Critique : Beasts Of No Nation

L’Enfant Soldat

Fiche

D’après le roman d’Uzodinma Iweala
Titre:Beasts Of No Nation
Réalisateur(s):Cary Fukunaga
Scénariste(s):Cary Fukunaga
Acteurs: Abraham Attah, Idris Elba, Emmanuel Nii Adom Quaye
Titre original:Date de sortie:16 / 10 / 2015 (Netflix)
Pays:États-UnisBudget:6 000 000 $
Genre:Drame, GuerreDurée:2h 17

Alors qu’il n’est encore qu’un jeune garçon, Agu devient un enfant soldat, embrigadé de force dans l’armée du sanguinaire « Commandant ».

« Pardon ? J’ai bien entendu ? Pacific Rim, c’est de la merde ? »

Critique

Beasts Of No Nation a une particularité le démarquant de la concurrence. Il s’agit d’un film dont Netflix a acquis les droits de distribution dans le monde entier pour environ douze millions de dollars. Si aux États-Unis, il sort simultanément sur le service de VOD et au cinéma, en France, ce ne sera pas le cas. Un choix pouvant paraitre surprenant vu le potentiel du film, mais au final, logique, car la législation française empêche une telle sortie simultanée. De toute façon, s’il sort au cinéma aux States, c’est avant tout pour pouvoir concourir pour les Oscars. Bref, c’est donc depuis mon canapé que j’ai visionné l’association très attendue entre le réalisateur de la première saison de True Detective et le monstre de charisme, Idris Elba.

Le thème des enfants-soldats n’est pas nouveau au cinéma. En 2007, on avait eu droit au Johnny Mad Dog du français Jean-Stéphane Sauvaire. Le thème a même été récemment exploité dans un jeu vidéo avec Metal Gear Solid V: The Phantom Pain. Néanmoins, aucun n’a été aussi loin que Beasts Of No Nation.

À la base, il s’agit d’une adaptation d’un roman d’Uzodinma Iweala publié en 2005. Uzodinma Iweala, écrivain d’origine nigérienne, l’a écrit à partir de sa thèse sur les enfants-soldats développée à Harvard. Le projet d’adaptation au cinéma était en cours depuis un certain nombre d’années. D’aucuns parlent de sept ans. Néanmoins, on peut facilement imaginer la difficulté de monter une telle entreprise. Après tout, on parle de faire jouer des enfants dans des conditions peu enviables et sur des sujets encore moins recommandables.

Itinéraire d’un enfant-soldat

C’est donc épaté que j’ai terminé la séance. Beasts Of No Nation m’a époustouflé par sa direction d’acteurs. Sa galerie de personnages est conséquente, mais chacun est facilement reconnaissable. Chacun marque par l’authenticité qu’il dégage. C’est limite si je n’avais pas eu l’impression de regarder un documentaire. À ce petit jeu, ce sont les deux enfants acteurs, Abraham Attah, interprète du héros Agu, et Emmanuel Nii Adom Quaye, celui de Strika, qui éclatent tout. Réussissant même la prouesse de reléguer Idris Elba, en mode colonel Kurtz, au second plan. Oui, tu as bien lu. L’inspecteur John Luther est battu par deux gamins.

A la base du projet, il fallait un acteur à la hauteur. Le jeune Abraham Attah, né au Ghana, a accompli sa mission en livrant une prestation de très haut niveau. Il réussit parfaitement à rendre crédible son personnage, surtout sur les petits détails. Dès lors, découvrir l’itinéraire de l’enfant-soldat qu’il incarne est un grand moment de cinéma et une vraie leçon de vie. Une leçon sur l’inutilité de la guerre et surtout sa monstruosité. De la formation au combat, rien ne nous est épargné. À l’exception néanmoins d’une séquence absolument insoutenable, alors ellipsée. Le film dégage aussi une très grande force grâce à sa réalisation. En affirmant ça, j’ai en tête l’attaque sous stupéfiants.

Néanmoins, le film n’est pas exempt de défauts. S’il est absolument fascinant de bout en bout, il paye tout de même d’une durée un peu trop longue avec quelques moments où le rythme chute. Paradoxalement, il aurait aussi mérité d’aller un peu plus loin, car de nombreuses séquences semblent avoir été coupées, donnant la désagréable sensation de ne connaître qu’épisodiquement la vie d’Agu en tant qu’enfant-soldat.

Par Christophe Menat tout chamboulé, le .

« Tu n’as pas honte, petit ? De m’humilier comme ça ? Moi, Idris Elba, l’acteur le plus charismatique de tous les temps. Non, mais la jeunesse ! »

Conclusion

Avec Beasts Of No Nation, son premier film, Netflix frappe fort. S’il ne s’agit pas d’un chef d’œuvre cinématographique, c’est néanmoins un film marquant porté par un jeune acteur épatant, Abraham Attah. Ce dernier permet de prendre toute la mesure de l’atrocité du quotidien de l’enfant-soldat. À voir au moins une fois dans sa vie.

+

  • Le jeune Abraham Attah
  • Réalisation
  • Enfin un vrai film pour Netflix

  • Des longueurs
  • La sensation d’avoir loupé des choses
8/10
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A propos de l'auteur : (2771 articles)

Fou de cinéma depuis qu'il a vu son premier film dans les salles obscures : Jurassic Park. Pleure quand le requin meurt dans Les Dents de la Mer. Plus tard au collège, il a succombé aux comics grâce (ou à cause) à un pote. Les jeux vidéo, il y touche depuis Les Schtroumpfs sur la Colecovision.

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