ne m’enlève donc pas de la tête que le dialogue est toujours mal ficelé et mon reproche justifié.

      • De même que je me suis rendu compte hier qu’en fait, le film ne se limitait pas à un seul jour. J’avais tellement le film Un jour sans fin dans ma tête durant le visionnage que je m’en étais auto-persuadé. C’est fort.

        • Epice

          Après, le film se déroule à peu près du 24h, même si tu as la nuit entre temps donc tu n’étais pas si loin de la réalité… 🙂