Critique : American Gods – Saison 1

Hannibal chez les Dieux

Fiche

TitreAmerican GodsTitre VO
Créateurs Bryan Fuller, Michael Green
Acteurs Ricky Whittle, Ian McShane, Emily Browning, Pablo Schreiber
Saison1Nombre d’épisodes8
Date de sortie30 / 04 / 2017Format60 mn
GenreDrame, Fantastique, MystèreChaîne:Amazon

Un homme sortant de prison rencontre un vieil escroc qui l’embauche comme garde du corps, et l’entraîne dans un long périple à travers les Etats-Unis. L’ex-détenu découvrira alors que son « patron » est un ancien dieu nordique en plein combat contre les divinités modernes : Internet, les voitures, la télévision, et tous les nouveaux médias.

« Vous saviez que les Françaises préfèrent un doigt plutôt qu’un Whisky ? »

Critique

Depuis que j’ai dévoré les intégrales du Sandman par Neil Gaiman, je porte l’auteur en très haute estime. Malgré tout, ça ne m’a pas empêché de n’avoir lu aucun de ses romans… Dès lors, après avoir appris que son roman American Gods allait être adapté en série télé par Bryan « Hannibal » Fuller et Michael « Logan » Green, j’étais hypé à un point que je ne te raconte pas. Détail, en France, on peut découvrir la série via Amazon Prime.

L’Ombre de la Moon

Commençons avec un détail qui m’a un peu gêné. Dans la version française, le héros s’appelle Ombre Moon… Sic. Ombre Moon… La moitié d’une traduction. Pourquoi ne pas avoir laissé Shadow Moon bien plus classe ? C’était le détail futile, mais qui gratte et agace. Bref, la piqure de moustique.

Ah oui, on est bien chez Bryan Fuller

On reconnaît aisément la touche Bryan Fuller sur le show. Surtout si on a vu Hannibal. C’est donc sans surprise qu’on retrouve David Slade (30 jours de nuit) et Vincenzo Natali (Cube) à la réalisation de la moitié des épisodes de la saison. Les deux ont en effet réalisé pas mal d’épisodes d’Hannibal. De la série avec le cannibale, on retrouve la plupart des effets. Comme les innombrables ralentis. Après tout, Bryan, c’est un mec qui aime filmer une goutte de sang en train de tomber. Qui gémit quand cette dernière heurte la mare rouge laissée par le cadavre avant de jouir en découvrant le joli champignon rouge provoqué par le contact. C’est un style. On aime ou on n’aime pas. Chacun son trip, comme on dit. Perso, au début, je trouvais ça cool. Maintenant, ça a fini par me lasser.

Néanmoins, la particularité d’American Gods, c’est qu’on y traite des sujets permettant d’aller plus loin au niveau de l’image (et pas que, d’ailleurs), là où Hannibal était un peu limité par son sujet (ce qui n’a pas empêché Bryan Fuller de se faire un gros délire pour la troisième saison). Évidemment, comme on est chez Starz, le budget est limité donc les effets spéciaux côtoient le kitsch. Mais, les metteurs en scène arrivent facilement à le faire oublier en les employant, la plupart du temps, à bon escient. Résultat des courses (merde, mon poulain a encore fini septième), je n’ai été aucunement dérangé. Puis bon, certains effets sont vraiment cools comme avec Gillian Anderson ou le climax de la saison qui envoie du lourd (j’en ai eu des frissons).

Quand le road movie va à deux à l’heure

Malheureusement, on retrouve aussi les mêmes défauts assez lourds d’Hannibal. En premier, le rythme lancinant. Un coup, ça avance. Un coup, ça freine. Un coup, ça fait marche arrière. Si certains passages sont assez fun, je regrette tout de même que le show accorde trop d’importances au personnage de Laura Moon. Okay, c’est Emily Browning de Sucker Punch. Mais tout de même. D’un, le personnage est antipathique. De deux, son voyage est un peu chiant (l’épisode de comment elle en est arrivée là, oh purée…). D’autant plus qu’il nous prive du duo Ombre (même si Ricky Whittle est limite fade – un comble pour un black) et Voyageur (Ian McShane qui se venge de son apparition dans Game of Thrones). Heureusement que Laura est accompagnée d’un des meilleurs personnages du show : le Leprechaun incarné par Pablo Schreiber.

Au rayon des Dieux, la galerie est sympathique et constitue sans hésiter la partie la plus fun du show. Mon préféré est sans hésiter le dernier qui a permis à Bryan Fuller de retrouver l’actrice derrière la pétillante Olive Snook de Pushing Daisies. Mon préféré avec celui d’Ian McShane quand même.

Par qui se refait un kif Community grâce à Amazon, le 5 juillet 2017.

Quand tu as mis trop de piments dans ta pizza…

Conclusion

Dans American Gods, il y a des idées excellentes, notamment chaque découverte des Dieux Américains, et de la prise de risque. Toutefois, ça reste un show de Bryan « Hannibal » Fuller, donc avec une réalisation poseuse entraînant un rythme parfois assommant (ça traîne beaucoup trop en longueur pour que ça raconte). Sans oublier qu’une bonne partie de la saison se concentre sur un personnage que je trouve inintéressant. Bref, une première saison sympathique, mais sans plus. Par contre, le final donne franchement envie de voir la suite.

+

  • Réalisation offrant des plans magnifiques…
  • Galerie des Dieux
  • Climax

  • … mais pétant le rythme
  • Laura Moon, antipathique
6/10

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A propos de l'auteur : (2829 articles)

Fou de cinéma depuis qu’il a vu son premier film dans les salles obscures : Jurassic Park. Pleure quand le requin meurt dans Les Dents de la Mer. Plus tard au collège, il a succombé aux comics grâce (ou à cause) à un pote. Les jeux vidéo, il y touche depuis Les Schtroumpfs sur la Colecovision.

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