Critique épicée : A History of Violence

Affiche du film A History of Violence
C’est l’histoire d’un mec…

Fiche

D’après la série de comics écrite par John Wagner et dessinée par Vince Locke
Titre:
A History of Violence
Réalisateur(s):David Cronenberg
Scénariste(s):Josh Olson
Acteurs:Viggo Mortensen, Maria Bello, Ashton Holmes, Ed Harris, William Hurt, Heidi Hayes, Greg Bryk, Peter MacNeill
Titre original:Date de sortie:2 novembre 2005
Pays:États-Unis (tourné au Canada)Budget:32 000 000 $
Genre(s):Drame, ThrillerDurée:1h36
Tom Stall, un père de famille à la vie paisiblement tranquille, abat dans un réflexe de légitime défense son agresseur dans un restaurant. Il devient alors un personnage médiatique, dont l’existence est dorénavant connue du grand public…

Critique

DC Comics au cinéma, ce n’est pas seulement Green Lantern, Superman (et/ou) Batman, et j’en passe. C’est aussi A History of Violence que David Cronenberg s’est chargé d’adapter. Le pépère au nom de bière n’est pas ma tasse de thé (je n’ai vraiment pas adhéré à Crash ou Vidéodrome, considérés comme certains de ses chefs-d’œuvre) mais pour ce film, il a vraiment fait fort.

Avant même de décortiquer le contenu du film, je trouve intéressant de s’arrêter sur son titre. A History of Violence. Pas « story » mais bien « History ». Il ne s’agira donc pas d’une petite histoire (même si elle se déroule dans une petite ville) de violence mais d’un film au traitement plus ambitieux. D’une autre manière, ce titre pose la question de savoir s’il peut y avoir une autre histoire possible après celle de violence.

Le film s’ouvre sur un plan-séquence de près de 4 minutes. La scène est très lente, sans musique, et laisse le spectateur dans le doute quant à l’identité des personnages présentés. Ces hommes sont-ils dangereux ? En danger ? Aucun des deux ? La réponse apparaîtra lorsque la musique commence à partir de la rupture : la première image violente. Cette scène introduit donc les deux thèmes principaux du film : la violence et l’identité.

« Les deux thèmes principaux du film : la violence et l’identité. »

La connexion avec la scène suivante, autre lieu et autres personnages, se fera par le cri d’une petite fille. Famille idéalisée (le papa, la maman et le frère), très liée, autour de la petite tête blonde. Des personnages étonnamment « normaux » pour un film de Cronenberg. Le réalisateur adopte ici une démarche contraire à celle de ces précédents films : d’ordinaire, les personnages centraux de ses films sont marginaux et décalés (Crash, Vidéodrome, La Mouche, etc.) et il tâche de les familiariser avec le public. À l’inverse, dans A History of Violence, ce sont des personnages classiques, normaux, qu’il va entraîner dans un univers qui ne l’est pas, notamment à travers son dernier acte.
Comme je l’ai dit précédemment, la violence est un de deux thèmes du film. En plus d’être dans le titre, elle y apparaît sous diverses formes. Elle est notamment :

« La violence apparaît sous diverses formes »

  • Justifiée : la réaction du personnage principal, Tom (Viggo Mortenssen) face à ses deux agresseurs.
  • Physique : il n’y a pas d’explosions ou d’accident de voiture dans ce film. Les actes de violence sont physiques, humains. Ils laissent des dégâts très dérangeants à regarder. Ce qui contraste avec le côté exutoire que peut avoir la violence. Le spectateur est complice de la violence mais aussi du résultat (œil crevé, gorge écrasé, nez enfoncé, etc.). Si on aime la violence, il faut en accepter les conséquences. Ce que bon nombre de films évitent souvent soigneusement de faire avec des combats au corps-à-corps édulcorés ou des fusillades qui s’enchaînent. C’est également pathologique des derniers blockbusters en date (cf. les scènes de destructions à grandes échelles des récents Transformers 3, The Avengers ou Man of Steel où les pertes humaines sont de l’ordre de la statistique. Ou encore les combats à l’arme blanche vs griffes en adamantium du récent Wolverine: le combat de l’immortel qui tachent et tranchent peu.).
  • Réaliste : la violence n’est pas esthétisée, elle s’inscrit bien dans une forme de réalisme. Il n’y a pas de ralenti ou une quelconque mise en valeur visuelle. Le réalisateur s’est d’ailleurs inspiré de DVD de self-défense pour construire et filmer des combats réalistes.
  • Psychologique : lorsque la voiture de la mafia guette devant la maison des Stall le soir ou devant le café de Tom avant l’ouverture. Ou lorsque Fogarty (Ed Harris) suit la femme de Tom, Eddie (Maria Bello) lorsqu’elle fait ses courses au supermarché. Lors de sa première apparition, ce même Fogarty instaure une déstabilisante pression psychologique sur Tom pour qu’il se dévoile comme étant un certain Joey et en l’appelant constamment par ce prénom.
  • Hiérarchisée : quand le jeune caïd du lycée, Bobby, et son pote se prennent pour les durs à cuire de la ville et croisent la route de vrais truands. À ce moment-là, Bobby comprend à leurs regards à quel genre de types il a affaire et trace sa route en mettant sa fierté de côté. On retrouve également une hiérarchie dans le rapport à la violence qu’a le personnage de Jack, le fils de Tom. Au début du film, il évite sagement le recours à la violence par des pirouettes verbales. Mais il subira par la suite une contamination de la violence et ira jusqu’à commettre l’irréparable…
  • Sexuelle : lors de la scène entre Tom et Eddie dans les escaliers, presque aussi brutale qu’un viol. Elle contraste d’ailleurs fortement avec la première scène de sexe, plus légère mais également intense. À ce propos, A History of Violence est le premier film d’un studio américain à montrer un soixante-neuf. Un tabou brisé dont le réalisateur canadien est très fier.

Le film traite donc de la violence sous diverses formes mais ce n’est pas tout. L’autre thème majeur du film est clairement celui de l’identité et il est développé de manière passionnante. Difficile d’en parler sans spoiler le film.

Spoiler

Le film soulève des questions fascinantes comme par exemple savoir si est possible de se défaire entièrement de sa personnalité ou se créer un nouveau « soi ». La plupart des films de mafia se termine par la mort du personnage principal ou par une protection de témoin. A History of Violence répond aux questions « et 20 ans après ? Que se passe-t-il lorsque ce passé ressurgit et me rattrape ? Comment réagir ? Qui suis-je ? ».

Il est question de l’identité dans l’élaboration même du film, entre l’acteur et son personnage. Afin de le construire en profondeur et s’en imprégner, Viggo Mortenssen s’est improvisé chef décorateur et a acheté de nombreux objets (poster, tirelire, etc.) qui ont servi à habiller les décors du restaurant ou de la maison Stall. L’acteur livre une prestation subtile de son personnage.

Spoiler

Les expressions faciales changent légèrement, qu’il s’agisse de Tom Stall ou de Joey Cusack. Par exemple, après être rentré chez lui en panique, croyant que Fogarty allait attaquer sa famille et qu’il parle à Jack, son fils, on voit bien le visage de Tom, rassurant et gentil envers sa progéniture, qui laisse place à Joey sur le dernier plan, plus dur et ferme, lorsqu’il arme le fusil. Joey est prêt à prendre le dessus sur Tom si nécessaire pour protéger sa famille. Ce qu’il fera peu de temps après, lorsque Fogarty et ses sbires détiennent son fils. Lorsqu’il s’avance vers eux, sa démarche et l’expression sur son visage ne sont plus les mêmes. Le regard qu’il échange avec Fogarty est lourd de sens. Joey Cusack ne joue plus à être Tom Stall : il est de retour. Jack jette alors un regard à son père, se demandant qui il est vraiment et il aura la réponse quelques instants plus tard. Lorsque les masques tombent, Joey perd pied. Il ne sait plus quelle est sa place dans cette famille. Son fils réalise qu’il ne sait pas qui est son père, qu’il ne sait rien de son passé et de quoi il est capable. On sent le doute intérieur qui ronge Tom lorsque Sam, le sheriff, vient l’interroger sur ce qui se passe. On voit qu’il se demande s’il n’est pas préférable/inévitable de dévoiler sa véritable identité sachant que Sam se doute de ce qui se trame. La gifle que donnera Eddie à Tom dans la scène suivante, juste avant la fameuse scène des escaliers, fait ressortir Joey. En plus de l’habiter, la violence réveille Joey.

Quelques légères touches d’humour parsèment le film et l’allègent quelque peu sans pour autant nuire ou décrédibiliser le propos. Par exemple, dans la scène où Tom engueule son fils suite au fait qu’il ait tabassé Bobby « Dans cette famille, on ne règle pas les problèmes en cognant les gens ! » « Nan dans cette famille on les tue ! ». Ou encore lorsque Fogarty dans la galerie marchande balance d’un air amusé « N’oubliez pas vos chaussure Madame Stall… »

« La scène finale est très poignante et extrêmement chargée émotionnellement. La tristesse, l’espoir, le désespoir et d’autres sentiments s’y bousculent et passent par les non-dits et les regards. Mais tout est compréhensible, juste et fort. »

J’ai remarqué que le film disséminait des symboles chrétiens. Bon, je ne sais pas quoi en faire ou comment les interpréter mais tous ces symboles sont bien là: que ce soit la croix autour du cou de Tom, le fratricide qui renvoie à Caïn tuant son frère Abel, la purification de ce péché par l’eau qui s’en suit et enfin, la scène de repas finale qui renvoie à la cène. Cette séquence finale est d’ailleurs très poignante et extrêmement chargée émotionnellement. La tristesse, l’espoir, le désespoir et d’autres sentiments s’y bousculent et passent par les non-dits et les regards. Mais tout est compréhensible, juste et fort.

Howard Shore, qui a pratiquement toujours écrit la musique de Cronenberg (14 films durant 33 ans), compose ici un thème avec des sonorités patriotiques de grands films américains. Sa partition nous plonge également dans une ambiance de western. Un genre qui n’est pas anodin au vu de la confrontation finale. Ou bien dans le plan où Tom, armé d’un fusil, et sa femme sont sur le perron de leur propriétés face à Fogarty et ses sbires (il ne manquerait plus qu’ils soient à cheval). Mais entre temps, Howard Shore est passé par l’univers du Seigneur des Anneaux. Et cela s’en ressent. Plusieurs fois, sa musique revoie à La Comté ou au Mordor, ce qui est un peu déstabilisant.

Je vais conclure avec une anecdote. Parce que c’est sympa les anecdotes. La scène vers la fin dans laquelle le personnage de Viggo Mortenssen entre dans un bar à Philadelphia a été tournée dans le même bar du film La Mouche où Jeff Goldblum fait un bras de fer mémorable, 20 ans plus tôt. Voilà, c’était mon anecdote.

Conclusion

Un film aux thèmes passionnants et intelligemment traités, servis par un solide casting. Certainement le film le plus réussi de David Cronenberg.
+– La violence, sous toutes ses formes
– Un sujet original traité avec finesse et intelligence
– L’ensemble du casting, très juste et convaincant
– Les scènes de violence, froides et cliniques
– Les scènes de sexe, crues et fortes
– La bonne partition d’Howard Shore…
– …qui rappelle par moments la trilogie du Seigneur des Anneaux
Trophée9/10
A History of Violence Affiche

Affiche

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A propos de l'auteur : (52 articles)

Avatar de l'auteur EpicePassionné de cinéma depuis sa rencontre avec des dinosaures à Jurassic Park (lectrice ou lecteur de ce blog, l’impression de « déjà-lu » est normale). Je suis particulièrement friand des films de ces 40 dernières années. Suite à l’invitation du Maître des lieux, je vais partager au mieux mes impressions sur les bobines qui ont retenu mon attention.

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  • http://marvelll.fr/ Marvelll

    Épique la première légende! Sinon comme d’habitude, une critique passionnante à lire.

    Pour ce film, je me rappelle que j’avais beaucoup aimé quand je l’ai vu au cinéma mais je n’en ai pas retenu beaucoup de choses sinon la scène où Maria Bello se déguise en pom-pom girl. Même encore maintenant, je fantasme en pensant à cette scène. Pourtant les pom-pom girls ne sont pas mon truc mais là, Maria… bave, bave.

    • Epice

      Ahah, j’étais impatient de publier cette critique juste pour te balancer cette première photo + légende 😉

      Cette scène d’ouverture m’avait tellement marqué aussi… Dans ce film, physiquement, Marie Bello est la MILF parfaite…

      Et perso c’est un film qui m’avait énormément plu dès la première vision et dont je me délecte à chaque fois depuis… J’ai vraiment galéré à lui trouver un point négatif… Si tu le revois à l’occas’, tu me diras s’il en est de même pour toi 😉

      • Almaric

        Salut, c’est marrant j’ai vu ce film y a un moment en tombant dessus par hasard et j’étais juste trop content d’avoir zappé ce soir là.

        Je sais pas si ça vous le fait mais j’adore regarder un film sans savoir de quoi ça parle ni même le registre pour vraiment n’avoir aucune appréhension. Et souvent quand j’en attend trop (Avatar, Sherlock Holmes 2, Tron l’héritage …) je suis déçu.

        Il faut que je regarde à nouveau de History of Violence car c’est vrai que je ne me souviens pas lui avoir trouvé de réels points négatifs.
        C’est prenant, réaliste même, le héros à un caractère, une identité contrairement à tous les stéréotypes qu’on voit actuellement au cinéma, ou même simplement « Le » stéréotype du gars trop fort, invincible, au mental d’acier, stratège et j’en passe.

        • http://marvelll.fr/ Marvelll

          Avatar, j’en ai attendu beaucoup mais j’ai pas été déçu, c’est même un des rares films que je suis allé voir au cinéma deux fois.

          Sinon, ça fait des années que je n’ai plus eu la surprise de découvrir des films en zappant tout simplement à la télé… Par contre, dans ma jeunesse, j’en ai découvert un sacré paquet. Ah nostalgie…

        • Epice

          C’est clairement de plus en plus rare de découvrir un film
          vierge de toute image et c’est d’autant plus appréciable lorsque le film est bon !

          J’aimerais avoir le flashouille de Men in Black pour m’effacer de la mémoire toute les images de la bande-annonce d’un film qui a du potentiel en prenant soin de noter sur un carnet que je dois aller voir ce film

          Ce film n’a pas perdu de son impact a fil des visionnages, il est vraiment excellent, tu peux te le remater sereinement. Si jamais tu lui trouves des points négatifs après coup, n’hésite pas à venir nous en parler… !

          • http://marvelll.fr/ Marvelll

            Allez parce que je suis sympa, http://www.youtube.com/watch?v=fUvEyclQjdI

            Maintenant, va revoir History of Violence et refais-nous une critique XD.

          • Epice

            Ahah, bien vu! 😉

          • Almaric

            Bon les p’tits amis c’est partit je me prépare un thé, quelques biscuits et j’me fait une histoire de violence !
            J’vous tient au courant sur mes impressions d’ici peu :p

          • Epice

            Nickel, c’est un programme sain.
            En attente de ton retour du coup 🙂

          • Almaric

            c’est bon au fait j’sais pas si t’a vu :p

          • Epice

            Je n’avais pas vu, tu as bien fait de me relancer 😉

  • Almaric

    «Sous les sunslights des tropiques…» «Allez, prends ton café et barre-toi ducon la joie.»
    Haha ça m’a tué ! J’adore l’acteur de Fogarty ^^

    Je suis vraiment pas déçu d’avoir revu ce film, il est vraiment bien, et pour moi son meilleur atout c’est le réalisme, tout est assez crédible, et confirmé par le jeu d’acteur bon dans l’ensemble.

    J’aime bien aussi le fait que la musique est très discrète et peu présente, seulement aux moments émouvants. Je trouve que ça rend le film plus prenant, en fait contrairement à plein de films du genre, pour une fois on s’attache vraiment au personnage et on y croit. On se dit pas je regarde un film, on est dans le film, et ça c’est cool 🙂
    J’ai adoré la scène où Jack le fils de Tom défonce les deux petits cons au lycée, ça montre que la violence c’est pas cool mais en même temps que ça fait du bien parfois quand même lol.

    Les seuls tout petits bémols que j’ai pu trouver (et ouais j’suis tatillon) sont les suivants :
    La fillette qui se montre au truand au début du film dans le bar où tout le monde vient de se faire descendre. Elle est un peu débile non ? bon c’était pour montrer que les 2 loustiques étaient de beaux salauds mais bon ça aurait mérité d’être plus crédible.
    J’ai aussi noté un faux raccord dans la scène du Bar où Tom s’occupe de nos deux malfrats, en fait un moment le vieux malfrat lui plante un couteau dans le pied. A ce moment là les jambes de Tom sont tournée vers l’intérieur du bar tandis que le plan suivant (où Tom crie « aaaaargh ! ») ses jambes sont tournées vers la sortie puis enfin elles sont de nouveau tournées vers le bar.
    Et pour finir à la fin du film la petite fille de Tom oublie de lui mettre son set de table, vraiment aucune éducation … le jeunes de nos jours …

    Bon voilà en gros, GG très bon film que je ne me lasserai pas de revoir pour le montrer à des potes !
    Bonne nuit 🙂

    • Epice

      Ahah, c’est cadeau pour les légendes, j’aime bien mettre de la merde !

      Ed Harris est vraiment bon, il a une attitude glaçante dans ce film…

      Tout à fait pour la musique, notamment sur la fin dans la maison quand William Hurt part à la poursuite de Viggo. Dans beaucoup de films, cette scène aurait été accompagnée d’une musique en mode suspense, là le parti pris est clairement de ne pas faire dans le spectaculaire et c’est encore plus prenant et immersif !

      Pour la fillette, on peut imaginer que la tuerie a eu lieu il y a quelques temps (les truands ont pris le temps de retourner dans leur chambre entre temps) et qu’elle s’était cachée. Vu qu’elle entend du bruit, elle sort de sa cachette et vient voir qui c’est sans savoir que ce sont les tueurs (elle n’avait pas forcément vu leur viasage). Mais bon, elle se mange un bon pruneau.
      J’ai pas fait gaffe aux faux-raccords mais il doit en effet y en avoir quelques-uns ! Rares sont les films à ne pas en avoir !
      Pour le fille de Tom, là j’ai aucune explication, c’est juste PUTAIN D’INTOLÉRABLE !!! Le film devrait directement passer à 3/10 pour la peine.

      Va donc porter la bonne parole et faire découvrir ce bijou à celles et ceux de ton entourage qui ne le connaissent pas 🙂