Critique : Cogan : Killing Them Softly

« America’s not a country, it’s just a business…
now fuckin pay me! »

Fiche

Adaptation du roman L’Art et la manière paru en 1974 et écrit par George V. Higgins
Titre:Cogan : Killing Them Softly
Réalisateur(s):Andrew Dominik
Scénariste(s):Andrew Dominik
Acteurs:Brad Pitt, Scoot McNairy, James Gandolfini, Richard Jenkins, Ray Liotta, Ben Mendelsohn
Titre original:Killing Them Softly, Cogan – La mort en douce (titre alternatif)Date de sortie:5 décembre 2012
Pays:USABudget:18 000 000 $
Genre:Policier, ThrillerDurée:1h37

Lorsqu’une partie de poker illégale est braquée, c’est tout le monde des bas-fonds de la pègre qui est menacé. Les caïds de la Mafia font appel à Jackie Cogan pour trouver les coupables. Mais entre des commanditaires indécis, des escrocs à la petite semaine, des assassins fatigués et ceux qui ont fomenté le coup, Cogan va avoir du mal à garder le contrôle d’une situation qui dégénère…

Cogan : Killing Them Softly

Deux guignols vont braquer un tripot.

Critique

Après le magnifique L’Assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford mais qui a été un four monstrueux au pays piqué aux amérindiens par les anglais : pour un budget de 30 millions, il a rapporté un peu moins de 4 (heureusement, les performances à l’international – 11 millions – rattrapent le coup), c’est donc un Andrew Dominik amer qui revient avec sa mort en douce, un film ayant un contact étroit avec l’argent.

Pour porter le film et pallier au méconnu Scoot McNairy révélé par Monsters, Andrew Dominik rappelle le beau Brad qui n’a jamais été aussi beau et iconique dans le précédent long qu’ils ont fait ensemble (Jesse James donc). Il campe ici un rôle similaire à celui que détenait Matthew McConaughey dans Killer Joe à savoir un tueur à gages engagé pour régler une merde, une famille de dégénérés pour Joe, des braqueurs du dimanche pour Cogan.

Malheureusement pour Cogan, sa bande de braqueurs se révèle nettement moins intéressante que la famille de Joe, n’étant qu’un ramassis d’arriérés mentaux. Les seuls échanges, souvent pas dénués d’humour (le film ayant été pensé pour être une comédie à la base, et valant réellement le coup concernent celles entre Brad Pitt et Richard Jenkins ou encore Brad Pitt avec Tony Soprano, oh pardon… James Gandolfini. Des échanges plutôt verbeux faisant part aux talents des protagonistes pour raconter des histoires surtout Gandolfini qui nous narre un récit mettant en scène sa femme et ses états d’âmes. Bien sûr, l’habitué du fauteuil de psy s’en sort très bien. Si le premier échange entre Brad Pitt et Gandolfini est plutôt intéressant, le deuxième se révèle carrément pompeux, nécessaire pour souligner la détresse du personnage mais était-il obligatoire de le prolonger autant ? Sans doute pas mais le film étant déjà assez court comme ça…

Cogan : Killing Them Softly

Cogan est appelé à la rescousse pour supprimer le problème.

Après que peut-on dire d’autre ? La réalisation est décevante une fois le générique d’ouverture passé. On a bien du mal à croire qu’il s’agit de l’homme derrière L’Assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford tant sa réalisation se révèle simple hormis quelques bonnes idées comme la caméra attachée à la portière. Déception aussi pour la fameuse séquence « culte » du film où Brad Pitt se débarrasse d’un gêneur sur un énorme ralenti censé représenter la violence d’une scène durant à peine quelques secondes en temps réel (le mec se plante à côté de la voiture, tire à travers la vitre et basta).

Une séquence assez impressionnante mais malheureusement des détails gênent, après je ne sais pas si c’est valable que je dis. Toutefois ne pas voir le déplacement des balles m’a beaucoup gêné. On voit les cartouches sortir du pistolet mais on les voit pas franchir la vitre (cette dernière semble exploser par magie), on ne ressent pas non plus l’impact de la balle sur le corps restant désespérément statique. Bref, cette scène a été loin de me marquer autant que la bande annonce ne laissait prévisager. Peut-être est-ce que je parce que je m’attendais trop à un truc à la Matrix. Maybe…

Brad Pitt porte le film à presque lui tout seul avec Ben Mendelsohn impeccable dans son rôle de drogué dément complètement à l’ouest (encore que, lui donner une direction est très gentil). Toutefois, le stratège ne parvient pas à sauver Cogan juste à lui donner âme durant quelques passages surtout il offre une belle conclusion basée sur un monologue court mais marquant, nous laissant sur une dernière phrase choc d’un nihilisme terrifiant probablement écho de la pensée d’Andrew Dominik après l’échec de son Jesse James.

Cogan : Killing Them Softly

James Gandolfini n’a rien perdu de sa superbe.

Conclusion

Dans le même style avec un héros tueur à gage, vaut mieux se tourner vers le Killer Joe de William Friedkin car malgré tout l’amour que je porte à Andrew Dominik après son L’Assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford, force est de constater que son Cogan : Killing Them Softly n’est qu’un polar moyen avec quelques belles séquences.

Au moins, il aura remboursé son budget.

+– Brad Pitt– C’est le mec qui a fait L’Assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford?
5/10
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A propos de l'auteur : (2771 articles)

Fou de cinéma depuis qu'il a vu son premier film dans les salles obscures : Jurassic Park. Pleure quand le requin meurt dans Les Dents de la Mer. Plus tard au collège, il a succombé aux comics grâce (ou à cause) à un pote. Les jeux vidéo, il y touche depuis Les Schtroumpfs sur la Colecovision.

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  • J’adore dans My Big Fat Independant Movie ils parlent de titres de chansons à usage ironique pour tuer des gens et ils citent Killing Me Softly. C’était vraiment un film visionnaire. 😉

  • Vu cet après-midi, après avoir vu la BA juste avant « Argo ». Un peu trop bavard parfois mais ça ne m’a pas dérangé en fin de compte.
    Original dans la forme (le fond n’étant qu’une banale histoire de gangsters) avec le montage plutôt bien pensé et la BO assez bonne.